Vietnam

Chiffres clés

Superficie :
331 000 km²

Population :
89 700 000


Chrétiens :
Ccatholiques : 8 %
Protestants : 2 %
Caodaïstes : 4 %

Autres : 1 %

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

À l’instar de presque tous les régimes communistes, le Vietnam dispose d’une série de lois et règlements qui, en théorie, semblent respecter les principes fondamentaux de la liberté religieuse. Toutefois, la réalité pour les personnes œuvrant sur le terrain au Vietnam est très différente.

Dans son 16e rapport sur la liberté religieuse dans le monde, publié le 2 mai 2016, le Département d’État américain a une fois de plus recommandé à son gouvernement de mettre le Vietnam sur la liste des pays particulièrement préoccupants (PPP) en matière de liberté religieuse. Le Vietnam avait déjà été placé sur cette liste en 2004 et 2005. Il a ensuite été retiré en 2006, peu de temps avant l’admission du pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Vietnam s’est donc retrouvé sur cette « liste de la honte » aux côtés des pays comme l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord, et le Pakistan, au moment même où le président américain Barack Obama faisait une visite d’État au Vietnam les 26 et 27 mai 2016.

Depuis quelque temps, le secrétariat de l’Assemblée Nationale a préparé un projet de loi  « sur les croyances et la religion » ; il devait être débattu à partir de septembre 2016 par les nouveaux députés élus lors des élections de mai 2016. Cependant, lors d’une consultation en 2015, les représentants des différentes religions ont exprimé leur désapprobation. La Conférence des évêques catholiques du pays a rejeté la majeure partie du document.

 

Le « Rapport politique » du 12e Congrès du Parti communiste vietnamien

Il est intéressant de creuser le fond de la pensée des dirigeants vietnamiens à l’égard de la religion et de la liberté religieuse. Lors de sa réunion du 20 au 28 janvier 2016, tenue juste avant la fête du Têt (Nouvel An lunaire), le 12e Congrès du Parti communiste vietnamien a adopté un « Rapport politique ». Ce document offre certains éclaircissements, quant à la pensée des plus hauts dirigeants du pays et du parti. Un court paragraphe est consacré à la politique du gouvernement sur la religion : « [Nous allons] continuer à compléter les politiques et les lois sur les croyances, sur les religions conformes aux positions du Parti, à faire respecter les valeurs morales et culturelles des religions ; à encourager les organisations religieuses, les dignitaires et les fidèles à « avoir une bonne vie sociale et une bonne vie religieuse », en contribuant activement à la construction nationale et à la défense. [Nous allons] faire attention aux organisations religieuses et nous faciliterons la pratique de leurs religions, conformément aux chartes et règlements des organisations respectives, tels qu’ils sont reconnus par l’État et en conformité avec les lois. En même temps, [nous allons] prendre des initiatives en matière de prévention – et [nous allons] être déterminés dans la lutte contre – des actes qui agressent des croyances, des religions trompeuses qui provoquent la séparation et endommagent le grand bloc de l’union nationale. »

Ce bref résumé des approches du Parti envers la religion pour le nouveau plan quinquennal ne contient rien de nouveau. Dans la première section, il confirme que le Parti communiste vietnamien a abandonné la doctrine stricte du marxisme-léninisme à l’égard de la religion. Depuis 1990, la religion n’est plus traitée comme si elle était destinée à périr et disparaître. Au contraire, elle est considérée comme un élément positif de la culture traditionnelle. Néanmoins, elle est également considérée comme une épée à double tranchant qui, tout en étant capable de contribuer à l’amélioration de la société, a également le pouvoir de saboter l’unité nationale. La section sur la religion est brève ; sans aucun doute, les autorités ne souhaitaient pas anticiper les débats qui auraient eu lieu à partir de septembre 2016 à l’Assemblée nationale lors du vote sur la future loi sur les croyances et la religion.

