Portugal

Chiffres clés

Superficie :
91 982 km²

Population :
10 336 423

Chrétiens :
Catholiques : 85 %
Protestants : 2,1 %
Autres : 4 %

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application actuelle

Ces deux dernières années, il n’y a pas eu au Portugal de rapports d’abus ou de discrimination sociétale fondés sur la croyance ou la pratique religieuse. La liberté de culte est une réalité concrète dans la société, respectée à la fois par le gouvernement central et les gouvernements locaux.

Une indication de cela est « L’Observatoire de la liberté religieuse», une initiative d’un groupe de citoyens favorablement accueillie par le Département des Sciences des religions de l’UniversitéLusófona, à Lisbonne. L’Observatoire vise à analyser les questions relatives à la liberté religieuse, « tant au niveau national qu’international ».

Le 9 mars 2016, à l’occasion de son investiture, le nouveau président de la République a déclaré publiquement son objectif de «toujours [être] un défenseur de la liberté religieuse». Auparavant, il avait fait la promotiond’une cérémonie inter-religieuse à la Mosquée centrale de Lisbonne, en présence de représentants de diverses confessions, y compris le Cardinal Patriarche de Lisbonne, Mgr Manuel Clemente.

La Constitution garantit le droit à la liberté religieuse, en veillant à ce que personne ne soit « persécuté, privé de ses droits ou dispensé de ses obligations ou devoirs civiques en raison de ses convictions ou pratiques religieuses », tandis que l’objection de conscience est garantie, en conformité avec la loi.

En matière de droit portugais, « les Églises et les autres communautés religieuses sont séparées de l’État et elles sont libres d’organiser et d’exercer leurs activités et leurs cultes. » La liberté d’«enseigner toute religion pratiquée dans le cadre de leur confession,» est garantie, tout comme le recours à leurs « propres moyens d’information publique pour la poursuite de leurs activités. »

La relation entre l’État portugais et l’Église catholique est réglementée par le Concordat du 18 mai 2004. De concert avec les autres groupes religieux, ce programme de relation est guidé par la Loi n°16/2001 du 22 juin[1], nommée la « Loi sur la liberté religieuse ». Cette loi stipuleque : « les Églises ou les communautés religieuses établies dans le pays ou au sein des fédérations auxquelles elles sont intégrées peuvent proposer la conclusion d’accords avec l’État sur les questions d’intérêt commun. »

Selon la législation, les groupes religieux minoritaires au Portugal peuvent, de concert avec l’Église catholique, célébrer des mariages religieux ayant des effets civils. L’assistance spirituelle et religieuse dans les forces armées et la sécurité dans les prisons et les hôpitaux, qui relèvent de la compétence du Service national de santé, est également prévue dans cette loi.

Aucune Église ou religion n’est financée par l’État, bien que ce dernier peut prendre en charge la construction des églises (et, dans des cas sporadiques, des églises non-catholiques) et des œuvres à caractère social. Dans certaines circonstances, les confessions religieuses peuvent recevoir certains avantages fiscaux.

En conformité avec l’article 52 de la Loi n° 16/2001, une Commission de la liberté religieuse (CLR) a été créée comme organisme consultatif indépendant du Parlement et du gouvernement, dans le but de surveiller l’application de la Loi sur la liberté religieuse. En juin 2016, l’ancien ministre de la Justice, M. Jose VeraJardim, a été nommé président de la CLR. Ce dernier est un socialiste et l’un des auteurs de la Loi sur la liberté religieuse. Il a succédé aux personnes suivantes : Fernando Soares Loja, de l’Alliance évangélique; Mario Soares, ancien Président de la République; et Joseph Menéres Pimentel, ancien médiateur.

Dans l’une des premières déclarations faitespar M. Jardim,après le communiqué de presse annonçant sa nomination publique, il a reconnu que la CLR « a rempli » jusqu’à présent « la mission de l’enregistrement des dénominations religieuses établies dans le pays, mais elle n’a pas obtenu les ressources et l’attention gouvernementales pour remplir d’autres missions, » notamment l’étude du phénomène religieux et les facteurs favorisant l’essor du dialogue interreligieux.

 

 

Incidents

Pendant la période couverte par le présent rapport, on note des incidents impliquant des lieux de culte, la quasi-totalité des cas signalés se rapportantà des vols et à des actes de vandalisme. En mai 2014, une femme âgée qui se trouvait dans l’église de Saint-Pierre, à Faro, a été menacée d’une arme à feu par un homme qui, auparavant, avait volé ses effets personnels[2].

Le cimetière appartenant à la paroisse d’Aboim da Nóbrega, à Vila Verde, a été vandalisé en septembre 2014. Des balustrades en acier inoxydable, tout comme des lampes,ont disparu de certaines tombes[3].

En janvier 2015, la mosquée centrale de Lisbonne a été vandalisée et quelqu’un a peint sur la porte d’entrée et sur une paroi latérale de la mosquée le nombre « 1143 », qui est l’année de l’indépendance du Portugal. Sheikh David Munir, imam de la mosquée, a décrit l’acte comme une « provocation ». C’était le premier incident à avoir lieu dans la mosquée centrale de Lisbonne et qui coïncidait avec l’attaque terroriste à Paris contre le journal satirique français Charlie Hebdo, plus tôt durant le mois de janvier 2015. En février 2015, le cimetière de la paroisse São Pedro do Sul, à Valadares, dans le district de Viseu, a été vandalisé. De nombreuses tombes ont subi des dégâts[4].

