Jordanie

Chiffres clés

Superficie :
22 100 km2

Population :
7 900 000

Autres :
Druzes
Bahaïs
Chiites

Contexte

Le Royaume de Jordanie a été créé par le gouvernement britannique en 1922. Le pays a été dirigé depuis sa création par les Hachémites, dynastie originaire de La Mecque. Les dirigeants jordaniens se considèrent des descendants directs du prophète Mahomet. Entre 1948 et 1967, la Jordanie a contrôlé Jérusalem-Est et la Cisjordanie jusqu’à leur conquête par Israël. Beaucoup de réfugiés palestiniens étaient déjà venus dans le Royaume après la création d’Israël. Aujourd’hui, la majorité de ses citoyens sont d’origine palestinienne. Seule une minorité appartient à la communauté bédouine traditionnelle du pays. En 1994, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël. Le traité de paix confirme les droits du roi de Jordanie en tant que gardien des Lieux saints à Jérusalem-Est. La coexistence entre musulmans sunnites et chrétiens est généralement pacifique. La communauté chrétienne loue la famille royale pour sa promotion de l’esprit de tolérance et de coexistence. L’Église catholique est présente avec ses paroisses et des institutions comme Caritas Jordanie. On retrouve des travailleurs immigrés chrétiens et hindous en provenance principalement d’Asie établis temporairement dans le pays.

 

Cadre juridique

Selon l’article 2 de la Constitution de 1952[1], « l’islam est la religion d’État ». L’article 6 dit que « Les Jordaniens sont égaux devant la loi. Il ne doit y avoir aucune discrimination entre eux, fondée sur la race, la langue ou la religion, en ce qui concerne leurs droits et leurs devoirs. » L’article 14 oblige l’État à protéger « le libre exercice de toutes les formes de culte ou de rites religieux, conformément aux coutumes observées dans le Royaume, sauf si elles sont contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. » L’article 28 dit que « nul ne peut monter sur le trône s’il n’est musulman, sain d’esprit et né d’une épouse légitime et de parents musulmans. » L’article 99 établit des tribunaux civils et religieux. L’article 104 les divise en tribunaux chariatiques et tribunaux d’autres communautés religieuses. Toutes les affaires de statut personnel des musulmans sont régies par la charia. Les chrétiens sont soumis à leurs tribunaux religieux respectifs. Le mariage civil n’existe pas. Une femme musulmane ne peut pas épouser un chrétien. Si une femme chrétienne se convertit à l’islam, son mari chrétien doit se convertir aussi.

La Constitution et la loi n’interdisent pas explicitement aux musulmans de se convertir à une autre foi, et il n’y a pas de sanctions de droit civil contre la conversion. Néanmoins, en accordant la primauté à la charia, qui interdit aux musulmans de se convertir à une autre religion, le gouvernement interdit effectivement à la fois la conversion de l’islam et le prosélytisme auprès des musulmans[2]. Selon la loi islamique, il y a des conséquences quand les musulmans adoptent une religion autre que l’islam. Par exemple, si quelqu’un est reconnu coupable d’apostasie, les tribunaux islamiques chargés d’évaluer les questions de statut personnel ont le pouvoir d’annuler le mariage de cette personne et de nier son droit d’hériter de son conjoint et de ses parents musulmans. Une personne pourrait également être accusée d’apostasie avec des conséquences pour ses activités qui n’ont aucun lien avec sa conversion.

La Jordanie criminalise explicitement le blasphème. L’article 273 du Code pénal jordanien de 1960 punit d’une peine d’emprisonnement d’un à trois ans[3] toute personne qui insulte le prophète Mahomet.

Les chrétiens sont représentés au Parlement avec un quota de sièges et ont accès aux rangs supérieurs du gouvernement et de l’armée.