 

Le rôle des religions : « édifier et défendre la patrie »

On trouve un article plus détaillé sur cette question religieuse dans un texte paru le 27 février 2016 dans le Journal de la Défense nationale, qui évalue le rôle des communautés religieuses dans la vie nationale[1]. Le titre de l’article est significatif : « Les religions au Vietnam et leur mission : édifier et défendre la patrie ».L’article commence par évaluer l’importance du monde religieux vietnamien dans le cadre de la stratégie politique pour la défense du pays, avec quelques allusions assez transparentes à la menace de la Chine. Il cite des statistiques qui, en fait, ne correspondent pas aux statistiques officielles pour les religions en question. Selon le Journal de la Défense nationale, il y a 30 millions de croyants vietnamiens au sein d’une population totale de près de 90 millions, en d’autres termes, un tiers de la population. Selon ces chiffres, le bouddhisme a plus de 10 millions d’adhérents, le catholicisme plus de 6 millions, le protestantisme 1 million, la religion Cao Dia 3 millions, le bouddhisme Ho Ha 4 millions, etc. De toute évidence, il est difficile de vérifier de telles statistiques.Selon l’auteur de l’article, le bon fonctionnement de ce rassemblement disparate de communautés religieuses, et leur intégration au sein de la société, sont tributaires de la bonne gestion du Parti. L’article énumère les diverses résolutions et directives du comité central à l’égard de la religion à partir de 1990. Les directives les plus récentes sont extraites du rapport politique élaboré pour le 12e Congrès du Parti.Dans sa dernière partie, l’article passe en revue les différents services éducatifs, sociaux et caritatifs rendus à la société par les organisations religieuses. Il fournit une longue liste d’institutions gérées par les communautés religieuses. Par exemple, dans le domaine de l’éducation, en octobre 2014, on comptait 270 écoles primaires privées et plusieurs centaines de classes d’école maternelle. Ces institutions privées ont admis environ 125 000 jeunes enfants, ou en d’autres termes, environ 3 % des jeunes enfants de cet âge.

 

Les relations étroites entre les forces de sécurité publique et le Bureau des affaires religieuses

En lisant la documentation officielle, on pourrait penser que la situation des religions est plus ou moins idéale. Force est de constater que les autorités continuent d’exercer une surveillance étroite sur la religion au Vietnam. Une récente nomination est très significative. Le 10 février 2016, après le 12e Congrès du Parti, le Premier ministre a promu  le lieutenant-général Pham Dung – directeur du Bureau gouvernemental des affaires religieuses – au poste de secrétaire d’État à la Sécurité publique[2]. Cette nomination souligne les liens étroits entre le Bureau des affaires religieuses et les forces de sécurité publique. Elle indique également le rôle central joué par le Bureau des affaires religieuses, fondé en 1955. L’objectif était alors d’exercer un contrôle sur les religions Depuis les années 1990, ce Bureau a pris encore plus d’importance, même si les autorités ont abandonné la politique marxiste stricte de la répression religieuse pour adopter une politique de contrôle strict de la religion.

 

Quelques difficultés pratiques

Les interventions des autorités de l’État – parfois violentes – varient beaucoup à travers le pays.On peut discerner quatre catégories de difficultés rencontrées par les communautés religieuses au Vietnam[3] :1) Les individus et les organisations religieuses, considérés par les autorités comme une menace pour le gouvernement ou le Parti communiste, sont les plus menacées. Les organisations religieuses sont souvent contraintes de renoncer à leur mission si elles veulent survivre au Vietnam. Cela signifie abandonner leur soutien à tout ce qui pourrait être perçu comme contraire à la ligne politique du Parti, par exemple, les enjeux de démocratie et des droits de l’homme. Les militants, y compris catholiques et protestants, qui défendent ouvertement les libertés fondamentales, sont susceptibles d’être emprisonnés. En 1980, la Conférence des évêques catholiques du Vietnam a publié une lettre pastorale indiquant que les bons catholiques devraient également être de bons citoyens. Cette lettre a fait plaisir aux représentants du gouvernement et elle a ouvert la voie à une politique moins restrictive de l’État. De la même manière, les dirigeants musulmans ont souligné que leur religion exige des croyants de respecter les lois de leur pays, dans la mesure où ils ne militent pas contre leur croyance en un seul Dieu et n’interfèrent pas avec leur devoir de prier. La Congrégation catholique du Très-Saint-Rédempteur (Rédemptoristes) a été harcelée par la police après avoir organisé, au sein des murs de leur couvent, des réunions avec des dissidents. Les Rédemptoristes sont également impliqués dans un conflit foncier au sujet d’une parcelle de terrain qui a été confisquée par l’État. En 2015, un nouveau supérieur provincial a été nommé pour la Congrégation, et ce dernier a pris une position moins conflictuelle qui devrait réduire également la surveillance du gouvernement à l’encontre de la Congrégation.

