Pakistan

Chiffres clés

Superficie :
796 095 km²

Population :
191 000 000

Cadre juridique de la liberté religieuse

État créé lors de la partition de l’Inde en 1947, le Pakistan a été fondé comme un état laïc. Progressivement, sa dimension musulmane s’est affirmée, avec le changement de nom du pays en 1956, le Pakistan devenant la République islamique du Pakistan. Le « pays des purs » (le mot Pakistan est un néologisme créé à partir de pâk, ‘pur’ en ourdou, et stân, signifiant pays) a alors pris une coloration très nettement islamique sous la dictature du général Zia ul-Haq, au pouvoir de 1977 à 1988. Orientation qui s’est manifestée par une prépondérance sans cesse accrue du droit islamique (la charia) dans l’ordre juridique pakistanais. Ces dernières années, les tentatives menées par les gouvernements qui se sont succédé à Islamabad pour combattre les violences interreligieuses et les discriminations, dont sont victimes les non-musulmans, n’ont pas rencontré beaucoup de succès, la société elle-même connaissant une islamisation très marquée.

La Constitution de 1973 stipule dans son préambule et aux articles 20, 21 et 22 que tous les citoyens jouissent de la liberté de pratiquer et de professer librement la religion de leur choix. Mais ce droit à la liberté religieuse est toutefois considérablement limité par la structure constitutionnelle, juridique et politique du Pakistan qui fait que les minorités religieuses ne sont pas traitées comme des citoyens égaux aux musulmans.

L’article 2 de la Constitution établit que l’islam est la religion de l’état. Le chef de l’État doit être un musulman (article 41.2) ; le Premier ministre doit lui aussi être un musulman (article 91.3) ; le tribunal islamique fédéral a la faculté d’invalider toute loi contraire à l’islam ou de suggérer des amendements (article 203E). En outre, les lois dites « du blasphème », introduites en 1986 dans le Code pénal pakistanais (articles 295 B, 295 C, 298 A, 298 B, 298 C) limitent très fortement la liberté de religion et d’expression. Profaner le Coran ou insulter Mahomet sont des délits passibles, respectivement, de la prison à vie et de la peine de mort. Dans la vie de tous les jours, ces lois sont souvent utilisées comme un moyen pour persécuter les minorités religieuses.

 

Incidents

Un incident illustre bien le problème de la violence religieuse dans le pays. Le 27 mars 2016, à Lahore, un kamikaze a ciblé des familles dans le parc Gulshan-i-Iqbal.

Ce soir-là, 78 personnes ont perdu la vie et quelque 300 personnes ont été blessées. Parmi les morts, on dénombre 54 musulmans et 24 chrétiens. C’est l’attentat le plus sanglant depuis celui de Peshawar, en décembre 2014, qui avait tué 132 élèves d’une école publique de l’armée, à la frontière afghane. Après l’attentat de Lahore, un porte-parole des Talibans du Jamaat-ul-Ahrar, faction rivale de la mouvance talibane pakistanaise du Tehreek-e-Taliban, revendiquait l’attentat-suicide, en précisant qu’il « ciblait les chrétiens »[1].

Ce n’est pas la première fois que les chrétiens sont visés par des attentats suicides. Le 15 mars 2015, un double attentat, également revendiqué par Jamaat-ul-Ahrar, avait fait 17 morts près de deux églises de Lahore[2]. Un dimanche de septembre 2013, dans la cour d’une église de Peshawar, deux kamikazes s’étaient fait exploser, tuant plus de 80 personnes[3]. Ces attentats soulignent le statut très précaire des minorités religieuses au Pakistan.

 

Des avocats qui veillent à faire appliquer les lois anti-blasphème

« Quiconque profère un blasphème doit en répondre devant la justice et la seule peine envisageable est la mort. » Ces propos sont de Maître Ghulam Mustafa Chaudhry, responsable d’un groupement d’avocats de Lahore qui s’est donné pour mission de veiller à ce que les lois anti-blasphème soient appliquées dans toute leur rigueur.

Selon l’agence Reuters[4], le Khtam-e-Nubuwwat Lawyers’ Forum, appellation qui pourrait se traduire par « Mouvement pour la défense du Prophète », utilise son expertise en droit et son influence pour s’assurer que quiconque insulte l’islam ou Mahomet est mis en examen, jugé et exécuté.

