Tunisie

Chiffres clés

Population:10,594,000
Superficie:163,600 km2
Réfugiés (immigrés)*:940
Réfugiés (émigrés)**:1,250
Déplacés internes:-

* Réfugiés étrangers vivant dans le pays
** Citoyens du pays vivant maintenant à l’étranger.

Présentation

Les chrétiens ne représentent en Tunisie qu’une très petite minorité de 25 000 personnes. La plupart des chrétiens sont des ressortissants étrangers qui appartiennent à l’Église catholique. Celle-ci a plusieurs églises paroissiales dans le pays et gère plusieurs écoles privées ainsi qu’une clinique à Tunis. On estime qu’il y a environ 1 500 chrétiens tunisiens. Mais d’après le site Internet Direct Info[1], les Tunisiens convertis au christianisme seraient au nombre de 12 000 (31/12/2013).On trouve aussi en Tunisie une petite communauté juive ancienne estimée à 1 500 personnes. Elle a une synagogue à Djerba, et le grand rabbin perçoit un salaire du gouvernement tunisien.

Après la chute du régime du président Ben Ali en janvier 2011, l’Assemblée nationale constituante a rédigé une nouvelle Constitution, approuvée par le Parlement le 26 janvier 2014 par 200 voix sur 216, et entrée officiellement en vigueur le 7 février. Ce texte est le résultat d’un compromis entre les islamistes du mouvement Ennahda (Renaissance) qui avaient remporté les élections législatives en 2011 et les militants libéraux et laïcs. Tout de suite après ce vote, le gouvernement dominé par Ennahda a démissionné, et il a été remplacé par un gouvernement formé en majorité de démocrates.

Le préambule de la Constitution proclame la fidélité du peuple tunisien « aux enseignements de l’islam, à son héritage culturel et à l’accomplissement universel de la civilisation humaine ».

La Constitution définit l’identité de la Tunisie en ces termes : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain. L’islamest sa religion, l’arabe sa langue et la république son gouvernement » (article 1), suivi de l’article 2 qui déclare : « La Tunisie est un État à caractère civil basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit ». La charia n’est pas mentionnée comme source de la loi.

En ce qui concerne la liberté de religion, la Constitution attribue à l’État le rôle de gardien de la religion. Il doit garantir la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes (article 6). Les islamistes ont tenté d’introduire le crime d’apostasie, mais leur proposition a été rejetée par l’assemblée constituante. Néanmoins, le texte constitutionnel est ambigu. Comme l’islam y est défini comme la religion de la Tunisie, on peut se demander si les musulmans qui souhaitent se convertir à une autre religion ont la liberté de le faire et s’ils ont la protection de l’État.

Jusqu’en 2011, la Tunisie n’imposait pas de sanctions pénales aux convertis (on estime à près de 1 000 le nombre de ceux qui sont devenus chrétiens) qui sont cependant contraints de pratiquer leur nouvelle religion en secret.De ce point de vue, l’avenir semble incertain. Un professeur de l’université de Tunis a affirmé : « Le texte de la Constitution n’est pas suffisant en soi pour garantir ces libertés. Il faudrait mettre en place de nouvelles protections juridiques et institutionnelles et des mécanismes de contrôle »[2].

Cela dit, depuis la victoire électorale du parti Ennahda, l’hostilité vis-à-vis du christianisme s’est accrue, ce qui rend la vie difficile aux chrétiens convertis. Yassine, un chrétien de Carthage, a confié : « Il n’est pas possible de parler de sa religion sans être rejeté sur son lieu de travail et même par sa propre famille. Sous Ben Ali, la situation n’était pas vraiment bonne, mais nous avions, jusqu’à un certain point, la liberté de pratiquer notre religion. Maintenant nous avons peur »[3].


[1] http://directinfo.webmanagercenter.com/

[2]Asma Nouira, a professor at the University of El-Manar in Tunis, La Croix, 28 janvier 2014

[3]Valeurs actuelles, 13/6/2013

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