Inde

Chiffres clés


Recensement de l’Inde en date de 2011 ; population par communauté religieuse

Superficie :
3 100 000 km²

Population :
1,25 milliard

Chrétiens :
Catholiques : 1,4 %,
Protestants/orthodoxes : 0,9 %

Autres comprenant les parsis, les zoroastriens, les juifs, etc.

Contexte

Le 8 juin 2016, le Premier ministre indien Narendra Modi a entrepris sa quatrième visite aux États-Unis depuis son arrivée au pouvoir en mai 2014. Prenant la parole lors d’une session conjointe spéciale du Congrès, le leader indien a loué les vertus de « la plus grande démocratie » au monde devant les représentants élus de « la plus ancienne démocratie », termes qu’il a employés pour décrire les systèmes politiques des deux pays. M. Modi a particulièrement insisté sur le fait que la liberté de religion a été incluse dans la Constitution de l’Union indienne et que son pays était « une nation moderne protégeant la liberté, la démocratie et l’égalité comme l’essence de son âme. [1]»

« Pour mon gouvernement, la Constitution est son véritable livre saint. Et, dans ce livre saint, la liberté de foi, d’expression et l’égalité de tous les citoyens, indépendamment de leur origine, sont consacrés comme des droits fondamentaux », a déclaré le Premier ministre, ajoutant : « tous les citoyens ont un détachement vis-à-vis de la peur, une liberté qu’ils exercent à tous moments de leur vie. [2]»

Narendra Modi, qui parlait devant le Congrès américain en 2016, contrastait remarquablement avec Narendra Modi de 2005, alors ministre en chef du Gujarat. Cette année-là une loi américaine a rendu inéligible pour un visa « tout fonctionnaire du gouvernement responsable de cas graves de violation de la liberté religieuse. À l’époque, un rapport de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRCF) a déclaré que M. Modi avait joué un rôle dans les pogroms où les musulmans ont été attaqués sans aucune opposition réelle des autorités de l’État du Gujarat.

Pourtant, malgré le rapprochement indo-américain spectaculaire, les relations ne sont pas aussi harmonieuses. En mars 2016, l’Inde a refusé d’accorder un visa aux membres d’une délégation de l’USCIRF parce que leur rapport 2015 déclarait que la violence religieuse était à la hausse en Inde au cours des trois années précédentes[3]. Le refus de ce visa n’a pas empêché la Commission d’écrire dans son rapport 2016, publié en mai de cette année, que l’Inde était sur une « trajectoire négative » en matière de liberté religieuse[4]. « Les communautés minoritaires, en particulier les chrétiens, les musulmans et les sikhs ont vécu de nombreux incidents d’intimidation, de harcèlement et de violence, en grande partie perpétrés par des groupes nationalistes hindous, » a-t-on déclaré dans le rapport[5].

 

Les hindous en dessous de 80 % de la population

L’Inde n’a pas de religion d’État officielle. La loi exige que les institutions publiques traitent toutes les religions sur le même pied d’égalité. Toutefois, la publication, le 25 août 2015, des données du recensement[6] 2010-2011 sur la religion a suscité un vif débat[7].

Dans l’ensemble, les données ont démontré une baisse proportionnelle pour les hindous, une augmentation pour les musulmans et aucun changement pour les chrétiens[8]. Pour la première fois depuis l’indépendance en 1947, le nombre des hindous a chuté en dessous de 80 % pour atteindre 79,8 %. Cette baisse représente 966 millions d’hindous sur une population totale de 1,25 milliard, en hausse de 16,76 % par rapport à la population recensée en 2000-2001. Durant la même décennie, la croissance globale de l’ensemble de la population était de 17,7 %. Loin derrière, les musulmans occupent une deuxième place avec 14,2 % de la population indienne ou 172,2 millions, en hausse de 24,5 %. Plus loin derrière, en troisième place, on dénombre officiellement 27,8 millions de chrétiens. En l’espace de dix ans, leur nombre a augmenté de 15,5 %, légèrement inférieur à la moyenne nationale, ce qui explique pourquoi les chrétiens représentent toujours 2,3 % de la population de l’Inde. D’autres minorités religieuses comprennent 20,8 millions de sikhs, 8,4 millions de bouddhistes et 4,5 millions de jaïns. Enfin, 10,1 millions appartiennent à d’autres religions, comme les parsis (zoroastriens), les juifs, les bahaïs, etc.