 

Incidents

En septembre 2014, le roi Abdallah a accueilli en Jordanie des réfugiés chrétiens d’Irak qui avaient fui Daech (État islamique). L’Église catholique a loué le roi pour ce geste. « [N]otre roi a accordé à environ 500 familles chrétiennes d’Irak le droit de rester. Si tout se passe bien, 1 500 autres familles suivront, » avait dit à l’AED[4] le père Khalil Jaar.

En octobre 2014, la nouvelle église arménienne de Saint-Garabed a été consacrée en Jordanie, sur la rive du fleuve Jourdain. L’annonce a été faite par le Patriarcat apostolique arménien de Jérusalem. Le terrain sur lequel se dresse l’église, non loin de l’endroit traditionnellement connu comme le lieu du baptême de Jésus, a été donné par le roi Abdallah II de Jordanie, qui a aussi donné les terrains d’autres églises construites sur la rive du Jourdain[5].

En octobre 2014, le roi Abdallah II a déclaré que les chrétiens avaient contribué à la construction de la civilisation arabe. C’est pourquoi le déplacement forcé de communautés chrétiennes autochtones du Moyen-Orient est un problème grave, qui doit être freiné de toutes les façons possibles.

En février 2015, des militants de Daech ont diffusé une vidéo montrant un pilote jordanien, qu’ils avaient capturé, en train d’être brûlé vif dans une cage ; un meurtre qui a choqué le monde. La Jordanie, qui avait lancé des raids aériens en Syrie dans le cadre de l’alliance menée par les États-Unis contre les insurgés de Daech, a riposté par des frappes aériennes. La télévision d’État jordanienne a déclaré que le pilote avait été tué le 3 janvier[6].

En février 2015, la Jordanie a exécuté deux prisonniers d’Al-Qaïda, donnant suite à une promesse de riposter avec force au meurtre par Daech du pilote Mouath al-Kassaesbah. Le père Rifat Bader, l’un des porte-paroles de l’Église catholique en Jordanie, a défendu les exécutions comme un acte de légitime défense face à la guerre et au terrorisme[7].

En février 2015, le ministre jordanien des Affaires religieuses, Hayel Dawoud, a affirmé que les activités du groupe terroriste Daech « n’ont rien à voir avec l’islam et les caricatures du prophète Mahomet n’ont rien à voir avec le christianisme, tandis que les politiques sionistes menées par les colons n’ont rien à voir avec la religion juive.[8] »

En août 2015, la reine Rania de Jordanie a déclaré que les musulmans modérés ne faisaient pas assez pour combattre la néfaste idéologie de Daech, et elle a demandé à la communauté internationale d’accorder une plus grande attention aux jeunes, avant que le Moyen-Orient soit dévasté[9].

En septembre 2015, avant l’ouverture d’une conférence internationale à Paris, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh, a expliqué que le titre du sommet était initialement axé sur la protection des minorités religieuses et ethniques. Il avait été modifié par la suite pour attirer l’attention sur la nécessaire protection des victimes de la violence ethnique et religieuse, sans se référer à la catégorie de minorité. Nasser Judeh a également souligné qu’en Jordanie, on n’utilise pas le terme de « minorité » pour indiquer les composantes de la population jordanienne qui professent et suivent des religions autres que l’islam sunnite[10].

En septembre 2015, le prince jordanien Hassan a déclaré que le christianisme a été fondé au Moyen-Orient, qu’il n’était pas un produit d’importation occidental, et qu’il avait grandement contribué au développement de la culture arabe et de la civilisation arabo-islamique. Pour cette raison, la présence des chrétiens au Moyen-Orient doit être sauvegardée par des moyens et des mesures qui leur garantissent une protection humaine. Le prince a dit cela lors d’une intervention à Acre, en Israël, à l’occasion de la présentation d’un livre sur l’histoire des chrétiens arabes au Moyen-Orient[11].