Dans l’affaire de l’assassinat du gouverneur du Pendjab, Salman Taseer[5], tué en janvier 2011 par son garde du corps pour avoir remis en cause les lois anti-blasphème et pris la défense de la chrétienne Asia Bibi[6], Ghulam Mustafa Chaudhry a assuré la défense dudit garde du corps. Une défense qui n’a pas porté ses fruits puisque Mumtaz Qadri a été condamné à mort. La sentence a été exécutée le 29 février dernier et l’enterrement du meurtrier, le 1er mars 2016 à Islamabad, a été l’occasion pour des centaines de milliers d’islamistes de manifester leur soutien à la cause de celui qu’ils considèrent comme un héros. Car, selon Maître Chaudhry, Mumtaz Qadri était dans son droit lorsqu’il a tué Salman Taseer, ce dernier ayant commis un blasphème en remettant publiquement en cause les lois anti-blasphème.

 

De nombreuses exécutions extrajudiciaires

Pour l’heure, aucun condamné à mort pour blasphème n’a été exécuté au Pakistan, mais les couloirs de la mort des prisons pakistanaises se remplissent peu à peu et, sur les quelque 8 000 condamnés à mort qui s’y trouvent, plus d’un millier le serait pour des affaires de blasphème[7]. Parmi eux se trouve la chrétienne Asia Bibi, dont l’accusateur, lors de son procès en première instance et en appel, était assisté par un avocat membre de Khatm-e-Nubuwwat.

Toutefois, si les autorités gouvernementales, qui ont fait procéder à plus de 330 exécutions capitales depuis décembre 2014[8], se gardent pour l’heure d’exécuter des condamnés pour blasphème, elles n’ont pas réussi à empêcher les exécutions extrajudiciaires : au moins 65 personnes ont été lynchées à mort ou assassinées depuis 1990, y compris des juges et des avocats, pour avoir été soupçonnées de blasphème ou pour avoir pris la défense de personnes accusées de blasphème[9].

Mais sans même évoquer ces cas extrêmes, le climat est devenu plus funeste ces dernières années au Pakistan, et des menaces ont été proférées contre des médias ou des journalistes en vue si ceux-ci s’avisaient de rendre compte des initiatives visant à remettre en cause les lois anti-blasphème ou à encadrer leur application. Lors d’une audience pour blasphème, les avocats de Khatm-e-Nubuwwat et des militants envahissent souvent les salles de tribunal à plusieurs dizaines, de manière à intimider les personnes présentes. Selon Saif ul-Malook, avocat, ils cherchent à intimider tout le monde, l’accusé, les juges, les avocats de la défense ainsi que les membres de la famille de l’accusé.

Il semble loin le temps des années 2000, lorsque des avocats s’étaient dressés contre les mesures répressives prises par le président Pervez Musharraf (au pouvoir de 2001 à 2008) ; on avait alors parlé de mouvement des avocats[10], de mouvement pour la restauration de l’ordre judiciaire ou bien encore de mouvement des robes noires. Désormais, ces avocats favorables à la démocratie semblent être nettement moins visibles et les avocats qui visent à une plus grande islamisation de la société paraissent, eux, plus virulents. Dans ce contexte, on ne peut que déplorer les violences dont sont victimes les minorités religieuses. Pourtant, cette violence s’exerce aussi contre les musulmans eux-mêmes.

Dans un pays où la communauté musulmane est divisée entre sunnites (75 %) et chiites (25 %), les attentats visant les chiites sont fréquents. Ainsi, le 13 décembre 2015, 23 personnes ont été tuées et plus de 30 blessées, dans un attentat à la bombe dans un bazar bondé d’une zone chiite du nord-ouest du pays. L’explosion s’est produite au marché Eidgah de Parachinar, une ville peuplée par la minorité chiite et située dans la zone tribale semi-autonome de Kurram[11]. L’attentat a été revendiqué par le groupe sunnite extrémiste Lashkar-e-Jhangvi, proche d’Al-Qaida ; il reproche aux chiites leur soutien à Bachar Al-Assad, le président de la Syrie, et à l’Iran.

