Angola

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 93.2%

Animistes : 4.8%

Musulmans : 1.1%

Autres : 0.9%

Superficie : 1246700 m2

Population : 25831000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La Constitution de 2010, ainsi que d’autres lois et politiques, protègent la liberté religieuse en Angola, qui se définit comme un État laïc. La Constitution respecte le principe de la séparation entre la religion et l’État et reconnaît que les confessions religieuses doivent être respectées. L’article 10 (alinéa 2) dispose que : « L’État reconnaît et respecte les différentes confessions religieuses, qui peuvent librement s’organiser et exercer leurs activités, à condition qu’elles respectent la Constitution et les lois de la République d’Angola. »1 « L’État protège les Églises et les confessions religieuses ainsi que leurs lieux et objets de culte si elles ne portent pas atteinte à la Constitution ni à l’ordre public et sont conformes à la Constitution et à la loi » (article 10, alinéa 3). L’article 41 prévoit également la liberté de conscience, de religion et de culte et reconnaît le droit à l’objection de conscience. Enfin, cet article dispose que « nul ne peut être interrogé par une autorité au sujet de ses convictions ou pratiques religieuses, sauf pour la collecte de données statistiques ne permettant pas l’identification individuelle » (article 41, alinéa 4).

La loi numéro deux de 2004 exige que tous les groupes religieux demandent un statut juridique auprès des ministères de la justice et de la culture. L’une des conditions est d’avoir un minimum de 100 000 adeptes et une présence dans au moins 12 des 18 provinces du pays. Cette politique a donné lieu, de facto, à un déni de reconnaissance officielle de certains groupes religieux minoritaires, y compris les musulmans, et de certaines petites Églises évangéliques qui, cependant, ont le droit d’accomplir en public des actes de culte.1

Seuls les groupes officiellement inscrits ont le droit de disposer de leurs propres écoles et lieux de culte.

Le gouvernement reconnaît le Vendredi Saint et Noël comme jours religieux fériés.

Les Églises ont toute liberté pour évangéliser, faire la catéchèse et exploiter des stations de radio et organes de presse écrite. Au cours des dernières années, certains groupes religieux minoritaires se sont plaints que l’Église catholique soit favorisée par les fonctionnaires du gouvernement sous l’influence du MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola).

Incidents

En janvier 2018, le nouveau Président, João Lourenço, a autorisé la radio catholique « Radio Ecclesia » à diffuser à l’échelle nationale. Jusqu’à cette date, cette station de radio n’était autorisée à diffuser que dans la capitale, Luanda. Le porte-parole de la Conférence épiscopale catholique de l’Angola, Mgr José Manuel Imbaba, a salué la décision comme étant « la fin d’une grande injustice » et a félicité le Président pour « son courage politique ».1

Au cours de la période visée par le rapport, les musulmans ont continué de se plaindre de ce qu’ils décrivent comme un traitement injuste et une discrimination, y compris de la déportation d’immigrés musulmans originaires de pays d’Afrique de l’Ouest. Les autorités ont rejeté ces allégations, en faisant observer qu’elles n’avaient pris que des mesures destinées à appliquer les lois sur la sécurité nationale face à la menace de l’extrémisme islamique dans le pays, et à mettre en œuvre strictement les politiques du gouvernement en matière d’immigration.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants a noté dans son rapport de 2017 sur l’Angola que « les différences culturelles majeures entre les Angolais et leurs homologues d’Afrique de l’Ouest ont suscité une image négative des personnes de confession musulmane. [. . .] Le gouvernement n’a pas encore réagi publiquement pour aider à mettre fin aux inquiétudes de ses citoyens à propos des musulmans pratiquants et de la nécessité d’accueillir la diversité au sein de la société. [. . .] Dans certains cas, ce sont les fonctionnaires publics qui utilisent des termes négatifs lorsqu’ils font référence aux immigrés, et incitent à avoir peur des immigrés de religion musulmane ».2

Perspectives pour la liberté religieuse

L’Angola a tenu sa dernière élection générale en août 2017. Avant le vote, le Président José Eduardo Dos Santos a pris sa retraite après 40 ans. Il a été remplacé par le nouveau candidat du MPLA, João Lourenço. Au cours de ses premiers mois de mandat, ce dernier a annoncé que les politiques qu’il mènerait comprendraient le respect de l’État de droit et des droits de l’homme fondamentaux. Le droit à la liberté de religion est respecté à bien des égards, mais le statut flou des musulmans et des autres petites confessions reste une question ouverte. Bien qu’ils ne souffrent pas de persécutions ouvertes, leur situation demeure une source de préoccupation en ce qui concerne la liberté religieuse.

 


  1. Constitution de la République d’Angola : http://www.wipo.int/wipolex/fr/text.jsp?file_id=196465
  2. Assemblée Générale des Nations Unies, Rapport du Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants sur sa mission en Angola, 25 avril 2017, paragraphe 67, page 13, https://reliefweb.int/report/angola/rapport-du-rapporteur-sp-cial-sur-les-droits-de-l-homme-des-migrants-sur-sa-mission-en