En décembre 2015, le roi Abdallah II a souligné que les chrétiens arabes « font partie intégrante de notre passé, présent et futur » et dès le début, ils « ont été un partenaire essentiel dans la construction de notre culture et civilisation et dans la défense de l’islam ». Des propos que le monarque a prononcé dans une allocution télévisée, au moment où les Jordaniens célèbrent la naissance du prophète Mahomet le 23 décembre ou la solennité chrétienne de la Nativité de Jésus. Dans ce contexte, le souverain a réaffirmé que tous les Jordaniens « vivent sous la protection d’une citoyenneté égale qui nous lie ensemble ».

Le jour de Noël 2015 a également marqué le 40e anniversaire de la normalisation de la date où toutes les Églises et les communautés chrétiennes en Jordanie célèbrent Noël. En 1975, les chefs des Églises chrétiennes avaient décidé de fêter Noël le 25 décembre, selon le calendrier grégorien, tandis que Pâques allait être célébré par tous les chrétiens selon le calendrier julien. La Jordanie est actuellement le seul pays dans le monde où les deux principales fêtes chrétiennes sont célébrées ensemble par tous les baptisés. En Jordanie, Noël est une fête nationale depuis 1999, l’année où le roi Abdallah est monté sur le trône[12].

La fête islamique du Mawlid al-Nabi, la naissance du prophète Mahomet – qui suit le calendrier lunaire – a été célébrée le 23 décembre 2015. La dernière fois que les célébrations islamique et chrétienne de Noël coïncidaient remonte à 457 ans. En février 2016, le lieu du baptême de Jésus, sur les rives du Jourdain, a été officiellement classé au patrimoine mondial par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Une délégation du Royaume hachémite de Jordanie, comprenant le ministre jordanien du Tourisme Nayef H. Al-Fayez et l’archevêque Maroun Lahham, vicaire patriarcal pour la Jordanie du Patriarcat latin de Jérusalem, a assisté à la cérémonie[13].

En mars 2016, une cellule de Daech a subi une déroute à Irbid. Les djihadistes projetaient des attaques contre des cibles civiles et militaires dans le but de compromettre la sécurité nationale. Dans l’opération, sept terroristes et un soldat jordanien ont été tués et cinq autres ont été blessés. En tout, 13 personnes, liées de diverses manières à la cellule extrémiste, ont été arrêtées[14]. Plus tôt dans le mois, des soldats jordaniens et des djihadistes présumés se sont affrontés à la frontière avec la Syrie. Au moins cinq personnes ont été tuées dans les affrontements entre les forces de sécurité jordaniennes et les djihadistes présumés dans la ville d’Irbid. Après le combat, les autorités ont imposé un couvre-feu[15].

En mai 2016, une réunion entre le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et l’Institut royal d’études interconfessionnelles s’est conclue par la signature d’un appel conjoint. La réunion a eu lieu le 14 mai dans la capitale de la Jordanie sur le thème « Relever les défis actuels par le biais de l’éducation. » La déclaration, signée par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et le prince jordanien El Hassan bin Talal, condamne toutes les formes de violence[16].

En mai 2016, le « Jardin de la Miséricorde » a été inauguré. Le projet est consacré à l’agriculture durable, avec 600 oliviers plantés sur une superficie de 10 000 m2. Il emploie 15 travailleurs, des réfugiés irakiens et des chômeurs jordaniens. Le projet a été inauguré à Amman au Centre Notre-Dame de la Paix, en présence du patriarche latin Fouad Twal de Jérusalem et de Mgr Alberto Ortega Martin, nonce apostolique en Jordanie et en Irak. L’initiative, financée par le pape François avec les offrandes des fidèles recueillies au stand du Vatican à l’Expo Milano 2015, est un signe concret de la sollicitude pastorale du Siège apostolique et des Églises locales envers les peuples du Moyen-Orient qui sont débordés par les conflits et la migration forcée[17].

