Géorgie

Chiffres clés


Religions : recensement de 2002

Superficie :
69 700 km²

Population :
3 729 500


Chrétiens :
Orthodoxes géorgiens : 84 %,
Église apostolique arménienne : 4 %
Catholiques : 0,8%



Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La liberté religieuse et la séparation de l’Église et de l’État sont énoncées dans la Constitution. Cependant, les lois et les politiques favorisent l’Église orthodoxe géorgienne, qui bénéficie de privilèges qui ne sont pas accordés à d’autres groupes religieux. Un concordat avec le gouvernement octroie un statut unique à l’Église orthodoxe géorgienne. Cela inclut l’immunité juridique du patriarche orthodoxe géorgien, le droit exclusif de choisir le personnel de l’aumônerie militaire, l’exemption du clergé orthodoxe géorgien du service militaire, et un rôle consultatif au sein du gouvernement, en particulier en matière d’éducation. L’Église orthodoxe géorgienne a le droit exclusif d’acheter des biens de l’État et de privatiser des terres agricoles appartenant à l’État sans payer d’impôt. Selon la loi, les écoles publiques ne peuvent pas être utilisées à des fins d’endoctrinement religieux, de prosélytisme ou d’assimilation forcée. Toutefois, on signale des cas de conversion religieuse forcée, et au moins un incident violent entre la police et des manifestants religieux.

Des restrictions ont été imposées aux activités religieuses de l’Église orthodoxe géorgienne et des Témoins de Jéhovah dans les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, qui ne sont plus sous le contrôle du gouvernement central. Il est difficile d’obtenir des données fiables sur ces régions.

Les membres de groupes d’implantation relativement récente, y compris les baptistes, les pentecôtistes et les Témoins de Jéhovah, ont été victimes de harcèlement et d’intimidation par la police et des extrémistes orthodoxes géorgiens. À cause de changements politiques en Égypte à partir de 2011, des immigrants chrétiens coptes sont arrivés en Géorgie. Les dirigeants coptes se sont plaints d’incidents dans lesquels les autorités orthodoxes locales auraient interdit le culte des chrétiens coptes dans les églises orthodoxes.[1]

En février 2016, la Géorgie a abandonné un projet de loi contre le blasphème, fortement contesté par les défenseurs de la liberté d’expression et les membres des minorités religieuses. La proposition était assortie de lourdes amendes pour toute insulte contre l’Église orthodoxe géorgienne, tandis que son texte était très vague sur ce qui constituait une infraction. Pour sa part, l’Église orthodoxe géorgienne a tenu une position contradictoire sur la question et a fini par prendre ses distances du projet même. À titre individuel, certains prêtres orthodoxes ont jugé le projet comme trop radical et offensant à l’égard des minorités.[2]

 

Incidents

Dans un rapport, le Tolerance and Diversity Institute (Institut pour la tolérance et la diversité) signale que le clergé de l’Église orthodoxe géorgienne a contribué à des attitudes d’hostilité sociale envers les communautés religieuses minoritaires. Les Témoins de Jéhovah ont signalé une augmentation du nombre d’agressions physiques et de harcèlement.

Le 10 septembre 2014, les opposants à la présence d’une nouvelle madrassa avec pensionnat pour enfants à Kobuleti ont cloué la tête d’un cochon sur la porte de l’école. En octobre 2014, un litige sur un immeuble utilisé pendant longtemps comme mosquée a provoqué une manifestation ainsi qu’une altercation entre les manifestants et la police à Mokhe, dans la municipalité de Adiguéni, Samtskhé-Djavakhétie. Les autorités locales avaient prévu de transformer l’édifice, revendiqué par les communautés musulmane et chrétienne du village, en centre communautaire et en bibliothèque.[3]

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Même si la discrimination sociale contre les nouvelles minorités religieuses et les musulmans persiste, le gouvernement a pris des mesures pour améliorer la situation. En mai 2014, il a adopté une stratégie nationale pour la protection des droits de l’homme pour la période 2014-2020 qui donne la priorité à la liberté religieuse et à la protection des minorités religieuses. Ses objectifs incluent des garanties législatives contre la discrimination des groupes religieux, la prévention et des poursuites efficaces contre les crimes motivés par la haine religieuse et l’intolérance, le renforcement du principe de laïcité dans la fonction publique, l’indemnisation pour les dommages causés aux organisations religieuses, la promotion de l’égalité religieuse à l’école, ainsi que la sensibilisation du public et l’amélioration des niveaux de tolérance.

 


[1] https://freedomhouse.org/report/freedom-world/2015/georgia

[2] http://www.eurasianet.org/node/77341

[3] http://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm?year=2014&dlid=238382#wrapper

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