 

Assassinat d’un blogueur chiite, adepte du dialogue entre les religions

Le 7 mai 2016, c’est un blogueur chiite, Khurram Zaki, âgé de 40 ans, qui a été abattu d’une rafale de Kalachnikov alors qu’il dînait dans un restaurant de Karachi[12]. Il dirigeait le site Let us build Pakistan (https://lubpak.com), consacré à l’actualité politique et religieuse de son pays. Il s’était rendu célèbre pour une manifestation organisée devant la Mosquée rouge, sanctuaire islamique au cœur d’Islamabad. Le rassemblement visait Abdel Aziz, le directeur de la mosquée, qui avait refusé de condamner les attentats des Talibans à Peshawar du 16 décembre 2014 : l’assassinat de 150 personnes, surtout des enfants, d’une école tenue par l’armée. Le site du blogueur dénonçait aussi bien les irrégularités démocratiques de son pays que l’extrémisme religieux : deux problèmes indissociables et qui empêchaient, selon lui, les Pakistanais de bâtir leur société. Plusieurs photos le présentent en compagnie de membres du clergé chrétien pakistanais, lors de processions religieuses. Il arrivait même qu’il porte la croix en ces occasions, un geste lourd de conséquences pour un musulman : dans l’islam, le Christ n’a jamais été crucifié.

 

Les ahmadis, une communauté persécutée

Les violences sont également très nombreuses contre ceux que l’islam majoritaire considère comme hérétiques, les ahmadis. Depuis un amendement à la Constitution voté en 1974, les ahmadis, qui tiennent leur fondateur, Mirza Ghulam Ahmad, pour un prophète, n’ont pas le droit de se dire musulmans, ni d’appeler leurs lieux de culte des mosquées. Leur communauté, estimée entre deux et quatre millions de croyants, est persécutée. Selon un rapport publié par eux-mêmes le 25 avril 2016, on compte 248 ahmadis tués en raison de leur appartenance religieuse entre 1984 et 2015 ; durant ces années, 27 de leurs lieux de culte ont été détruits et 39 de leurs cimetières profanés.

 

Enlevée pour être mariée de force et « convertie » à l’islam

L’une des formes les plus insidieuses de violence contre les minorités sont les mariages forcés dont sont victimes les jeunes filles issues de ces minorités. Ces dernières années, le phénomène croissant des conversions forcées de jeunes filles hindoues dans la province du Sind est devenu un problème majeur pour la communauté hindoue (les hindous sont environ 2,5 millions sur les 191 millions de Pakistanais, concentrés principalement dans la province du Sind). Selon l’association Pakistan Hindu Panchayat, chaque année, près de 1 000 jeunes filles ou femmes originaires du Sind sont contraintes de se convertir à l’islam, provoquant l’exode des familles hindoues vers l’Inde voisine[13].

En février 2016, des changements dans la loi pourraient limiter ce problème. En effet, au Pakistan le mariage civil n’existe pas. Les hindous, contrairement aux musulmans et aux chrétiens, ne pouvaient, jusqu’à présent, faire enregistrer leur mariage auprès des autorités civiles, ce qui rendait leur quotidien compliqué, notamment en matière d’obtention de papiers d’identité, de droit de propriété ou d’héritage. La situation des femmes hindoues était encore plus difficile. Le Pakistan ne reconnaissant pas leur statut matrimonial, elles étaient considérées comme célibataires, bien que mariées à un hindou, et elles étaient donc une proie facile pour les auteurs d’enlèvements de femmes non musulmanes.

Une clause particulière de la nouvelle loi a fait grand bruit, car elle prévoyait l’annulation du mariage hindou si l’un des époux se convertissait à l’islam, une clause perçue par la minorité hindoue comme un blanc-seing pour les auteurs d’enlèvements de femmes hindoues. « Cette clause peut être détournée pour convertir de force des femmes hindoues déjà mariées, de la même manière que des jeunes filles hindoues sont déjà kidnappées et contraintes de se convertir à une autre religion », a déclaré au Pakistan Herald[14]  Ramesh Kumar Vankwami, le 18 février 2016.

Ramesh Kumar Vankwami, de La Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League) a demandé que cette clause soit retirée, chose faite grâce au soutien de la Commission sénatoriale des droits de l’homme. Pour le sénateur Farhatullah Babar, cette disposition était « une grave violation des droits de la minorité hindoue ». Ramesh Kumar Vankwami espère bien que cette nouvelle disposition permettra de limiter le nombre de conversions forcées de femmes hindoues, grâce à la reconnaissance officielle de leur statut matrimonial.

