Guatemala

Chiffres clés


http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_98_2.asp, (consulté le 28 mars 2016)
http://www.ine.gob.gt/sistema/uploads/2016/01/13/FijigScCmvJuAdaPIozybqKmr01Xtkjy.pdf, (consulté le 28 mars 2016)
http://www.bbc.com/news/world-latin-america-19635877, (consulté le 4 mai 2016)

Superficie :
108 890 km²

Population :
15 000 000

Chrétiens :
Catholiques : 65 %
Protestants : 30,5 %
Autres : 1,5 %

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Le préambule de la Constitution stipule qu’elle est adoptée, sanctionnée et promulguée au nom de Dieu.

Selon l’article 19, la Constitution accorde aux prisonniers le droit de communiquer avec les aumôniers de leur religion.

Conformément à l’article 33, consacré à la réglementation du droit de rassemblement et de réunion, la Constitution stipule que les manifestations religieuses à l’extérieur des temples sont autorisées et réglementées par la loi.

La liberté de religion est inclue dans la Constitution. Le libre exercice de toutes les religions est autorisé. Le droit au culte public et privé est reconnu. L’éducation religieuse est autorisée sans restriction, excepté celles requises par l’ordre public et le respect de la dignité de la hiérarchie et de la foi des autres croyances (article 36).

Il n’y a pas d’interférence gouvernementale dans le cursus de l’éducation religieuse. Le ministère de l’Éducation travaille avec divers groupes religieux pour intégrer dans le cursus scolaire les grandes notions de citoyenneté qui n’appartiennent pas nécessairement à une croyance particulière.

L’État reconnaît le statut juridique de l’Église catholique et il accorde une reconnaissance juridique à d’autres entités religieuses, laquelle reconnaissance ne peut être refusée que pour des raisons d’ordre public. L’État reconnaît les propriétés appartenant à l’Église catholique, qu’elle utilise pacifiquement pour ses propres fins, et les biens qui lui appartenaient dans le passé et qui ne peuvent être enregistrés au nom d’une tierce partie. Les actifs que les entités religieuses consacrent au culte, à l’éducation ou à l’aide sociale sont exonérés d’impôt (article 37).

Les ministres des entités religieuses reconnues par les autorités administratives peuvent célébrer des mariages qui sont civilement valides (article 49).

L’éducation religieuse est facultative dans les écoles publiques, bien que dans la pratique, elle n’est pas offerte. Conformément à l’article 73, l’État doit contribuer au maintien de l’enseignement religieux sans discrimination.

Les ministres du culte ne peuvent pas être président, vice-président, ministres d’État, magistrats ou juges (articles 186, 197 et 207) [1]. Le Code pénal punit les violations de la liberté religieuse et la profanation des lieux de culte. La loi permet aux groupes mayas d’effectuer des cérémonies religieuses dans les lieux qui sont historiquement reliés à leur culture, mais qui sont maintenant la propriété du gouvernement. Cependant, les chefs religieux mayas se sont plaints de restrictions d’accès à des sites archéologiques, à cause du paiement de frais d’admission. Des dirigeants protestants ont également affirmé que les autorités locales exigent parfois le paiement des impôts sur les propriétés dont ils sont propriétaires, malgré le statut d’exonération fiscale dont ils jouissent en vertu de la loi.

 

Incidents

En janvier 2015, Marvin Osorio, un membre du Congrès, a présenté un projet de loi qui rendrait obligatoire la lecture de la Bible dans toutes les écoles publiques et privées[2]. En juillet de la même année, Carlos Mendoza, un consultant et un membre de l’Association guatémaltèque des séculiers humanistes, a été hué par les croyants qui ont appuyé le projet de loi pour l’enseignement obligatoire de la Bible dans les écoles[3]. Durant le même mois, l’Association a également publié une déclaration au sujet du projet de loi, dans laquelle elle a réitéré son respect de la liberté religieuse[4]. En juin 2015, la Conférence des évêques catholiques du Guatemala a publié une déclaration dans laquelle elle a appelé à mettre fin à la corruption généralisée du pays, et a exhorté les électeurs à voter en accord avec leur conscience pour les élections en septembre 2015[5]. En août 2015, les membres de différentes confessions – y compris les catholiques, les évangéliques, les bouddhistes et les protestants – se sont unis dans une protestation et ils ont défilé pour s’opposer contre la corruption politique dans le pays[6]. En novembre 2015, un homme vêtu d’une soutane et qui prétendait être un prêtre dominicain, aurait fait la promotion de l’avortement et de la laïcité au Guatemala[7].

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Dans une perspective constitutionnelle, l’Église catholique jouit d’une position privilégiée. Cependant, simultanément, certains secteurs laïcs de la société profèrent des menaces contre la liberté d’enseigner la religion.

En général, une réduction des actes de violence suppose qu’il y a une amélioration de la liberté religieuse. Toutefois, la différence marquée entre le statut constitutionnel de l’Église catholique, par rapport à l’obligation des autres groupes religieux à s’enregistrer, est un défi pour le Guatemala dans les années à venir. Des mesures sont nécessaires pour accorder l’égalité juridique et réelle à tous les groupes religieux. En même temps, la protection des communautés autochtones du pays, et la reconnaissance et l’appréciation de leurs pratiques religieuses sont inférieures aux normes requises pour protéger de façon adéquate leur liberté religieuse.

Le Guatemala a connu une période de turbulences. Divers rapports ont dénoncé la corruption généralisée parmi les dirigeants politiques guatémaltèques. Dans ce contexte, certains ont promu l’idée des études bibliques obligatoires comme un remède. Une telle idée a généré un climat de violence entre les groupes ayant différents points de vue. Un objectif crucial pour le Guatemala dans les années à venir sera de renforcer les autorités et les institutions politiques, de manière à séparer l’exercice de la liberté religieuse et le culte de la gouvernance et de l’administration de l’État.

 


[1] http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_98_6.asp (consulté le 28 mars 2016).

[2] http://www.soy502.com/articulo/diputado-propone-ley-lectura-obligatoria-biblia-escuelas (consulté le 28 mars 2016).

[3] http://lahora.gt/congreso-religiosos-abuchean-a-consultor-que-defendia-educacion-laica/ (consulté le 28 mars 2016).

 [4]http://www.humanistasguatemala.org/comunicado-sobre-la-propuesta-de-ensenanza-biblica-obligatoria/ (consulté le 28 mars 2016).

[5] http://www.iglesiacatolica.org.gt/20150603.pdf (consulté le 28 mars 2016).

[6] http://lahora.gt/religiosos-unen-esfuerzos-contra-la-corrupcion/ (consulté le 28 mars 2016).

[7] https://www.aciprensa.com/noticias/falso-sacerdote-catolico-promueve-aborto-y-laicismo-en-guatemala-63393/ (consulté le 28 mars 2016).

 

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