Venezuela

Chiffres clés


http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_238_2.asp (consulté le 9 mai 2016)
http://www.pewforum.org/interactives/global-christianity/#/Venezuela,Catholic (consulté le 9 mai 2016)
http://www.bbc.com/news/world-latin-america-19649648 (consulté le 9 mai 2016)

Superficie :
881 050 km2

Population :
30 000 000

Chrétiens :
Catholiques : 77,6 %
Autres chrétiens : 14,9 %

Spiritualistes : 1 %
Autres : 2,3 %

Contexte

Dans son préambule, la Constitution du Venezuela invoque la protection de Dieu dans le but suprême de reconstruire la République afin d’établir une société démocratique et, entre autres, de garantir le droit à l’égalité sans discrimination ou subordination. La Constitution stipule également que tout le monde est égal devant la loi. Par conséquent, aucune discrimination n’est autorisée sur le fondement de la race, du sexe, de la religion, du statut social ou d’autres facteurs, ou dans le but de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance et l’exercice égal des droits et libertés des personnes. Elle indique, en outre, que tout le monde a le droit d’exprimer ses pensées ou opinions librement, ouvertement et sans censure. L’anonymat n’est pas autorisé, ni la propagande de guerre ou des messages discriminatoires ou ceux qui incitent à l’intolérance religieuse. La Constitution garantit l’indépendance et l’autonomie des Églises et des groupes religieux. Les parents ont le droit d’accorder à leurs enfants une éducation religieuse, conformément à leurs convictions. Les individus peuvent éviter de se conformer à la loi en invoquant leurs croyances religieuses, mais ils ne peuvent pas empêcher quiconque d’exercer leurs droits. Toute personne a droit à la liberté de conscience et au droit de l’exprimer. Nul ne peut invoquer l’objection de conscience pour éviter de se conformer à la loi ou empêcher les autres de s’y conformer ou d’exercer leurs droits.

Pour ce qui a trait à la protection du travail, toutes les formes de discrimination fondées sur la politique, l’âge, la race, le sexe, la croyance ou toute autre condition sont interdites. En ce qui concerne les droits des peuples autochtones, l’État reconnaît leurs droits à leurs propres organisations sociales, politiques et économiques, et à leurs propres cultures, coutumes, langues et religions. De même, ils ont le droit de maintenir et de promouvoir leurs identités ethniques et culturelles, leurs visions du monde, leurs valeurs et leurs lieux sacrés de culte[1].

 

Incidents

En septembre 2014, au cours d’un atelier sur la conception d’un « système éducatif socialiste », l’archidiocèse de Caracas a critiqué la prière « Chávez nuestro » (Notre Chavez), comme une soi-disant nouvelle version de la prière du Seigneur[2]. En octobre 2014, les anciens résidents du village de Carmen de Uria ont protesté avec des banderoles et des slogans lorsque le gouvernement régional a annoncé que leur église, l’un des rares bâtiments encore debout après la tragédie Vargas en 1999, serait transformée en un refuge pour sans abri et un établissement de réadaptation des drogués[3].

En février 2015, le Conseil évangélique du Venezuela a rejeté les accusations d’espionnage formulées par le président Nicolás Maduro contre quatre missionnaires américains. Le Conseil a soutenu que tout ce que ces missionnaires faisaient n’était que du travail humanitaire inspiré par les valeurs chrétiennes les plus élevées[4]. En juin 2015, la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques du Venezuela a émis une déclaration exprimant sa préoccupation au transfert soudain de Daniel Ceballos, ancien maire de San Cristobal, à un autre centre de détention, sans en informer ses proches et ses avocats. L’ancien maire Ceballos et le chef de l’opposition Leopoldo Lopez ont fait une grève de la faim à la fin du mois de mai. La Commission a appelé les autorités vénézuéliennes à veiller à ce que toutes les personnes détenues pour des raisons politiques aient accès à un médecin de leur choix, ainsi qu’à leurs proches, aux équipes juridiques et aux agences humanitaires comme la Croix-Rouge[5].

En juin 2015, le jour de la Fête des pères, le cardinal Jorge Urosa Savino, archevêque de Caracas, a envoyé une lettre au chef de l’opposition Leopoldo Lopez, lui demandant d’arrêter sa grève de la faim pour raison de santé et de poursuivre sa lutte pour la liberté et la démocratie[6]. En juillet 2015, le président de la Conférence des évêques catholiques, Mgr Diego Padron, a appelé les citoyens à participer aux élections législatives, notant que les élections offrent une occasion importante de remodeler la vie économique et sociale du pays[7]. De même, au mois de novembre suivant, la Conférence des évêques catholiques a publié une déclaration sur les élections à l’Assemblée nationale du Venezuela, en disant que les Vénézuéliens devaient être conscients de la grande responsabilité liée au droit de vote[8].