2) La détermination de l’État à maintenir l’ordre public à tout prix l’emporte sur la liberté religieuse et sur beaucoup d’autres libertés. Cette attitude implique inévitablement des restrictions sévères sur l’évangélisation. Le porte-à-porte ou la distribution des brochures dans la rue ou les parcs publics peuvent entraîner une intervention de la police. Les bouddhistes et les adeptes de Cao Dia qui refusent de rejoindre les organisations financées par l’État font face à de réels dangers. Mais, surtout, ce sont ceux qui se livrent à l’évangélisation parmi les minorités ethniques des Hauts Plateaux qui font face à de grandes difficultés. Pour ne citer qu’un exemple, dans le diocèse catholique de Kondul, dans les Hauts Plateaux au centre du Vietnam, certains membres des minorités ethniques, qui s’étaient récemment convertis au christianisme, ont construit une chapelle rudimentaire fabriquée à partir de troncs d’arbres et de tôles ondulées. Mais ils n’ont pas demandé le permis des autorités civiles, et depuis lors, les autorités ont entrepris diverses tentatives afin de démolir la structure. Le 5 octobre 2015, l’évêque local, Mgr Michel Hoang Duc Anh, a écrit une lettre ouverte au président du Comité populaire de l’un des quartiers qui composent la région de son diocèse, affirmant entre autres : « Quand les gens font une demande d’autorisation, ils ne l’obtiennent pas. Les gens n’ont plus confiance dans les paroles des autorités. » D’autres groupes, tels que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et les musulmans, s’adaptent aux restrictions en limitant les conversions à ceux qui viennent leur demander des instructions au sein de leurs propres lieux de culte. De cette façon, ils évitent de provoquer une réaction du gouvernement en se livrant à un prosélytisme vigoureux.

3) En outre, il faut noter la grande latitude accordée aux autorités locales dans l’interprétation et l’application de la politique religieuse, conformément à leurs propres intérêts. Une telle latitude est une source d’imprévisibilité et d’incohérence. Certaines communautés religieuses ont la chance de mener leurs activités dans les provinces où les autorités ne font preuve d’aucune antipathie particulière envers la religion ou envers les minorités ethniques. Mais presque tous les groupes religieux sont confrontés à davantage de problèmes que dans certaines autres provinces. Beaucoup d’entre eux indiquent la région centrale des Hauts Plateaux comme l’une des zones les plus problématiques. Dans de nombreux cas, ces groupes ethniques aspirent à l’indépendance, et certains d’entre eux se sont  alliés, dans le passé, avec les Américains pour contrer les communistes. Dans ces provinces, il est difficile d’obtenir l’approbation du gouvernement pour une nouvelle église ou certaines activités religieuses. Certaines autorités locales craignent que les dirigeants religieux jouissent d’une plus grande autorité qu’elles parmi le peuple. D’autres ont tout simplement une attitude plus rétrograde, autoritaire, estimant nécessaire d’utiliser une main de fer, afin de mieux contrôler les enjeux. Cette attitude conduit parfois à des actes de brutalité policière qui, au lieu d’alléger les conflits, ne cessent de les exacerber. Et il est très rare que le gouvernement central intervienne pour protéger les communautés religieuses contre les abus commis par les autorités provinciales. Les autorités locales sont rarement tenues de rendre compte de leurs actions.