 

Perspectives pour la liberté religieuse

La Jordanie, comme beaucoup d’autres pays islamiques du Moyen-Orient, n’octroie pas la pleine liberté religieuse à ses citoyens, comme le droit de se convertir de l’islam à une autre religion ou de ne pas avoir de religion. Les convertis de l’islam au christianisme pourraient faire face à une résistance sociale considérable et à des conséquences juridiques, en particulier dans les questions liées au statut personnel. Malgré l’absence de liberté de conscience, le pays permet à ses citoyens chrétiens de vivre leur foi individuellement et collectivement en toute liberté. Les activités des Églises sont limitées en ce qui concerne la prédication de l’Évangile aux musulmans et la poursuite active de leur conversion. Le roi et les autres membres de la famille royale sont en faveur de la coexistence et de la tolérance religieuse et l’ont exprimée tant dans les mots que dans les gestes. Le monarque a accueilli des milliers de chrétiens d’Irak et de Syrie dans son pays. Les relations entre les Églises traditionnelles officiellement enregistrées et le gouvernement sont excellentes. En revanche, les Églises non enregistrées rencontrent des problèmes. Un sujet inquiétant est le nombre élevé de Jordaniens musulmans qui sont en faveur des idées islamiques radicales ou qui ont rejoint des groupes djihadistes en Syrie voisine.

 


[1] http://www.kinghussein.gov.jo/constitution_jo.html, http://mjp.univ-perp.fr/constit/jo1952.htm

[2] http://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper

[3] http://www.loc.gov/law/help/apostasy/#jordan

[4] http://www.catholicnewsagency.com/blog/we-have-lost-everything-iraqi-christians-have-found-refuge-in-jordan/, http://www.aed-france.org/jordanie-nous-avons-tout-perdu-refugies-irakiens/

[5] http://fides.org/en/news/36645-ASIA_JORDAN_An_Armenian_baptismal_church_consecrated_on_the_banks_of_the_Jordan#.V0ga6PmLSM8

[6] http://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-killing-idUSKBN0L71XE20150203

[7] http://www.die-tagespost.de/politik/Exekution-Akt-der-Selbstverteidigung;art315,158318

[8] http://fides.org/en/news/37211-ASIA_JORDAN_Jordanian_Minister_satirical_cartoons_of_the_Prophet_Muhammad_have_nothing_to_do_with_Christianity#.V0gPWfmLSM8

[9] http://www.asianews.it/news-en/Muslims-are-not-doing-enough-to-fight-the-Islamic-State%2C-says-Queen-Rania-35147.html

[10] http://fides.org/en/news/58384-ASIA_JORDAN_The_Jordanian_proposal_let_us_set_aside_the_term_minority#.V0gNt_mLSM8

[11] http://fides.org/en/news/58500-ASIA_HOLY_LAND_Prince_Hassan_of_Jordan_human_safekeeping_for_Christians_in_the_Middle_East_is_needed#.V0gNqfmLSM8

[12] http://fides.org/en/news/59000-ASIA_JORDAN_Christians_of_the_Hashemite_Kingdom_have_been_celebrating_Christmas_together_for_forty_years#.V0gMGvmLSM8

[13] http://fides.org/en/news/59323-ASIA_JORDAN_UNESCO_recognizes_the_baptism_site_of_Jesus_as_a_World_Heritage_Site#.V0gKwfmLSM8

[14] http://www.asianews.it/news-en/Islamic-State-cell-routed-in-Irbid-36843.html

[15] http://www.asianews.it/news-en/Jordanian-soldiers-clash-with-suspected-jihadis-on-the-border-with-Syria-36832.html

[16] http://www.news.va/en/news/jordan-joint-appeal-at-the-end-of-the-meeting-in-a

[17] http://www.fides.org/en/news/60019-ASIA_JORDAN_Garden_of_Mercy_inaugurated_in_Amman_humanitarian_project_for_refugees#.V0WtqJ3wCM8

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