Très tôt, le 7 août 2015, l’église et le cimetière de St Domingos de Ana Loura, à Estremoz ont été vandalisés et pillés. Plusieurs tombeaux ont été vandalisés et on a volé des objets dans des tombes. Dans l’église, quelques fenêtres ont été brisées et plusieurs objets détruits[5].

Dans le cimetière de Bacelos, à Mosteiros, paroisse de Alcanede, environ 12 tombes ont été vandalisées et endommagées en novembre 2015. Selon les rapports, les voleurs ont principalement essayé de voler des morceaux de cuivre et de bronze, ainsi que des photos et des vases[6].L’église de Santa Joana, dans le district d’Aveiro, a été cambriolée à l’aube du 21 décembre 2015 et du matériel informatique a été volé[7].

Durant le même mois, la chapelle de Nossa Senhora da Assunção, près du village de Messejana à Aljustrel, a été la cible de cambriolage et de vol à six reprises. Des dommages à grande échelle ont été rapportés[8].L’alcôve du Sacré-Coeur de Marie, à Alameda de Santa Apolonia, dans la ville de Bragança, a été vandalisée le 30 mars 2016, et l’image a été volée et profanée[9].

Il y a eu plusieurs églises attaquées à la fin de mai 2016, en particulier à Salto, Montalegre et Serzedo. Dans l’église de Serzedo, le tabernacle a été volé, ainsi que les vases sacrés contenant les hosties pour la consécration à la messe. À Calvos, dans le sanctuaire de Lapinha, des voleurs ont dispersé les pièces de monnaie des aumônes pendant qu’ils tentaient de fuir après avoir entendu la sonnerie d’alarme. Dans l’église de St Faustino, des cambrioleurs ont brisé la boîte des aumônesainsi que le tabernacle mais rien n’a été volé. Il y a eu également des rapports de vandalisme sur les églises d’Oliveira, de Gominhães, de Polvoreira et de St Torcato[10].

Pendant le même mois, à Braga, dans l’église de Carmo, une statue de Notre-Dame de Fatima a été volée. Également à Dume, dans la ville de Braga, l’église locale a été cambriolée et de l’argent a été prélevé du coffre-fort[11].

L’alcôve de « Mãe Três Vezes Admirável », à proximité de l’église paroissiale de Novo Oeiras, a été vandalisée et incendiée le 30 mai 2016[12].

Dans la nuit du 7 juin 2016, l’église de Moita Redonda, dans la paroisse de Fátima, a été la cible d’un acte de vandalisme. Les assaillants ont profané le tabernacle, « brisé la serrure, enlevé le ciboire avec les hosties qui ont été dispersées sur le sol. » De plus, les voleurs ont également fait irruption dans la sacristie et ils ont éparpillé sur le sol les vêtements liturgiques, les calices, les ciboires et les livres liturgiques[13].

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Au cours de la période examinée par ce rapport, il n’y a pas eu de cas importants de discrimination ou d’abus de la liberté religieuse imputables au gouvernement ou à d’autres entités. Par ailleurs, il n’y a pas de tensions sociales, politiques ou économiques susceptibles de modifier cette situation. Quant à ce qui pourrait se produire dans unproche avenir, on retient l’importante déclaration du 9 mars 2016 de Marcelo Rebelo de Sousa, le nouveau Président de la République, qui a réaffirmé que tant qu’il serait au pouvoir, il «garantirait la liberté religieuse». Il a souligné que le Portugal s’est engagé à respecter cette promesse,tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le président a également souligné que, dans la Constitution portugaise, « la liberté religieuse est inscrite, ce qui présuppose que la liberté de ne pas croire, mais que, pour les croyants, cette liberté va au-delà de la simple liberté de culte» et «implique le respect de chaque confession dans sa vision du monde et de la vie, exprimée dans la sphère privée ainsi que dans l’espace public. »


[1] http://host.uniroma3.it/progetti/cedir/cedir/Lex-doc/Pt_l_16-01in.pdf

[2]http://algarveprimeiro.com/d/faro-idosa-assaltada-em-plena-igreja/4089-1

[3]http://www.correiodominho.com/noticias.php?id=80798

[4]http://www.jn.pt/local/noticias/viseu/sao-pedro-do-sul/interior/cemiterio-vandalizado-em-viseu-4387924.html#ixzz4CW5t7wdO

[5]http://jornale.pt/s-domingos-ana-loura-estremoz-igreja-e-cemiterio-vandalizados/

[6] http://portalalcanede.com/noticias/item/1952-emiterio-dos-bacelos-em-mosteiros

[7] http://www.diarioaveiro.pt/noticia/304

[8] http://www.ipressjournal.pt/assaltada-ermida-historica-na-messejana-pela-sexta-vez/

[9] http://www.mdb.pt/noticia/imagem-do-sagrado-coracao-de-maria-roubada-e-profanada-5092

[10]http://www.cmjornal.xl.pt/nacional/portugal/detalhe/igreja_assaltada_em_braga_depois_da_missa.html; http://www.cmjornal.xl.pt/nacional/portugal/detalhe/assaltantes_deixam_populacao_sem_missa.html; http://www.guimaraesdigital.com/noticias/64244/varias-igrejas-paroquiais-assaltadas-em-guimaraes

[11]http://www.cmjornal.xl.pt/nacional/portugal/detalhe/igreja_assaltada_em_braga_depois_da_missa.html

[12]http://www.lisboa.schoenstatt.pt/noticias/category/2016

[13] http://www.leiria-fatima.pt/index.php?option=com_content&view=article&id=10354:fatima-igreja-da-moita-redonda-foi-vandalizada

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