4) Étant donné qu’un état d’esprit confiant peut parfois être un facteur décisif pour surmonter les problèmes avec les autorités locales, certains chefs religieux essaient difficilement d’établir des relations personnelles avec des représentants du gouvernement. Un responsable ecclésiastique a expliqué comment, grâce à un ami policier, il a été présenté à l’agent de police responsable de la religion dans sa région. Plus tard, il a invité cet homme aux services religieux célébrés dans son église. Les organisations hiérarchiques, comme l’Église catholique par exemple, sont mieux équipées pour ce genre de relation, car les dirigeants de l’Église peuvent parler davantage aux autorités au nom de leurs fidèles. Cependant, de telles démarches sont malheureusement souvent longues et fastidieuses.

 

Incidents

Une société civile de plus en plus active pour dénoncer les atteintes à la liberté religieuse

Dans ce contexte un peu difficile, il est intéressant de noter que les informations sur les atteintes à la liberté religieuse sont de plus en plus diffusées dans le pays. Il y a quelques années, elles étaient relayées discrètement par l’intermédiaire de la diaspora vietnamienne à l’étranger. Mais maintenant, ce sont les Vietnamiens eux-mêmes qui mettent en avant ces attaques à leur liberté religieuse. C’est le cas de l’Association pour la défense de la liberté religieuse, un groupe qui a émergé de la société civile vietnamienne. Cette association a été fondée au sein des milieux catholiques dans le nord du Vietnam en 2014, et son objectif, tel que décrit dans les statuts du groupe, est d’aider chaque citoyen à exercer librement sa religion, et à s’opposer à tous ceux qui cherchent à la restreindre ou à l’obstruer. Ce groupe produit un rapport trimestriel détaillé et exhaustif des infractions commises par les autorités contre la liberté religieuse. Le rapport le plus récent de cette association a été publié le 5 février 2016[4]. Il commence par rappeler la situation particulière de la liberté religieuse au Vietnam, une nation qui abrite de nombreux groupes ethniques et de nombreuses religions. En 2013, une Constitution a été adoptée. Elle oblige les autorités et les citoyens à respecter la liberté de religion et la liberté de chacun de croire, ou de ne pas croire. En reconnaissant les conventions internationales des droits de l’homme et la signature de nouveaux accords, ceux qui sont au pouvoir se sont engagés à respecter les droits de l’homme et la liberté religieuse. En février 2016, à l’occasion de la signature de l’accord du Partenariat Trans-Pacifique (PTP) par 12 pays riverains du Pacifique, le Vietnam s’est engagé à respecter un certain nombre de droits fondamentaux.

Les auteurs du rapport ont ensuite énuméré les principales atteintes à la liberté religieuse en 2014 et 2015. D’après les statistiques religieuses compilées et diffusées par des sources gouvernementales dans le domaine de la politique religieuse, il y a 14 religions au Vietnam, 38 organisations religieuses, plus de 24 millions de croyants et quelque 78 000 « dignitaires » (ou membres du clergé) officiant dans plus de 23 000 établissements religieux. En 2014, l’Association pour la défense de la liberté religieuse a publié quatre rapports. Le nombre de violations signalées était de 11 au cours du premier trimestre, 14 au deuxième, 14 au troisième et 11 au quatrième trimestre. En 2015, les autorités civiles vietnamiennes ont commis 50 violations de la liberté religieuse. La majorité des victimes étaient des protestants, en particulier ceux qui travaillent parmi les minorités ethniques et les petites collectivités qui n’ont pas reçu l’autorisation de mener des activités religieuses. Les autorités ont empêché les adhérents de participer à un culte religieux, les ont menacés et leur ont interdit de se rassembler.