Le fait que le nombre des hindous ait chuté sous la barre des 80 % a suscité beaucoup de discussions et de commentaires. Des mouvements nationalistes hindous de la droite considèrent cette baisse comme une justification pour leur lutte en faveur d’une Inde centrée sur l’hindouisme. A l’inverse, les représentants des minorités religieuses condamnent fermement les attaques répétées contre eux. Géographiquement, les communautés religieuses de l’Inde ne sont pas réparties uniformément à travers le pays. Près de la moitié (46 %) de tous les chrétiens indiens sont concentrés dans cinq États du Sud : le Kerala, Tamil Nadu, Karnataka, Andhra Pradesh et Telangana. L’autre forte concentration géographique des chrétiens est dans le nord-est du pays. 28,1 % des chrétiens indiens vivent dans les sept États du pays : Assam, Meghalaya, Arunachal Pradesh, Nagaland, Manipur, Mizoram et Tripura. La dernière grande concentration (1,3 %) de chrétiens est à Goa, un petit état sur la côte sud-ouest de l’Inde.Une conséquence de cette distribution inégale est que le Kerala abrite à lui seul presque autant de chrétiens (22,07%) que les deux tiers nord du pays (25%). Après le Kerala vient l’État voisin du Tamil Nadu avec 15,88% des chrétiens.En fait, au cours de la phase de démarrage jusqu’au recensement de 2011, les dirigeants des églises chrétiennes ont noté que la population chrétienne a été sous-estimée dans les statistiques officielles. Ils ont expliqué que ce nombre inférieur est en grande partie dû au fait que de nombreux dalits chrétiens (anciennement connu sous le nom d’intouchables) se sentent obligés de s’inscrire comme hindous, soit pour échapper à des représailles dans les régions où ils sont persécutés, ou éviter de perdre les avantages liés aux mesures d’action positive en faveur des castes et tribus répertoriées (chrétiens et musulmans sont exclus, apparemment parce que ce statut n’est pas reconnu dans leur religion). Pourtant, les dalits représentent plus de 60 % de la communauté chrétienne de l’Inde.Ainsi, la sous-déclaration explique pourquoi le chiffre de 27,8 millions de chrétiens dans le recensement de 2011 est loin de ce que rapportent les dirigeants chrétiens. L’Église catholique revendique 17 millions de membres baptisés (12 millions de latino-catholiques, 4,5 millions de syro-malabar catholiques et 0,5 million de syro-malankar catholiques), tandis que le Conseil national des Églises de l’Inde, une association de 29 Églises protestantes et orthodoxes, en revendique 13 millions.  Pendant la décennie précédente, en particulier dans les États gouvernés par le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du Peuple indien) du Premier ministre Modi – le Madhya Pradesh, par exemple -, les missionnaires chrétiens ont été accusés de convertir les groupes autochtones et des dalits. Cela a conduit à l’adoption de lois anti-conversion. « Je veux demander à tous ceux qui nous ont accusés de convertir les personnes crédules au christianisme : où sont ceux que nous avons convertis ? », a déclaré Mgr Leo Cornelio de Bhopal[9]. Selon le prélat catholique, ces accusations sont destinées à créer des divisions entre les différentes communautés religieuses. Les chrétiens et les musulmans sont perçus et décrits comme une menace pour les intérêts politiques hindous. « Ils ne vont même pas hésiter à désavouer le recensement et ils continuent de semer la discorde communautaire, » explique l’évêque. Pour Navaid Hamid, secrétaire du Conseil de l’Asie du Sud pour les minorités (CASM), « les musulmans en Inde ne peuvent pas dépasser en nombre la communauté hindoue, à moins qu’environ 30 à 40 % des hindous se convertissent à l’islam, ce qui est inimaginable.[10] »

 

Les dispositions constitutionnelles et législatives : vers une loi anti-conversion adoptée par l’Union indienne ?

Comme l’a déclaré Modi au Congrès des États-Unis, la Constitution de l’Union indienne garantit la liberté religieuse. L’article 25, paragraphe 1 de la Constitution stipule que « toutes les personnes ont, en égalité, le droit à la liberté de conscience et le droit de professer, de pratiquer et de propager librement la religion. » Selon l’article 27, « nul ne peut être contraint de payer les taxes […] pour la promotion ou le maintien d’une religion particulière ou une confession religieuse. » L’article 28 prévoit qu’« aucune instruction religieuse ne doit être fournie dans un établissement d’enseignement entièrement entretenu par des fonds de l’État », et conformément à l’article 26 de la Constitution, qui concerne les droits des groupes, « chaque confession religieuse ou toute partie de celle-ci aura le droit d’établir et de maintenir des institutions à des fins religieuses et caritatives », ainsi que « de posséder, d’acquérir et d’administrer des biens. » L’article 29 stipule que toute collectivité ou groupe de citoyens a le droit de conserver ses coutumes et langues distinctes. En conformité avec l’article 30, « toutes les minorités, qu’elles soient fondées sur la religion ou la langue, ont le droit d’établir et d’administrer des établissements d’enseignement de leur choix.[11]» Dans le cadre constitutionnel de l’Union indienne, le gouvernement central peut imposer certaines limitations, notamment en ce qui concerne les relations, que les communautés religieuses peuvent avoir avec des pays étrangers. Par conséquent, depuis de nombreuses années, les autorités indiennes ont pratiquement cessé d’accorder des visas aux missionnaires[12]. Ceux qui sont déjà dans le pays depuis une longue période peuvent renouveler leur permis de séjour et d’activité missionnaire chaque année, mais c’est uniquement dans des circonstances exceptionnelles que les autorités indiennes accordent des visas aux nouveaux missionnaires. De même, la Loi sur le règlement des contributions étrangères est destinée à contrôler le financement étranger pour les ONG. Les  organisations chrétiennes ou musulmanes[13] sont régulièrement pénalisées.