 

De nombreuses jeunes chrétiennes subissent le même sort.

En septembre 2015, à Pattoki, dans la province du Pendjab, une jeune chrétienne de 22 ans, Nabila Bibi, a été kidnappée par quatre hommes armés, sous les yeux de sa mère et de sa sœur, puis « convertie » à l’islam et mariée de force à un musulman. La police a refusé d’enregistrer le dépôt de plainte de Bashir Masih, le père de la jeune fille, déclarant que les assaillants avaient confirmé à la police que sa fille avait volontairement décidé de se convertir à l’islam et d’épouser un musulman.

Bashir Masih s’est alors tourné vers Sardar Mushtaq Gill, un avocat chrétien qui dirige l’ONG Lead, et fournit une assistance juridique gratuite aux chrétiens en difficulté. Le 18 février 2016, après quatre mois d’enquête, l’avocat a finalement obtenu un ordre du tribunal de Pattoki demandant l’ouverture d’une enquête au sujet de l’enlèvement et de la conversion forcée de Nabila Bibi. « Dans la plupart des cas, les kidnappeurs utilisent l’argument de la conversion comme une protection juridique afin de ne pas être poursuivis pour enlèvement, séquestration et viol », a déclaré Sardar Mushtaq Gill, à l’agence Ucanews, le 19 février dernier. « Même si cette jeune fille arrive à retourner chez elle, sa vie est détruite », a-t-il souligné. Le père de la jeune fille a reconnu avoir reçu des menaces de mort contre sa fille qui, si « elle se reconvertissait au christianisme, serait considérée comme une murtad (un apostat) »[15].

 

Des chrétiens contraints à l’exil

Les chrétiens, principale minorité religieuse avec les hindous, représentent un peu plus de 2 % des 191 millions de Pakistanais. Issus des basses castes hindoues du XIXe siècle, ils restent encore aujourd’hui déconsidérés et discriminés, et font majoritairement partie des classes sociales les plus basses de la société pakistanaise, exerçant des métiers dévalorisés, comme nettoyeurs de rues ou éboueurs. Beaucoup d’entre eux souffrent régulièrement de persécutions – lois anti-blasphème, conversions forcées, enlèvements des filles et des femmes – et fuient leur pays[16]. Certains partent vers la Thaïlande, pays où ils peuvent encore relativement facilement obtenir un visa de tourisme, mais, une fois sur place, les instances de l’HCR ne se pressent pas pour les prendre sous sa protection. On estime que 99 % des 6 à 7 000 chrétiens pakistanais réfugiés en Thaïlande n’ont plus de papiers en règle.

Pour les chrétiens qui restent vivre au Pakistan, les menaces que font peser sur eux les lois anti-blasphème ainsi que l’extrémisme musulman sont constantes. Le 15 avril 2016, un jeune chrétien, Nauman Masih, 14 ans, est mort de ses blessures à l’hôpital Mayo de Lahore, aspergé d’essence et brûlé vif cinq jours plus tôt, le 10 avril, par deux jeunes musulmans en route vers la mosquée pour la prière du vendredi. Selon des chrétiens du Pakistan, il pourrait s’agir d’une vengeance après le lynchage à mort de deux musulmans – déclarés depuis innocents – intervenu à Youhanabad, quartier chrétien de Lahore, où un double attentat contre des églises chrétiennes a fait 20 morts le 15 mars 2016.

Les chrétiens de la ville ont, eux, fait un lien avec ce double attentat du 15 mars. Si l’attentat a été commis – et revendiqué – par un groupe islamiste qui visait la communauté chrétienne, les suites de l’attentat – notamment le lynchage à mort de deux personnes par la foule des chrétiens en colère (un acte ensuite condamné de la manière la plus explicite par les responsables religieux chrétiens) – ont créé un climat défavorable aux chrétiens. Afin de retrouver les auteurs du lynchage, la police a depuis procédé à des arrestations massives dans le quartier de Youhanabad et une centaine de jeunes chrétiens ont été interpellés, mis en prison et déférés devant la justice[17]. Les chrétiens ont dénoncé l’ampleur du déploiement policier à cette occasion, alors que, lorsque des chrétiens sont victimes d’attaques, la réaction des forces de l’ordre se fait souvent très lente.

