Colombie

Chiffres clés


Fondé sur des estimations fournies par les leaders religieux de chaque confession
http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_55_2.asp, (consulté le 28 mars 2016)
http://www.bbc.com/news/world-latin-america-19390026, (consulté le 4 mai 2016)

Superficie :
1 140 000 km²

Population :
47 500 000

Chrétiens ;
Catholiques : 80-90 %


Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La Constitution actuelle de le Colombie, promulguée en 1991, stipule que les autorités doivent protéger la vie, la dignité et les croyances de chaque personne vivant en Colombie (article 2). Elle reconnaît également l’égalité devant la loi et interdit la discrimination fondée sur la religion (article 13).

La liberté de conscience et la liberté de religion sont explicitement garanties. Nul ne peut être persécuté pour ses convictions ou croyances ni être forcé de manifester contre elles. La liberté de professer librement sa religion, individuellement ou collectivement est reconnue, et toutes les Églises et les religions sont égales devant la loi (articles 18 et 19).

Les conséquences civiles du mariage religieux sont reconnues, dans les limites fixées par la loi, et elles demeurent valables même en cas d’annulation religieuse en conformité avec les corollaires civils énoncés dans la loi (article 42). Les droits des parents ont préséance dans l’éducation des enfants. Personne ne peut être contraint de recevoir une éducation religieuse dans les écoles publiques (article 68)[1]. Nonobstant le Concordat signé avec le Saint-Siège en 1973, certains de ses articles ne sont pas applicables en raison des dispositions constitutionnelles relatives à la liberté religieuse.

Les groupes religieux autres que l’Église catholique doivent demander la reconnaissance du Ministère de l’Intérieur, qui considère le degré d’acceptation du groupe dans la société et d’autres facteurs tels que leurs statuts et codes de conduite. Un registre public des entités religieuses est tenu.

La Loi anti-discrimination et le Code pénal imposent des peines d’emprisonnement et des amendes en cas de discrimination, entre autres, fondée sur la religion. La Cour constitutionnelle colombienne a reconnu l’objection de conscience au service militaire pour des motifs religieux, et elle a ordonné au gouvernement de fournir d’autres services. Les écoles privées, religieusement orientées, sont autorisées à condition qu’elles répondent aux normes fixées par le ministère de l’Éducation.

La Cour constitutionnelle a jugé que les écoles, publiques et privées, doivent offrir des solutions alternatives pour ceux qui sont incapables de remplir leurs obligations éducatives pour des motifs religieux. La décision découle du cas d’un étudiant adventiste qui ne pouvait pas assister à des cours le samedi.

Diverses organisations non gouvernementales et des groupes religieux ont rapporté des attaques et des extorsions par des groupes de guérilla – comme les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l’Armée de libération nationale (ALN), Los Rastrojos, et le Clan Úsuga – contre les dirigeants religieux qui défendent les droits des personnes déplacées, les communautés rurales et d’autres groupes vulnérables. Simultanément, les chefs religieux – qui font constamment la médiation et la promotion du dialogue entre le gouvernement et les groupes de guérilla – reconnaissent que des attaques sont non seulement menées contre des groupes religieux, mais également contre les personnes qui voyagent pour assister à des services religieux et que le calendrier des réunions des groupes religieux est restreint. Parfois, les actes de culte et d’autres activités sont interdits par des groupes armés[2].

 

Incidents

En décembre 2014, la Cour constitutionnelle a reconnu « le droit de mourir avec dignité » et elle a ordonné au Ministère de la Santé d’établir un protocole médical qui comprend des procédures visant à garantir ce droit. La Cour a appelé le Congrès à réglementer, par la loi, le droit de mourir avec dignité[3].

En mars 2015, la chaîne de télévision Caracol TV a diffusé un reportage intitulé Secretos bajo la sotana (Secrets sous la soutane) qui présentait des cas historiques de maltraitance d’enfants en Colombie et au Vatican, et des prêtres fréquentant des boîtes de nuit. Ce reportage a été fortement critiqué en raison de ses généralisations, des inexactitudes et de ses attaques contre la prêtrise et le célibat[4].