Les menaces de saisir des biens appartenant à des groupes religieux et la récupération des biens confisqués par les autorités restent parmi les questions les plus litigieuses pour les communautés religieuses. En 2015, des congrégations religieuses catholiques ont fait face à des contraintes, à des menaces ouvertes et leurs propriétés ont été saisies et confisquées. Par exemple, les Rédemptoristes ont perdu la propriété appartenant à leur monastère à Thaï Ha, à Hanoi ; les moines bénédictins ont perdu leurs terres appartenant à leur monastère de Thion An, près de Huê[5]; on a réquisitionné les bâtiments scolaires de la Congrégation des Amantes de la Croix de Thu Thiès, à Saigon[6]. Les bouddhistes aussi ont été victimes de spoliations similaires, notamment la pagode de Lien Tri.

En conclusion, le rapport de l’Association pour la défense de la liberté religieuse a examiné en détail le projet de loi prévu sur la religion qui a été rejeté à l’unanimité par les communautés religieuses du pays. Le rapport note que 35 organisations de la société civile ont signé une déclaration commune demandant au gouvernement vietnamien de modifier le projet de loi, afin de le rendre conforme aux accords internationaux relatifs aux droits de l’homme. La lettre conjointe appelle également à ce que des communautés religieuses indépendantes soient consultées, ainsi que des spécialistes internationaux, dont le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de religion et de conviction.

D’autres associations au Vietnam ont également rejoint les communautés religieuses pour dénoncer les attaques contre la liberté de religion. Tel est le cas de l’association Fédération des religions, fondée il y a plusieurs années, indépendamment des différentes hiérarchies religieuses. Elle comprend des membres du clergé et d’autres représentants des différentes religions, y compris le catholicisme, le protestantisme, le caodaïsme, le bouddhisme Ho Ha originel et le bouddhisme unifié. À plusieurs reprises depuis sa création, le groupe a publié des textes en ligne, dénonçant l’attitude des autorités gouvernementales à l’égard des religions.

La première attaque contre la liberté religieuse, enregistrée par la Fédération des religions, a eu lieu dans le diocèse catholique de Vinh, dans la province de Nahe An, le 31 décembre 2015. Le curé de la paroisse, le Père Dang Huu Nam, revenant en voiture d’une consultation médicale, a été arrêté par environ 20 hooligans qui l’ont ensuite sauvagement battu. L’incident a eu lieu devant le chef de la police locale, qui se tenait sur la route, et qui n’est nullement intervenu. Le prêtre est connu pour son soutien public à diverses causes. Par exemple, il avait protesté contre la saisie des biens de l’Église. Lorsque 14 jeunes catholiques ont été arrêtés en 2011 dans son diocèse[7], il avait immédiatement demandé leur libération. Il a reçu des menaces de mort par téléphone.

Le 9 janvier 2016, une lettre, signée par 23 pasteurs protestants, des prêtres catholiques, et d’autres dignitaires religieux représentant les religions énumérées ci-dessus, fait état d’un certain nombre de graves violations de la liberté religieuse commises par la police au cours des premiers jours de 2016. Trois incidents spécifiques ont été signalés, et l’association a lancé un appel aux autorités pour qu’elles cessent immédiatement ces violations[8].La deuxième de ces violations a été l’interdiction imposée aux adeptes du « bouddhisme Ho Ha originel », de célébrer le 96e anniversaire de la naissance de leur fondateur, le vénérable Huynh Phu So, né en 1919 dans le village de Ho Ha, dans la province de Chau Doc. La cérémonie principale devait avoir lieu le 1er janvier dans la commune de Long Gian, dans la province d’An Gian. La police a bloqué toutes les routes menant au temple et le réseau de canaux par lesquels les gens pouvaient y accéder. Dans les trois provinces de Vinh Long, An Guan et Dong Thar, la police locale a dit aux divers dirigeants et adeptes du mouvement qu’il leur était interdit d’organiser des fêtes d’anniversaire ou de les célébrer. La police a également insulté et maltraité un certain nombre de personnes âgées. Chaque année, la police répète cette même interdiction contre les célébrations de l’anniversaire du fondateur du bouddhisme Ho Ha.