En août 2015, la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques a publié une déclaration exprimant sa profonde préoccupation face à diverses allégations de violations graves des droits de l’Homme dans le cadre du Décret de suspension des garanties constitutionnelles, en vigueur dans plusieurs municipalités le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela. La Commission avait reçu des rapports affirmant que des ressortissants colombiens avaient été massivement déportés sans préavis, qu’ils avaient été forcés de partir soudainement sans leurs effets personnels ni nourriture, que les familles avaient été séparées et que la force excessive et disproportionnée avait été utilisée. Leur déclaration s’est conclue par un rappel aux autorités qu’elles avaient l’obligation de garantir les droits humains de tous, y compris ceux des étrangers relevant de leur compétence[9].

En septembre 2015, les évêques de Colombie et du Venezuela ont publié une déclaration conjointe de fraternité, appelant à la paix entre les deux nations, et à l’unité et à la solidarité suite au différend frontalier opposant leur pays[10]. En octobre 2015, les États-Unis ont exprimé leur vive préoccupation face à la persécution généralisée des groupes religieux au Moyen-Orient, en Afrique sub-saharienne et en Asie. Le Département d’État américain, dans son rapport sur la liberté religieuse, a noté que l’intolérance religieuse et l’hostilité, combinées à d’autres exigences politiques, économiques ou sociales, ont souvent conduit à la violence. Le Département d’État américain a mentionné le Venezuela comme l’un des pays d’Amérique latine où les dirigeants et les militants sont demeurés solides malgré diverses restrictions, harcèlement et emprisonnement[11].

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Le Venezuela traverse une profonde crise politique et sociale. Son bilan en matière des droits est constamment réévalué. Dans ce contexte, l’Église catholique est un participant actif à travers des déclarations publiques sur des questions pertinentes, des appels au respect des droits de l’homme et son encouragement auprès des citoyens à exercer leurs devoirs civiques. Par rapport à la période précédente, les années 2014 à 2016 ont été témoins d’incidents qui suggèrent un courant d’intolérance ou de discrimination religieuse. Les problèmes politiques, économiques et sociaux du pays ont monopolisé l’attention. L’Église catholique a travaillé pour la paix et la réconciliation et, malgré tout, dans une certaine mesure, les perspectives pour la liberté religieuse semblent s’être améliorées.

 


[1] http://www.cne.gob.ve/web/normativa_electoral/constitucion/titulo3.php (consulté le 12 avril 2016).

[2] http://cnnespanol.cnn.com/2014/09/03/arzobispado-de-caracas-rechaza-el-chavez-nuestro-y-sugiere-que-es-pecado-de-idolatria/#0 (consulté le 12 avril 2016), comparé avec http://derechoyreligion.uc.cl/es/docman/boletin-juridico/2014/34-bj-sept-2014/file (consulté le 13 avril 2016).

[3] http://www.eluniversal.com/noticias/caracas/carmen-uria-luchan-por-preservar-iglesia_102394 (consulté le 12 avril 2016).

[4] http://consejoevangelico.org.ve/?p=2102 (consulté le 12 avril 2016).

[5] http://www.cev.org.ve/index.php/noticias/121-comunicado-violacion-de-los-ddhh-de-ceballos-y-presos-politicos (consulté le 14 avril 2016).

[6] http://www.arquidiocesisdecaracas.com/iglesia_comu/popup_noticias/noticias_210615.html (consulté le 12 avril 2016).

[7] http://www.eluniversal.com/noticias/opinion/iglesia-politica_28861 (consulté le 13 avril 2016).

[8] http://www.celam.org/noticelam/detalle.php?id=MTcwNQ (consulté le 13 avril 2016).

[9] http://www.cev.org.ve/index.php/noticias/134-comunicado-de-la-comision-de-justicia-y-paz-de-la-cev-sobre-la-actual-situacion-en-la-zona-fronteriza-colombo-venezolana (consulté le 13 avril 2016).

[10]http://redamazonica.org/wp-content/uploads/2015/09/Mensaje-Obispos-Colombia-y-Venezuela.pdf

[11] http://elvenezolanonews.com/old/?p=253172 (consulté le 13 avril 2016).

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