En avril 2015, le Ministère de la Santé a publié le protocole régissant la procédure médicale pour garantir « le droit de mourir avec dignité », conformément à la décision de la Cour constitutionnelle[5].

En juin 2015, le commandement de recrutement de l’Armée nationale de Colombie a publié de nouvelles lignes directrices relatives à l’objection de conscience au service militaire pour des motifs religieux[6]. En juillet 2015, les dirigeants œcuméniques du monde entier ont appelé le gouvernement colombien et les dirigeants des FARC à mettre fin aux hostilités qui affligent le pays[7].

En juillet 2015, la Cour constitutionnelle a critiqué l’ambassade du Royaume-Uni pour son traitement injuste de Darwin Ayrton Moreno Hurtado, qui a été licencié en raison de ses pratiques religieuses enracinées dans la culture Chocó à laquelle il appartenait[8]. En juillet 2015, le Congrès a entamé un processus de validation pour la rédaction minutieuse d’un projet de loi réglementant le droit à l’objection de conscience[9].

En août 2015, les différends frontaliers entre le Venezuela et la Colombie ont abouti à l’expulsion de nombreux Colombiens du Venezuela. L’Église catholique a joué un rôle actif dans l’accueil des personnes déplacées. Mgr Ochoa Cadavid de Cúcuta a appelé à des discussions entre les deux gouvernements[10].

En novembre 2015, l’ALN a publié un communiqué de presse adressé à la Conférence des évêques catholiques de Colombie, pour demander sa médiation dans les pourparlers de paix avec le gouvernement. La Conférence des évêques a accepté.[11]. En novembre 2015, la Troisième section du Conseil d’État a ordonné à l’État colombien de verser une indemnité à une paroisse, dont l’église a été attaquée en 2000 par la guérilla des FARC dans la ville de Huíla[12]. En février 2016, Luis Augusto Castro Quiroga, le président de la Conférence des évêques, a appelé l’ALN à accepter un cessez-le-feu unilatéral et à entrer dans une phase publique des pourparlers de paix avec le gouvernement colombien[13].

L’Église catholique exerce une grande influence sociale en Colombie et elle est reconnue comme un médiateur par les différents acteurs dans les conflits sociaux en cours en Colombie. Le 23 juin 2016, dans la capitale cubaine de La Havane, le président de Colombie et le chef des rebelles des FARC ont signé un accord de cessez-le-feu historique qui a exigé trois ans de négociation.

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Pendant de nombreuses années, la Colombie a été assaillie par des groupes de guérilla tels que l’ALN et les FARC. En 2015, l’appel du Pape François pour la paix a conduit certains dirigeants de ces organisations à demander la médiation de l’Église catholique dans les pourparlers de paix avec le gouvernement. La loi colombienne et les actions de la justice colombienne incluent et protègent l’exercice de la liberté religieuse et la liberté de conscience de l’ensemble de la population, qui est protégé dans la mesure où l’État de droit fonctionne efficacement. Cependant, dans les régions essentiellement rurales, où la guérilla exerce une plus grande influence, la liberté de religion est mal protégée.Les tribunaux ont également joué un rôle actif dans les questions relatives à la famille, le rôle parental, et l’adoption d’enfant par des couples homosexuels, la mort naturelle, l’objection de conscience et la liberté de religion, obligeant ainsi l’État à agir et à cautionner les pratiques qui ne sont pas acceptées par tout le monde en raison de leurs croyances religieuses. Les perspectives pour la liberté religieuse en Colombie se sont améliorées au cours de la période précédente (2012-2014), tandis que la violence, comme l’assassinat des prêtres, a diminué, et les attitudes envers l’Église en tant que médiatrice et facilitatrice des pourparlers de paix se sont améliorées.

 


[1] http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_55_6.asp (consulté le 28 mars 2016).

[2] http://www.state.gov/documents/organization/238744.pdf (consulté le 28 mars 2016).

[3] http://www.corteconstitucional.gov.co/relatoria/2014/t-970-14.htm (consulté le 28 mars 2016).

[4]https://www.aciprensa.com/noticias/colombia-caracol-tv-arremetio-de-nuevo-contra-la-iglesia-y-el-sacerdocio-pese-a-masiva-protesta-19154/ (consulté le 28 mars 2016).