D’un point de vue législatif, la conversion tient une place centrale au sein du discours public. Depuis son arrivée au pouvoir, Modi a pris soin de ne pas donner directement son avis sur cet enjeu très sensible dans un pays où les responsables du BJP  font ouvertement la promotion du hindutva, une idéologie qui définit la nationalité indienne comme étant essentiellement hindoue. Toutefois, ses ministres ont, à maintes reprises, exprimé leur soutien en faveur de mesures visant à « protéger la religion hindoue », apparemment menacée par la recrudescence des minorités religieuses, en particulier les musulmans et les chrétiens. En décembre 2014, le ministre des Affaires parlementaires a fait sensation quand il a appelé à un vote en faveur d’une loi anti-conversion[14] au Lok Sabha, la Chambre basse du Parlement. Le 23 mars 2015, Rajnath Singh, le ministre de l’Intérieur de l’Union indienne, a ramené cet enjeu sous les feux des projecteurs en appelant à un « débat national » et en insistant sur la nécessité d’une loi anti-conversion à l’échelle nationale[15]. Le 15 avril, un avis juridique du Ministère de la Justice a mis fin aux ambitions du gouvernement central sur cet enjeu de loi anti-conversion[16]. Les juristes du ministère ont déclaré que toute loi du gouvernement central qui restreint le droit de changer de religion va à l’encontre des dispositions de la Constitution de l’Union indienne, qui stipule que cet enjeu relève de la compétence des États et territoires de l’Union, et non de celle du gouvernement central.

La législation anti-conversion a été un enjeu très controversé au niveau national pendant un certain temps, et cette législation est étroitement reliée au BJP, ou plus précisément à son prédécesseur, le Janata Party (Parti du Peuple)[17]. En 1978, un membre du Janata Party a déposé au Lok Sabha un projet de loi sur la liberté religieuse. Ce projet de loi a échoué, mais il a été relancé en 1999, lorsque Atal Bihari Vajpayee, alors Premier ministre, à la tête d’une administration BJP (1998-2004), a affirmé qu’une série d’attaques contre des églises chrétiennes dans le Gujarat ont été déclenchées après la conversion d’hindous au christianisme, et que l’harmonie sociale serait mieux protégée si une loi anti-conversion avait été adoptée. L’État du Gujarat, gouverné à l’époque par Modi, avait adopté une loi anti-conversion, mais la proposition législative avait échoué au niveau des instances de l’Union indienne. De nos jours, 7 des 29 États de l’Inde (et 7 territoires) ont adopté des lois anti-conversion. Avant le Gujarat, les assemblées législatives de l’Arunachal Pradesh, d’Orissa (Odisha), du Madhya Pradesh, du Chhattisgarh et du Rajasthan ont adopté de telles lois. Le Himachal Pradesh a suivi, comme l’a fait l’État méridional du Tamil Nadu (terre d’accueil d’un grand nombre de chrétiens où la loi a été rapidement abrogée). Dans chacun des cas, les lois anti-conversion, qui punissent les conversions obtenues par la « force » ou les « moyens frauduleux », sont fondées sur la notion de la protection de « l’ordre public », un domaine relevant de la compétence des États[18]. Pour les opposants à une possible loi anti-conversion nationale, les plans de New Delhi sont inquiétants. Ces stratagèmes « exposent clairement les intentions malfaisantes du gouvernement central de chapeauter la liberté religieuse et la liberté de pratiquer une foi », a déclaré Navaid Hamid, secrétaire du Conseil de l’Asie du Sud pour les minorités. Pour ce fonctionnaire musulman, le gouvernement dirigé par le BJP « ne croit pas dans la Constitution. Il a un désir d’écraser tous les droits fondamentaux des minorités. Le gouvernement est en train de travailler sur un programme sectaire, anti-femmes, anti-minorités qui est en train de rétrograder le pays au lieu de le faire progresser[19]».