Le Père James Channan, dominicain pakistanais, dirige le Centre pour la paix à Lahore, une instance engagée dans la promotion d’initiatives de paix, d’harmonie et de dialogue interreligieux. À l’agence Fides, il a déclaré : « les chrétiens ont condamné le lynchage, déclarant publiquement qu’il s’agissait d’un crime grave. Toutefois, à plusieurs reprises dans le passé, des chrétiens innocents ont été brûlés vifs : rappelons les attaques massives contre le quartier chrétien de Gojra[18], Shantinagar [19] ou le cas des deux époux chrétiens brûlés vifs dans un four à brique en novembre 2014. Le niveau de haine existe dans la société pakistanaise. Nous avons besoin d’une grande œuvre de dialogue et d’harmonie entre les croyants des différentes religions. » Le Père Channan d’ajouter : « Je dirais qu’aujourd’hui, les chrétiens connaissent la pire période de leur histoire dans ce pays. Discrimination, souffrance, oppression se muent trop souvent en une véritable persécution. Nous demandons au gouvernement : où est la justice ? Où sont les coupables des nombreux épisodes de violence gratuite commis contre les chrétiens ? »

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Compte tenu des nombreux incidents, les perspectives pour la liberté religieuse restent sombres et sont étroitement liées à la situation de la gouvernance au Pakistan. Interviewé par Radio Vatican le 6 avril 2016 après l’attaque du dimanche de Pâques à Lahore, Paul Bhatti, frère et héritier politique de Shahbaz Bhatti, ancien ministre pakistanais des Minorités religieuses, assassiné en 2011, a déclaré, « Je crois que la situation des chrétiens ou des autres minorités est directement proportionnelle à la situation générale du Pakistan. Si, au Pakistan, il y a la paix, les chrétiens eux aussi vont bien. Si, au Pakistan, il n’y a pas la paix, les chrétiens, qui sont les plus faibles et les plus marginalisés dans la société, souffrent plus.[20]»

La plus grande menace, ce sont les pressions sur le gouvernement pour endurcir les lois sur le blasphème. Les tentatives du gouvernement pour encadrer l’application des lois anti-blasphème rencontrent de très forts obstacles. En novembre 2015, la Cour suprême du pays a bien statué pour dire que le simple fait de discuter des lois anti-blasphème ne pouvait pas être tenu pour un blasphème en soi, mais, en pratique, il est impossible pour quiconque de demander un débat serein et pacifié sur cette question. En janvier 2016, le Conseil pour l’idéologie islamique, une instance officielle au Pakistan, a proposé de modifier ces lois, mais un tel amendement pourrait également aller dans le sens d’un durcissement de cette législation.

Selon les chiffres de la police, les plaintes pour blasphème enregistrées dans les commissariats sont en hausse. Depuis la fondation de Khatm-e-Nubuwwat il y a quinze ans, le nombre d’affaires pour blasphème enregistrées dans la seule province du Pendjab a triplé. En 2015, des dispositions ont été prises au niveau de la province pour restreindre la procédure encadrant le dépôt de plainte. Toutefois, les avocats du mouvement veillent. « S’ils entendent parler d’une plainte, ils viennent voir directement la personne et lui offrent de l’accompagner en justice gratuitement. Parfois, ils arrivent nombreux et encouragent les personnes à porter plainte », témoigne un policier sous le sceau de l’anonymat par crainte d’éventuelles représailles.


[1] Dawn, « Au moins 72 morts dans un attentat suicide qui ramène la terreur à Lahore », 28 mars 2016 , http://www.dawn.com/news/1248259

[2] Églises d’Asie, « Obsèques sous haute tension pour les victimes du double attentat de Youhanabad », 17 mars 2015, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-03-17-obseques-sous-haute-tension-pour-les-victimes-du-double-attentat-de-youhanabad

[3] Églises d’Asie, « L’attentat sans précédent commis à la All Saints Church de Peshawar interroge sur le bien-fondé des négociations menées par le gouvernement avec les Talibans », 23 septembre 2013, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2013-09-23-l2019attentat-sans-precedent-commis-a-la-all-saints-church-de-peshawar-interroge-le-bien-fonde-des-negociations-menees-par-le-gouvernement-avec-les-talibans

