Slovénie

Chiffres clés

Superficie :
20 273 km2

Population :
1 960 000 (recensement de 2002)

Chrétiens :
Catholiques : 57,8 %
Orthodoxes : 2,3 %
Autres chrétiens : 0,9 %

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Après la sécession du pays de la Yougoslavie fédérale, la Constitution de 1991 de la Slovénie nouvellement indépendante stipule la liberté de religion et la séparation de l’Église et de l’État.

En 2007, le parlement slovène a adopté une nouvelle loi, la Loi sur la liberté religieuse. L’article 4 de la loi proclame la neutralité de l’État en matière de religion ; l’article 5 définit les Églises et les communautés religieuses comme des « organisations d’intérêt général ». L’article 29 stipule des possibilités supplémentaires en ce qui concerne le financement public des communautés religieuses. Pour être enregistrée, une communauté religieuse doit être active en Slovénie depuis au moins 10 ans et avoir au moins 100 membres adultes.

Selon le Bureau des communautés religieuses[1], 43 communautés religieuses sont enregistrées en Slovénie, parmi lesquelles on retrouve l’Église catholique romaine, l’Église luthérienne, la Communauté juive de Slovénie, l’Union des Églises baptistes, l’Église orthodoxe serbe, la Communauté religieuse islamique, l’Église pentecôtiste, l’Église chrétienne adventiste, les Témoins de Jéhovah, l’Église néo-apostolique, l’Église libre, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l’Église de l’unification, la Communauté nationale bahaïe, la Communauté chrétienne de la réforme, la Communauté orthodoxe macédonienne « Saint-Clément d’Ohrid », le Bouddha Dharma, l’Église de scientologie, et la Communauté religieuse hindoue.

Plus de 75 % des communautés religieuses enregistrées peuvent être classées comme de nouveaux mouvements religieux (NMR). De nombreux NMR ne sont pas officiellement enregistrés en tant que communautés religieuses, mais plutôt comme des associations. Entre 70 et 100 NMR sont actifs dans le pays selon des recherches sur les nouveaux mouvements religieux et spirituels en Slovénie[2].

Les communautés religieuses peuvent fonder des établissements d’enseignement et des écoles à tous les niveaux. Les écoles publiques de Slovénie n’offrent pas de cours d’éducation religieuse. Cependant, on est en train d’introduire ‘religions et éthique’ comme matière dans le programme de l’école primaire, dans le but d’enseigner aux écoliers des éléments des principales religions du monde.

La seule institution d’enseignement supérieur à caractère religieux en Slovénie est la Faculté de théologie de l’Église catholique romaine, qui fait partie de l’université.

La télévision nationale a un comité de rédaction pour la programmation religieuse. Les communautés religieuses ont un représentant au sein du Conseil de la radio et de la télévision nationales.

L’Église catholique romaine est de loin la principale religion, avec environ 57 % des citoyens slovènes. Le pays est divisé en six diocèses et comprend deux archidiocèses, Maribor et Ljubljana, la capitale. La Conférence des évêques slovène a été fondée en 1993. La Slovénie a signé un accord avec le Saint-Siège en 2001, réglant des questions spécifiques entre l’État et l’Église catholique[3]. À l’heure actuelle, on compte 785 paroisses en Slovénie, dirigées par environ 1 050 prêtres et 11 évêques[4]. L’Église possède plus de 2 900 églises et chapelles. Elle détient 80 % de tous les bâtiments classés au patrimoine national. Le gouvernement s’est prononcé dans environ 99 % des 1 191 demandes de dénationalisation pour les biens catholiques nationalisés après la Seconde Guerre mondiale.

Selon le rapport de 2015 de l’Église catholique slovène, le nombre de catholiques en Slovénie est à la baisse. L’étude indique aussi une baisse dans le nombre de prêtres et de mariages religieux. Parmi les autres communautés religieuses, les deux plus importantes sont les orthodoxes (46 000), et les musulmans (47 500). Les orthodoxes sont principalement des Serbes, tandis que les musulmans sont en grande partie des Bosniaques et des Albanais du Kosovo.

Le premier centre d’éducation islamique du pays a ouvert en 2013. Après une lutte de plusieurs décennies pour construire une mosquée à Ljubljana, une cérémonie d’inauguration a eu lieu en 2013. La mosquée, avec son centre islamique, devrait être complétée d’ici la fin de 2017 à un coût d’environ 35 millions d’euros. 80 % des fonds viennent d’Arabie Saoudite et du Qatar. Toutefois, en février 2016, des inconnus ont jeté des têtes de porc dans le chantier de construction du centre islamique. La police avait déjà enquêté sur un événement similaire le mois précédent, traitant le dernier incident comme un crime haineux, de violence et d’intolérance en vertu de l’article 297 du Code pénal.

La Slovénie compte également 16 000 protestants de plusieurs dénominations. La plus grande est l’Église chrétienne évangélique (14 700 adeptes), surtout dans l’est du pays. Ses origines remontent à la Réforme du 16e siècle.

L’Organisation mondiale juive pour la Restitution des biens (World Jewish Restitution Organisation) a continué à négocier avec le gouvernement pour régler un petit nombre de demandes de restitution toujours en cours. On estime la population juive de Slovénie à 400 personnes, séfarades et ashkénazes confondus.

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Les Slovènes vivent aujourd’hui dans des conditions relativement pluralistes en matière de religion. Même si les nouveaux mouvements religieux restent marginaux, on aurait de la difficulté à trouver des violations de la liberté religieuse. Toutefois, cela ne signifie pas que l’atmosphère religieuse en Slovénie n’est pas sans tensions.

La religiosité a diminué de façon considérable chez les jeunes slovènes. Seulement environ un tiers de ceux qui se définissent catholiques croient dans les dogmes chrétiens fondamentaux. Le nombre de personnes recevant les sacrements, y compris la communion, la confirmation et le mariage, est à la baisse aussi. Un nombre important de ceux qui se disent catholiques ont adopté des éléments du courant spirituel du New Age, y compris des dirigeants et d’autres personnalités influentes. Aujourd’hui, la foi des catholiques slovènes est une version plus intense du phénomène d’« appartenance sans foi » qu’on retrouve à travers l’Europe. L’Église attribue cette tendance à des changements de style de vie et à une sécularisation croissante.


[1] Registre des Églises et des autres communautés religieuses de République de Slovénie (Bureau des communautés religieuses).

[2] Aleš Črnič et Lesjak, 2006.

[3] L’Assemblée nationale de Slovénie a ratifié l’accord entre la République de Slovénie et le Saint-Siège sur les questions juridiques le 28 janvier 2004 (Journal officiel de la République de Slovénie – MP, 4/04).

[4] Rapport de 2015 de l’Église catholique slovène.

 

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