Le 2 janvier 2016, des moines bénédictins catholiques du monastère de Thion An, près de Huê, ont été la cible d’un incident organisé par les autorités locales. Un groupe de 200 personnes – composé d’agents de la Sécurité publique, de la milice locale et des membres de la section locale de la Fédération des femmes d’une communauté locale – a envahi le terrain du monastère. Ils sont parvenus jusqu’à une orangeraie. Là, ils ont enlevé des arbres de pin qui avaient été récemment abattus par les moines afin de donner aux orangers une meilleure chance de croître. Quand les moines ont protesté, les assaillants ont proféré des paroles violentes et leur ont jeté des pierres. Les intrus y sont restés jusqu’au soir.  C’était la dernière d’une série de fautes commises par la police sur cette propriété depuis l’an 2000. Les autorités locales ont fait des tentatives répétées pour confisquer les terrains du monastère. Une partie importante de la propriété a déjà été confisquée et transformée en un centre de loisirs.

 

Perspectives pour la liberté religieuse

Si le gouvernement ne met pas un terme aux actes de violence et aux mauvais traitements contre les organisations religieuses indépendantes – enregistrées et non enregistrées – personne ne peut prétendre que ce pays a atteint les normes de la liberté religieuse que l’on attend d’un gouvernement, en vertu du droit international.

 


[1] Quôc Phong Toan Dân (Journal of National Defence), 25 février 2016 : “Các tôn giáo ở Việt Nam với sự nghiệp xây dựng và bảo vệ Tổ quốc ” http://tapchiqptd.vn/vi/bao-ve-to-quoc/cac-ton-giao-o-viet-nam-voi-su-nghiep-xay-dung-va-bao-ve-to-quoc/8666.html

[2] Eglises d’Asie, 12 février 2016 : « Le directeur du Bureau des Affaires religieuses est nommé secrétaire d’Etat à la Sécurité publique » (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/2016-02-12-le-directeur-du-bureau-des-affaires-religieuses-est-nomme-secretaire-d2019etat-a-la-securite-publique)

[3] Cette section emprunte beaucoup à l’article ci-dessous écrit par le Père Thomas J. Reese, SJ , et Mary Ann Glendon , dans le magazine hebdomadaire jésuite America: America , le 29 février 2016 : « Rapport en provenance du Vietnam : la lutte entre le gouvernement et la religion »

(http://americamagazine.org/issue/report-vietnam )

[4] Tin Mung Cho Nguoi Ngheo, 5 février 2016 : « Báo cáo tổng kết về tình hình Tự do Tôn giáo ở VN năm 2015 » (http://www.tinmungchonguoingheo.com/blog/2016/02/05/bao-cao-tong-ket-ve-tinh-hinh-tu-do-ton-giao-o-vn-nam-2015)

[5] Eglises d’Asie, 23 février 2015 : « Huê : incertitude sur l’avenir d’un monastère bénédictin menacé par l’extension d’un parc touristique » (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/2015-02-23-hue-incertitude-sur-l2019avenir-d2019un-monastere-benedictin-menace-par-l2019extension-d2019un-parc-touristique )

[6] Eglises d’Asie, 6 novembre 2015 : « Les Amantes de la Croix persistent dans leur résistance à l’expropriation et portent plainte » (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/2015-11-06-les-amantes-de-la-croix-persistent-dans-leur-resistance-a-l2019expropriation-et-portent-plainte )

[7] Eglises d’Asie, 25 février 2012 : « Les étudiants catholiques de Vinh condamnés » (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/2012-05-25-les-etudiants-catholiques-de-vinh-condamnes )

[8] Eglises d’Asie, 14 janvier 2016 : « Un début d’année marqué par de graves atteintes à la liberté religieuse » (http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/vietnam/2016-01-14-un-debut-d2019annee-marque-par-de-graves-atteintes-a-la-liberte-religieuse)

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