Pour les fonctionnaires chrétiens, comme le père Paul Thelakkat, porte-parole de l’Église syro-catholique au Kerala, les lois qui restreignent la conversion ne sont pas nécessaires en Inde, tant au niveau des États qu’au niveau national. « Il y a suffisamment de lois dans ce pays pour punir ceux qui violent l’ordre public et l’harmonie sociale », a-t-il ajouté. Selon son point de vue, la peur que l’hindouisme devienne une religion minoritaire est le facteur qui motive les nationalistes hindous : « Il est regrettable que les dirigeants hindous ne croient pas dans la vérité et la force de leur propre religion. Le BJP estime que la religion hindoue ne survivra pas par rapport aux autres religions. Par conséquent, ils sont en train d’essayer de barricader leur propre religion avec des lois. [20]»

 

La violence contre les minorités religieuses

Depuis que le BJP est arrivé au pouvoir à New Delhi il y a deux ans, la violence contre les minorités religieuses a augmenté. En se fondant sur un rapport du Ministère de l’Intérieur de l’Inde, l’USCIRF a noté qu’en 2015, la violence communautaire a augmenté de 17 % avec 97 personnes tuées et 2 246 blessées[21]. Dans le cas des chrétiens, il y a une forte augmentation visible, de 120 attaques en 2014 à 365 attaques majeures en 2015. Cela revient à une attaque par jour dans un pays où les chrétiens sont une très petite minorité[22].

 

Des attaques plus fréquentes, violentes et généralisées

Il serait trop long de fournir une liste complète des incidents de violence contre les minorités religieuses. Par conséquent, seuls certains cas seront cités pour illustrer le climat actuel. Le 15 mai 2016, à Dantewada District, dans l’État du Chhattisgarh, deux chrétiens dans le village de Dhurly ont été contraints de signer une déclaration de renonciation à la foi chrétienne. Avant cela, le 29 avril, six familles chrétiennes de la tribu Gond avaient dû fuir Katodi, un village dans le district de Kanker, après que des voisins avaient menacé de les tuer si elles ne se convertissaient pas à l’hindouisme. Selon Mgr Sebastian Poomattam, vicaire général de l’archidiocèse catholique de Raipur, capitale du Chhattisgarh, « ces attaques font partie d’une stratégie claire, qui vise à promouvoir l’idéologie hindoue et à éliminer les minorités religieuses, dont les chrétiens, de la région.[23]» Le même scénario peut être constaté dans l’État voisin de Jharkhand. Le 8 mai 2016, 16 chrétiens dalits, dont des femmes et des enfants, ont dû fuir leur village à la hâte dans Palamu District après qu’ils ont été battus pour avoir refusé de renoncer à leur foi chrétienne. Naresh Bhuiya, l’une des 16 victimes dalits, a déclaré : « Ils voulaient que nous disions ‘Jai Shri Ram’ (Gloire au Seigneur Ram!) pour saluer le dieu hindou Ram. Lorsque nous avons refusé, ils nous ont attaché les mains et les pieds et nous ont battus sans pitié.[24]» Deux jours plus tôt, dans le village de Kadma (Kunti District), Soreng Abraham, pasteur de l’Église luthérienne évangélique Gossner, a été retrouvé mort, son corps montrant de multiples blessures[25]. Pourtant, Kunti est l’un des quartiers les plus chrétiens du Jharkhand, avec 25 % de la population locale composée de 532 000 habitants. Depuis que le BJP est arrivé au pouvoir, les chrétiens ont fait face à une vague croissante de violence[26] –  laquelle demeure en majorité impunie.

Durant les dernières années, des rapports ont constaté que les attaques anti-chrétiennes se concentraient sur la moitié nord du pays. Toutefois, des incidents graves ont également eu lieu dans le sud, où les chrétiens sont plus nombreux. Le 28 janvier 2016, trois laïcs catholiques et le père Jose Kannumkuzhy, 49 ans, trésorier du diocèse syro-malabar de Ramanathapuram, ont été attaqués par 30 présumés extrémistes hindous. L’incident a eu lieu tandis que les quatre chrétiens marchaient vers leur voiture garée à l’extérieur du poste de police de Coimbatore[27]. Un porte-parole du diocèse a dit que le prêtre et les laïcs « ont été traînés et battus pendant 2,5 kilomètres avant qu’ils ne soient ramenés au poste de police. Ni ceux qui ont vu cela ni les policiers ne sont intervenus. Ces derniers n’ont même pas appelé une ambulance.[28]» Deux autres cas sont révélateurs de la violence grandissante des attaques anti-chrétiennes. Le 13 mars 2015, une sœur religieuse catholique de 70 ans a été violée à l’intérieur de son couvent, le couvent de Jésus et de Marie, près de la ville de Ranaghat, à quelques kilomètres de Calcutta. Cependant, les policiers ont décrit l’attaque comme « un cambriolage », bien qu’ils aient noté que les assaillants ont vandalisé et profané l’église, déchiré des Bibles, brisé des statues et qu’ils ont pris le ciboire (vase sacré) avec les hosties consacrées[29]. Trois mois plus tard, dans la nuit du 19 juin, une autre sœur religieuse catholique a été violée par deux hommes. Elle travaillait comme infirmière dans un établissement de soins géré par l’Église catholique à Raipur, capitale du Chhattisgarh (Inde centrale). La sœur, âgée de 47 ans, vient du Kerala, Inde du Sud, et elle est membre de la Congrégation des Missionnaires salésiennes de Marie Immaculée. En tant qu’infirmière diplômée, elle dispensait des services au Christ Help Centre, une petite clinique à Raipur. « Pénétrer dans un centre médical chrétien, cibler une personne religieuse et l’agresser démontrent que cette attaque était motivée par la religion[30], » a déclaré John Dayal, porte-parole du Forum chrétien uni.