[5]https://www.minsalud.gov.co/Normatividad_Nuevo/Resoluci%C3%B3n%201216%20de%202015.pdf (consulté le 28 mars 2016).

[6] http://www.reclutamiento.mil.co/index.php?idcategoria=384213# (consulté le 28 mars 2016).

[7]http://alc-noticias.net/es/2015/07/13/lideres-ecumenicos-de-todo-el-mundo-piden-cese-bilateral-de-la-confrontacion-armada/ (consulté le 28 mars 2016).

[8] http://www.corteconstitucional.gov.co/relatoria/2015/t-462-15.htm (consulté le 28 mars 2016).

[9] http://190.26.211.102/proyectos/index.php/textos-radicados-senado/pl-2015-2016/449 (consulté le 28 mars 2016).

[10] http://www.aica.org/19410-un-obispo-interviene-en-el-caso-de-los-colombianos-deportados.html (consulté le 28 mars 2016).

[11]http://www.eln-voces.com/index.php/voces-del-eln/comunicadosentrevistas/comunicados/443-saludo-a-la-conferencia-episcopal (consulté le 28 mars 2016).

http://temp.cec.org.co/destacados/5232-iglesia-estaria-dispuesta-a-mediar-entre-el-gobierno-y-el-eln (consulté le 28 mars 2016).

[12]http://www.lanacion.com.co/index.php/actualidad-lanacion/item/261708-estado-debera-indemnizar-a-iglesia-del-municipio-de-colombia-por-ataques-de-las-farc (consulté le 28 mars 2016).

[13]http://www.eltiempo.com/estilo-de-vida/gente/iglesia-hace-llamado-al-eln-para-cese-unilateral-del-fuego/16511226 (consulté le 28 mars 2016).

 

Rechercher un pays

Dernières actualités

  • Colombie : Le voyage du pape survient à un moment décisif
    Selon l’archevêque Mgr Ettore Balestrero, nonce apostolique en Colombie, la paix, la réconciliation et la justice sociale constitueront des thèmes importants lors de la visite du Saint-Père en Colombie du 6 au 10 septembre. « Il s’ouvre à présent un nouveau chapitre dans l’histoire de la Colombie. Tout est possible. Les ... Lire la suite
    Publié le 31/08/2017
  • Haïti : l’aide humanitaire, une drogue dure
    Sept ans après le séisme du 12 janvier 2010 et ses 300 000 morts, quel bilan pour Haïti ? L’aide humanitaire a afflué mais le pays peine à se redresser À Port-au-Prince, la circulation est difficile et les rues, jonchées d’immondices. A la fin des marchés, on allume des feux, ... Lire la suite
    Publié le 11/05/2017
  • Monde: 28 opérateurs pastoraux catholiques tués en 2016
    2016 a été une nouvelle année tragique pour les “opérateurs pastoraux catholiques”, c’est-à-dire les prêtres, diacres, religieux et religieuses et laïcs en mission ecclésiale, notamment les catéchistes. Les informations récoltées par l’agence Fides, font état de 28 personnes tuées : 14 prêtres, neuf religieuses, un séminariste et quatre laïcs. La répartition ... Lire la suite
    Publié le 05/01/2017
  • Monde: 28 opérateurs pastoraux catholiques tués en 2016
    2016 a été une nouvelle année tragique pour les “opérateurs pastoraux catholiques”, c’est-à-dire les prêtres, diacres, religieux et religieuses et laïcs en mission ecclésiale, notamment les catéchistes. Les informations récoltées par l’agence Fides, font état de 28 personnes tuées : 14 prêtres, neuf religieuses, un séminariste et quatre laïcs. La répartition ... Lire la suite
    Publié le 05/01/2017
  • Colombie: accord de paix historique
    « La guerre est terminée. » Ce sont les mots de Humberto de la Calle, le chef négociateur du gouvernement colombien, parlant de la guerre entre l’État et les FARC, qui aura duré 54 ans. Hier, 25 août à La Havane, un accord de paix a enfin été signé, quatre ... Lire la suite
    Publié le 26/08/2016
1 2 3 5