Comores

Chiffres clés

Légende :

Musulmans : 98.3%

Animistes : 1%

Autres : 0.7%

Superficie : 2235 m2

Population : 807000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Selon la Constitution de 2001, l’Islam est religion d’État.((‘Comoros’, ARDA (Association of Religion Data Archives), http://www.thearda.com/internationalData/countries/Country_56_6.asp)) Le préambule de la Constitution affirme l’égalité de tous en droits et devoirs sans distinction de sexe, d’origine, de race, de religion ou de croyance.((Ibid.)) La religion relève de la compétence exclusive de l’Union (article 9).((Ibid.))

Tous les courants islamiques ne sont pas autorisés aux Comores. Selon le Ministère de l’Intérieur, seul le rite sunnite chaféite de la doctrine Ahli Sunnat wal Djamaan, est autorisé dans le pays.((Cf. Un décret présidentiel a été pris à ce sujet au début de 2013. Plus récemment, il y a eu une note circulaire du Ministre de l’Intérieur datée du 11 octobre 2016, réimprimée dans « Islam: Seul le rite chaféite est autorisé en Union des Comores », Ndzuwani-2016 [web blog], http://ndzuwani-2016.skyrock.com/3284044682-Islam-Seul-le-rite-chafeite-est-autorise-en-Union-des-Comores.html)) Toutes formes de prosélytisme ou de propagande religieuse des religions autres que de l’école sunnite susmentionnée sont interdites. Les étrangers impliqués dans de telles activités peuvent être expulsés.

La pression et les intimidations sont constantes à l’encontre des personnes d’origine locale qui se convertissent au christianisme ; en revanche, les étrangers ne sont pas visés par cette menace.((Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Comoros, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper)) La pression pour que la population se conforme aux réglementations et coutumes musulmanes orthodoxes se ressent partout. Le gouvernement ne semble pas être impartial dans les punitions qu’il inflige aux adeptes d’autres religions.((Ibid))

Le Ministère de l’Intérieur collabore avec le Conseil national des Ulémas (Muftiat) pour améliorer le contrôle des imams et des prédicateurs, en introduisant une « carte professionnelle des prêcheurs et imams » ayant des compétences académiques et religieuses.((Ali Abdou, Al-Watwan, 19 janvier 2018, http://www.alwatwan.net/societe/religion-vers-la-mise-en-place-de-la-carte-professionnelle-des-prêcheurs-et-imams.html)) Il semble que ce mouvement soit destiné à empêcher le radicalisme religieux.

Incidents

Le 11 octobre 2016, le Ministère de l’Intérieur a interdit les pratiques non sunnites.((Cf. Ndzuwani-2016 blog, op. cit)) Les jours suivants, des ecclésiastiques chiites de Moroni et de Mutsamudu ont été provisoirement arrêtés après avoir été surpris en train de célébrer la fête de l’Achoura dans des maisons privées.((Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, op. cit.))

Le 30 novembre 2016, le Conseil des ministres a interdit la célébration de la fête de Mawlid (naissance du Prophète) dans toutes les entreprises publiques, mais a autorisé la célébration organisée par le gouvernement sur la place de l’indépendance.((Apparemment, la motivation de cette décision est plus économique que religieuse (manque de budget pour les célébrations). Voir « Les « Maoulid » bannis dans les sociétés d’État », 2 décembre 2016, La Gazette des Comores.))

Les représentants du gouvernement ont ordonné que les minarets d’une mosquée musulmane ahmadie à Anjouan soient démolis le 8 janvier 2017. Le Ministre de l’Intérieur, Mohamed Daoudou, a ordonné la démolition, accusant les ahmadis de soutenir la sédition. Le reste du bâtiment a été transformé en poste de police.((« Liberté de culte/démolition partielle d’une mosquée Ahmadiyya: Le Ministre de l’Intérieur s’explique », La Gazette des Comores, 11 janvier 2017, http://lagazettedescomores.com ; Habariza Komori, 8 janvier 2017, http://www.habarizacomores.com/2017/01/operation-de-destruction-dune-mosquee.html)) Dans une déclaration, le Ministère de la Justice et des affaires islamiques s’est distancié de cette décision.12

Le 4 avril 2017, les oulémas des Comores ont demandé au gouvernement de prendre des mesures pour empêcher les radios locales de diffuser « Yiyo Yiremwa », une chanson de l’artiste local Ali Combo, au motif que la chanson « menacerait les bonnes pratiques ».((Maoulida Mbaé, La Gazette des Comores, 13 janvier 2017, http://lagazettedescomores.com/soci%C3%A9t%C3%A9/destruction-de-la-mosqu%C3%A9e-ahmadiyya-/-le-premier-flic-d%C3%A9savou%C3%A9-par-le-minist%C3%A8re-des-affaires-religieuses.html))

Le 4 septembre 2017, les autorités du village de Nioumadzaha Bambao (Ngazidja) ont chassé un prédicateur local surnommé « pilote » après l’avoir accusé de soutenir des idées religieuses « subversives ».((Toufé Maecha, ‘Nioumadzaha Bambao : La Gazette des Comores, 4 septembre 2017, http://lagazettedescomores.com/société/nioumadzaha-bambao-un-prédicateur-chassé-du-village-pour-ses-opinions-religieuses-jugées-«-subversives-»-.html))

Vingt-huit personnes ont été condamnées le 9 septembre 2017 à une peine d’un à deux mois d’emprisonnement pour avoir célébré l’Aid-El-Kebir le vendredi 1er septembre au lieu du samedi 2 septembre, journée officiellement désignée par le grand mufti. Ils ont été accusés de menacer la cohésion sociale et l’unité religieuse.((« Comores: la justice condamne des musulmans pour avoir désobéi au grand mufti », RFI, 9 septembre 2017,  http://www.rfi.fr/afrique/20170909-comores-verdict-justice-affaire-dissidents-aid-el-kebir)) Le procureur général a souligné que les Comores n’étaient pas un État laïc.((Nazir Nazi, Al Watwan, 5 septembre 2017,  http://www.alwatwan.net/societe/f%C3%AAte-de-l%E2%80%99a%C3%AFd-el-kabir-%E2%80%9Cnous-ne-sommes-pas-un-etat-la%C3%AFc%E2%80%9D.html))

Perspectives pour la liberté religieuse

Il n’y a pas de liberté religieuse aux Comores sauf pour ce qui est du rite sunnite chaféite. Rien n’indique que cela change dans un proche avenir.