 

Un musulman tué après avoir été soupçonné de manger du bœuf

Le 28 septembre 2015, dans le village de Bisahra, à environ 60 kilomètres au sud de New Delhi, Akhlaq Ahmed, 52 ans, musulman, a été lynché à mort par un groupe d’hindous qui le soupçonnaient d’avoir tué une vache et d’avoir mangé sa viande pendant la fête musulmane de l’Aïd al-Adha. « Un groupe d’hindous a fait irruption dans la maison et ils ont traîné mon mari et mon fils cadet à l’extérieur, en alléguant que la viande que nous avons stockée et consommée dans la maison était du bœuf, » a déclaré Ikrana Ahmed, l’épouse de la victime. Les deux hommes ont été battus avec des briques et des bâtons. « Mon mari est mort sur les lieux et mon fils de 22 ans a été grièvement blessé, » a-t-elle ajouté. Sa belle-mère a également été frappée au visage[31].

Cet assassinat s’est produit dans l’Uttar Pradesh, un des États de la « ceinture hindi », le cœur hindou de l’Inde, où, selon les croyances religieuses hindoues, la vache est un animal sacré. 24 des 29 États de l’Inde ont une réglementation spécifique interdisant l’abattage des bovins ou des ventes de viande de bœuf, en imposant des amendes aux contrevenants. A New Delhi, par exemple, l’abattage d’une vache est passible de cinq ans de prison et une amende de 10 000 roupies (136 €). Début 2015, les États du Maharashtra[32] et de l’Haryana ont également interdit la vente de viande de bœuf.

En mars 2015, Rajnath Singh, le ministre de l’Intérieur de l’Union indienne, membre du BJP, a exhorté le gouvernement à imposer une interdiction à l’échelle nationale sur l’abattage des bovins et la vente de viande de bœuf : « L’abattage des vaches ne peut être accepté dans ce pays. Nous ferons tous les efforts visant à interdire l’abattage des vaches.[33]» Quelques mois plus tard, l’État du Jammu-et-Cachemire a imposé une interdiction complète sur les ventes de viande de bœuf[34]. Au Cachemire, État majoritairement musulman, le BJP fait partie de la coalition au pouvoir.

Le problème de la viande de bœuf (ou des vaches sacrées) apparaît comme un enjeu sans fin, utilisé à des fins politiques[35]. En effet, pour les nationalistes hindous, la vache sacrée est un symbole de l’indépendance nationale ; les abattre est donc considéré comme un péché, un « crime national ». Selon eux, c’était sous l’influence des colonisateurs – des Moghols musulmans aux colonisateurs européens – que l’abattage des bovins a été introduit en Inde. Par conséquent, l’indépendance de l’Inde ne peut être complète tant que l’abattage n’est pas entièrement interdit. « Le gouvernement ferait mieux de diriger son attention vers de plus grands problèmes nationaux au lieu de promulguer des lois sur le régime alimentaire du peuple », a déclaré le cardinal Baselios Cleemis, de Trivandrum, président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CECI)[36]. Toute interdiction affecterait de manière disproportionnée les minorités religieuses de l’Inde (les musulmans et les chrétiens), et les pauvres (les dalits, les personnes issues des tribus aborigènes) parce que le bœuf, alias « la protéine du pauvre », est disponible à bon marché. Pour beaucoup, l’interdiction de la consommation de viande bovine rendrait la culture hindouiste obligatoire. « Comment se fait-il que tout ce qui est légal dans notre religion soit déclaré illégal par n’importe quel gouvernement ? Nous vivons dans un pays laïc où chaque personne a le droit de pratiquer sa religion. On ne peut pas forcer les croyances sur personne, » a déclaré Mawlana Javid Ahmad, un religieux musulman au Jammu et au Cachemire[37].