[4] Reuters, « Groupe d’avocats pakistanais responsable de la hausse de cas de blasphème », 6 mars 2016,  http://www.reuters.com/article/pakistan-blasphemy-lawyers-idUSKCN0W905G

[5] Églises d’Asie, « Loi sur le blasphème : la famille de Salman Taseer refuse ‘le prix du sang’», 12 mars 2015, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-03-12-loi-sur-le-blaspheme-la-famille-de-salman-taseer-refuse-ab-le-prix-du-sang-bb

[6] Églises d’Asie, « Sa condamnation à mort confirmée, Asia Bibi en appelle de nouveau au pape », 31 octobre 2014,  http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2014-10-31-sa-condamnation-a-mort-confirmee-asia-bibi-en-appelle-de-nouveau-au-pape

[7] Selon la Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan, entre 1986 et 2009, 964 personnes ont été condamnées pour blasphème. Parmi eux, on compte 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis, 14 hindous et dix appartenant à d’autres religions. Sur 1 537 cas de blasphème enregistrés, 41,18 % concernent des musulmans (alors que ces derniers représentent 96,4 % de la population), 32,14 % des ahmadis, 13 % des chrétiens (2 % de la population) et 1,36 % des hindous (1,5 % de la population).

[8] Églises d’Asie, « Record d’exécutions capitales en 2015 », 11 décembre 2015, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-12-11-triste-record-d2019executions-capitales-en-2015

[9] Églises d’Asie, « La mort atroce d’un couple de chrétiens pakistanais souligne l’urgence à réformer les lois anti-blasphème », 7 novembre 2014, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2014-11-07-la-mort-atroce-d2019un-couple-de-chretiens-pakistanais-souligne-l2019urgence-a-reformer-les-lois-anti-blaspheme

[10] Le Monde, « Pakistan : la révolte des robes noires », 3 octobre 2007, http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2007/10/03/pakistan-la-revolte-des-robes-noires_962476_3216.html

[11] Dawn, « Au moins 22 morts au marché de vêtements de Parachinar », 14 décembre 2015, http://www.dawn.com/news/1226103

[12] New York Times, «Activiste pakistanais Khurram Zaki mortellement blessé à Karachi », 8 mai 2016, http://www.nytimes.com/2016/05/09/world/asia/pakistani-rights-activist-is-shot-and-killed-in-karachi.html

[13] Voice of America, « des hindous pakistanais se plaignent de la conversion forcée de filles hindoues », 18 mars 2016, http://www.voanews.com/content/pakistani-hindus-complain-of-forced-conversion-of-teenage-girls/3243234.html

[14] Pakistan Herald, « La conversion n’annule pas le mariage hindou », 18 février 2016, http://www.pakistanherald.com/article/9641/18-february-2016/conversion-will-not-annul-a-hindu-marriage

[15] Pakistan Christian Post, «Le tribunal engage une poursuite contre le kidnappeur d’une fille chrétienne¸20 février 2016, http://www.pakistanchristianpost.com/detail.php?communityid=255#sthash.ekhxEnb8.dpuf

[16] Églises d’Asie, « Chrétiens persécutés : fuir ou rester ? », 15 septembre 2015, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-09-15-chretiens-persecutes-fuir-ou-rester

[17] Églises d’Asie, « Lahore : arrestations en masse de chrétiens suite aux attentats contre les églises », 24 mars 2015, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2015-03-24-lahore-arrestations-en-masse-de-chretiens-suite-aux-attentats-contre-les-Églises

[18] Églises d’Asie, « Les autorités de l’Église catholique dénoncent la lenteur des poursuites engagées contre les responsables des émeutes meurtrières du 1er août 2009 », 16 septembre 2009, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/2009-09-16-les-autorites-de-lÉglise-catholique-denoncent-la

[19] Églises d’Asie, « Un haut magistrat demande pardon aux chrétiens pour les émeutes de Shantinagar », 16 avril 1997, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/1997-04-16-un-haut-magistrat-demande-pardon-aux-chretiens.

[20] Radio Vatican, « Paul Bhatti, l’espoir d’un Pakistan guéri de l’islamisme », 6 avril 2016, http://fr.radiovaticana.va/news/2016/04/06/paul_bhatti,_lesp%C3%A9rance_dun_pakistan_gu%C3%A9ri_de_lislamisme/1220786

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