 

La remise en question des œuvres de Mère Teresa

« Il est bon de travailler pour une cause en ayant des intentions altruistes. Mais le travail de Mère Teresa avait [un] motif inavoué, celui de convertir la personne défavorisée au christianisme », a déclaré Mohan Bhagwat, chef du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Corps national des bénévoles), le 23 février 2015 au Rajasthan[38].  Soulever des doutes au sujet de la religieuse catholique (1910-1997) a déclenché une réaction immédiate des évêques catholiques de l’Inde. Dans un communiqué de presse en date du 24 février 2015, l’épiscopat indien a dénoncé avec « préoccupation et inquiétude » la tentative de « dénigrer la sainteté de la personne de Mère Teresa » et d’attribuer « des motifs cachés à ses services humanitaires offerts, pendant toute sa vie, pour les pauvres et les [malades . . .]. Mère Teresa n’a jamais eu aucun agenda caché ni n’a jamais utilisé ses services comme une couverture pour la conversion. Elle a toujours soutenu que sa principale préoccupation était de soulager les souffrances des populations et d’aider les pauvres et les souffrants. Quant à savoir quel était son motif pour un tel service d’auto-effacement auprès des pauvres et des souffrants, la réponse cohérente de Mère Teresa était d’aider l’hindou à vivre [comme] un meilleur hindou, le musulman à vivre [comme] un meilleur musulman et le chrétien à vivre [comme] un meilleur chrétien avec la dignité humaine appropriée, » a déclaré l’épiscopat indien, qui a également noté que le prix Nobel de la paix (en 1979) et la plus haute distinction civile de l’Inde, le Bharat Ratna (en 1980), ont été accordés à la religieuse, qui a été proclamée bienheureuse en 2003 par le pape d’alors Jean-Paul II, maintenant Saint-Jean-Paul II[39], puis sainte en septembre 2016 par le pape François. L’Église catholique n’a pas été la seule à défendre la mémoire de Mère Teresa. Dans la matinée du 24 février, le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, a tweeté les mots suivants : « J’ai travaillé avec Mère Teresa pendant quelques mois à Nirmal Hriday ashram à Kolkata. Elle était une âme noble. S’il vous plaît, laissez-la tranquille. [40] » Chef du Parti anti-corruption Aam Aadmi Party (AAP, Parti de l’homme ordinaire), Arvind Kejriwal, le 7 février 2015, a livré une cuisante défaite contre le BJP aux élections de l’Assemblée à Delhi[41].

Environ un an plus tard, le 18 juin 2016, Yogi Adityanath, membre BJP au Parlement, a déclaré, lors d’un rassemblement religieux hindou dans l’Uttar Pradesh[42] que « [Mère] Teresa faisait partie d’un complot pour [la] christianisation de l’Inde. Les incidents de christianisation ont [sic] conduit à des mouvements séparatistes dans les régions du nord-est, y compris l’Arunachal Pradesh, Tripura, Meghalaya et Nagaland. » Encore une fois, la réaction des évêques catholiques de l’Inde a été rapide. Mgr Theodore Mascarenhas, de Ranchi, et secrétaire-général de la CECI, a appelé le gouvernement de l’Inde à « prendre des mesures contre lui (Yogi Adityanath) et à prouver la sincérité gouvernementale envers les minorités. » Comme la date de la canonisation de Mère Teresa approchait (le 4 septembre 2016), le prélat a déclaré qu’il voulait que le gouvernement prenne des mesures contre les commentaires « qui sont destinés à répandre la haine.[43]»

 

 

Perspectives pour l’avenir

Dans « la plus grande démocratie au monde », diverses institutions et la société civile continuent de jouer un rôle dans la défense des droits fondamentaux des Indiens. L’affaire de la Gulbarg Society a été l’un des déclencheurs, en 2002, des pogromes antimusulmans dans l’État du Gujarat. En février de cette année, 69 corps ont été trouvés à Gulbarg Society, un quartier musulman à Chamanpura,  après qu’une foule de manifestants hindous ont attaqué ce quartier. La violence avait été déclenchée par la mort de 59 pèlerins hindous tués dans un incendie de train causé par les musulmans. Sur les 66 personnes poursuivies après le massacre de Gulbarg Society, 42 ont été acquittées. Enfin, après 14 ans de procédures judiciaires, les 24 autres accusés ont été condamnés le 2 juin 2016 : 11 ont été condamnés à un emprisonnement à perpétuité, tandis que les autres ont reçu des peines allant de 7 à 10 ans d’incarcération. Un Tribunal de première instance spéciale a rendu les verdicts[44].

Pourtant, vus de l’étranger, les fondements de la démocratie indienne et le respect des droits des minorités semblent sérieusement menacés par les partisans de l’idéologie hindutva, qui sont actuellement au pouvoir. Les campagnes menées par le BJP et les organisations « pro-hindouisation » comme le RSS qui les soutiennent sont une source de préoccupation majeure, car elles conduisent des extrémistes hindous à commettre des actes de violence contre les minorités religieuses. Lors d’une visite officielle en Inde en janvier 2015, le président américain Barack Obama n’a pas hésité, malgré le réchauffement spectaculaire des relations entre les deux pays, à avertir les Indiens ; le 27 janvier 2015, dans un discours aux étudiants à Delhi, il a parlé de la liberté religieuse et de la non-discrimination, fustigeant le fondamentalisme et notant que la Constitution et la démocratie de l’Inde consacrent l’égalité pour tous, indépendamment de la classe sociale, de la religion, du sexe ou de l’appartenance ethnique. Il a déclaré : « L’Inde va réussir à condition qu’elle ne soit pas fragmentée par des divisions relatives à la foi religieuse, à condition qu’elle ne soit pas divisée par n’importe quelles déchirures, mais qu’elle soit unifiée en une seule nation. [45]»

 

 


[1] The Indian Express, « Discours du premier ministre Modi devant le Congrès américain : lisez le texte intégral », 10th June 2016 http://indianexpress.com/article/india/india-news-india/prime-minister-narendra-modi-us-congress-speech-2842046

[2] Ibid.

[3] The Indian Express, « L’Inde refuse l’octroi de visas à des membres de la Commission religieuse américaine », 4th March 2016 http://indianexpress.com/article/india/india-news-india/india-denies-visa-to-members-of-us-religious-commission

[4] The Indian Express, « La liberté religieuse sur une ‘trajectoire négative’ en Inde » : USCIRF” 3rd May 2016 http://indianexpress.com/article/india/india-news-india/religious-freedom-india-uscirf-report-intolerance-2781355

[5] The USCIRF Rapport annuel 2016 de l’USCIRF, page 159, http://www.uscirf.gov/sites/default/files/USCIRF%202016%20Annual%20Report.pdf

[6] Recensement de l’Inde en date de 2011. Population par communauté religieuse, http://www.censusindia.gov.in/2011census/C-01.html

[7] FirstPost India, « Religion en chiffres : ce que le recensement de 2011 révèle au sujet des communautés en Inde », 27th August 2015 http://www.firstpost.com/politics/religion-in-numbers-what-the-2011-census-revealed-about-trends-across-indias-communities-2408740.html

[8] Eglises d’Asie, « Recensement 2011: le nouveau visage religieux de l’Inde » 28th August 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-08-28-recensement-2011-le-nouveau-visage-religieux-de-l2019inde/

[9] Ucanews, « De nouvelles données contredisent des allégations de conversion » 26th August 2015 http://www.ucanews.com/news/new-data-disproves-conversion-allegations-indian-christians/74150

[10] Ibid.

[11] Constitution de l’Union indienne, http://lawmin.nic.in/olwing/coi/coi-english/coi-4March2016.pdf

[12] Outlook, “Refus d’un visa indien à un prêtre catholique du Vatican », 4th February 2015 (http://www.outlookindia.com/website/story/catholic-priests-from-vatican-denied-indian-visa/293276 )

[13] The Times of India, « Un groupe de lobbyistes des droits de l’homme font pression sur l’EU afin de convaincre Modi sur le FCRA », 2nd April 2016 (http://timesofindia.indiatimes.com/india/Rights-group-lobbied-with-EU-to-push-Modi-on-FCRA/articleshow/51655287.cms )

[14] Eglises d’Asie, « Le gouvernement BJP soutient les conversions de masse à l’hindouisme », 15th December 2014 (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2014-12-15-le-gouvernement-bjp-defend-les-tres-controversees-conversions-de-masse-a-lhindouisme)

[15] Eglises d’Asie, « Le gouvernement relance le débat sur la mise en place d’une loi anti-conversion au plan fédéral », 22nd April 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-04-22-le-gouvernement-relance-le-debat-sur-la-mise-en-place-d2019une-loi-anti-conversion-au-plan-federal/

[16] The Deccan Herald, « Loi nationale anti-conversion injustifiable : ministère de la Justice », 15th April 2015 http://www.deccanherald.com/content/471944/national-anti-conversion-law-not.html

[17] The Hindu, « Conversion et liberté religieuse », 23rd December 2014 (http://www.thehindu.com/opinion/lead/conversion-and-freedom-of-religion/article6716638.ece )

[18] Eglises d’Asie, « La liberté religieuse en Inde », 17th April 2014 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2014-04-17-pour-approfondir-la-liberte-religieuse-en-inde

[19] Ucanews, « Le débat de l’Inde sur la Loi anti-conversion se poursuit », 17th April 2015 http://www.ucanews.com/news/indias-debate-on-anti-conversion-law-deepens-/73408

[20] Ibid.

[21] USCIRF, India Report, p. 7, publié le 3 mai 2016, http://www.uscirf.gov/sites/default/files/USCIRF_Tier2_India.pdf

[22] Ibid.

[23] Eglises d’Asie, « Multiplication des attaques antichrétiennes : une stratégie des extrémistes hindous visant à éradiquer les minorités », 25th May 2016 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2016-05-25-multiplication-des-attaques-antichretiennes-ab-une-strategie-des-extremistes-hindous-visant-a-eradiquer-les-minorites-bb/

[24] Ibid.

[25] Ibid.

[26] Eglises d’Asie, « Arrestation de 13 personnes soupçonnées de conversion au christianisme”, 20th January 2016 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2016-01-20-arrestation-de-13-personnes-soupconnees-de-conversion-au-christianisme-1

[27] Ucanews, « Des délinquants attaquent des membres du clergé dans le sud de l’Inde », 2nd February 2016 http://www.ucanews.com/news/mob-attacks-church-officials-in-southern-india/75124

[28] Eglises d’Asie, « Vives protestations après l’attaque de quatre catholiques dans le sud du pays », 9th February 2016 (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2016-02-09-vives-protestations-apres-l2019attaque-de-quatre-catholiques-dans-le-sud-du-pays )

[29] Eglises d’Asie, « Viol d’une religieuse catholique de 75 ans : l’Inde peine à faire son mea culpa », 16th March 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-03-16-viol-d2019une-religieuse-de-75-ans-l2019inde-peine-a-faire-son-mea-culpa/

[30] Eglises d’Asie, «Indignation après le viol d’une religieuse catholique au Chhattisgarh”, 26th  June 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-06-26-indignation-apres-le-viol-d2019une-religieuse-catholique-au-chhattisgarh/; Morning Star News, “Nun in Chhattisgarh, India Says Two Masked Men Bound, Raped Her,” http://morningstarnews.org/2015/06/nun-in-chhattisgarh-india-says-two-masked-men-bound-raped-her/

[31] Ucanews, « Les politiques bovines de l’Inde révèlent leur dimension violente », 7th October 2015 http://www.ucanews.com/news/indias-politics-of-beef-shows-its-violent-side/74387

[32] Eglises d’Asie, « Le BJP interdit la viande bovine dans l’État du Maharashtra », 6th March 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-03-06-le-bjp-interdit-la-viande-bovine-dans-l2019etat-du-maharashtra

[33] India Today,  « Nous essayerons d’appliquer une interdiction nationale sur l’abattage des vaches » : Rajnath”, 29th March 2015 http://indiatoday.intoday.in/story/cow-slaughter-rajnath-singh-ban-modi-govt-bjp/1/426319.html

[34] The Hindu, « L’interdiction sur l’abattage des vaches : la situation empire à partir du Cachemire”, 11th September 2015 http://www.thehindu.com/news/national/cowslaughter-ban-from-kashmir-down-the-pot-boils-over/article7638840.ece

[35] Eglises d’Asie, « De l’usage des vaches sacrées en politique » 24th September 2013 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2013-09-24-de-l2019usage-des-vaches-sacrees-en-politique

[36] Ucanews, « Les politiques bovines de l’Inde révèlent leur dimension violente », 7th October 2015 http://www.ucanews.com/news/indias-politics-of-beef-shows-its-violent-side/74387

[37] Ibid.

[38] The Times of India, « La conversion était l’objectif réel de mère Teresa, déclare le chef du RSS Mohan Bhagwat”, 24th February 2015 http://timesofindia.indiatimes.com/india/Conversion-was-Mother-Teresas-real-aim-RSS-chief-Mohan-Bhagwat-says/articleshow/46348555.cms

[39] CBCI News, « La CBCI dénonce la déclaration sur Mère Teresa », 24th February 2015 http://cbci.in/FullNews.aspx?ID=1500

[40] Compte Twitter d’Arvind Kejriwal, 23rd February 2015 https://twitter.com/arvindkejriwal/status/570052537023205376

[41] Eglises d’Asie, « Les chrétiens se félicitent de la défaite de Narendra Modi aux élections de l’État de Delhi », 12th February 2015 http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2015-02-12-les-chretiens-se-felicitent-de-la-defaite-de-narendra-modi-aux-elections-de-l2019etat-de-delhi

[42] The Times of India, « Mère Teresa fait partie d’une conspiration pour la ‘christianisation’ de l’Inde, déclare Yogi Adityanath », 20th June 2016 http://timesofindia.indiatimes.com/india/Mother-Teresa-part-of-a-conspiracy-for-Christianization-of-India-Yogi-Adityanath-says/articleshow/52838513.cms

[43] Ucanews, « Un évêque exige des sanctions contre un député anti-mère Teresa”, 24th June 2016 (http://www.ucanews.com/news/bishop-demands-action-against-anti-mother-teresa-mp/76413 )

[44] India Today, « Le massacre de la Société Gulberg : emprisonnement à vie pour 11 accusés; procès non terminé, déclare Zakia Jafri », 17th June 2016 http://indiatoday.intoday.in/story/gulberg-society-massacre-accused-life-imprisonment/1/694149.html

[45] Reuters, « Dans un discours majeur, Obama exhorte l’Inde au sujet de la liberté religieuse”, 27th January 2015 http://www.reuters.com/article/us-india-obama-idUSKBN0L00FD20150127

 

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