Congo – Brazzaville

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 89.5%

Animistes : 5.2%

Agnostiques : 3%

Musulmans : 1.2%

Autres : 1.1%

Superficie : 342000 m2

Population : 4741000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La République du Congo a adopté une nouvelle Constitution le 6 novembre 2015. L’article 1 affirme le caractère laïc de l’État. Conformément à l’article 8, toute forme de discrimination, y compris la discrimination fondée sur des motifs religieux, est interdite. L’article 24 dispose que la liberté de croyance et la liberté de conscience sont garanties. Le même article interdit « l’usage de la religion à des fins politiques» et « les sujétions de toutes natures imposées par fanatisme religieux».1

Les groupes religieux doivent s’inscrire et recevoir l’approbation du gouvernement. Il n’a pas été relaté de discrimination à l’encontre d’un groupe religieux ayant tenté de se faire enregistrer, quoique certains se soient plaints de la lenteur du processus. Le défaut d’enregistrement peut entraîner une amende, la confiscation des biens de l’organisme, l’annulation de ses contrats avec des tiers et l’expulsion de son personnel expatrié.

 

La minorité musulmane du pays a connu une croissance constante au cours des dernières années. Beaucoup de musulmans sont des travailleurs migrants originaires de pays d’Afrique de l’Ouest. Depuis 2014, plusieurs milliers de musulmans de la République centrafricaine sont venus en tant que réfugiés.

Il est interdit de porter un voile islamique intégral (y compris le niqab et la burqa) dans les lieux publics, selon un décret ayant force de loi. Ce même décret empêche les musulmans étrangers de passer la nuit dans les mosquées. Selon le gouvernement, il s’agit de mesures de protection contre les actes terroristes.2

L’instruction religieuse ne fait pas partie du programme scolaire des écoles publiques. Toutefois, les écoles privées sont libres de la proposer.

Le gouvernement facilite souvent l’utilisation de bâtiments publics pour des offices religieux chrétiens et musulmans. Par exemple, en août 2017, une Église évangélique a organisé une conférence dans l’enceinte du Ministère des Affaires étrangères et à l’intérieur des bâtiments du Parlement à Brazzaville.

Les fêtes religieuses suivantes sont jours fériés : le lundi de Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, la Toussaint et Noël. Les fêtes musulmanes ne sont pas des jours fériés nationaux, mais les musulmans ont l’autorisation de célébrer leurs fêtes principales, telles que l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Kebir.

Incidents

Un rapport conjoint de l’ONU et du gouvernement congolais a déclaré qu’une opération de sécurité menée par le gouvernement le 5 avril 2017 avait causé de graves dommages à un temple pentecôtiste à Soumouna, un village situé dans le département du Pool, dans le sud du pays. Le temple est dirigé par le pasteur Ntumi (Frédéric Bintsamou), dont les adeptes croient qu’il a des pouvoirs mystiques. Il a été allégué qu’il était à la tête du « Ninja/Nsiloulou », un groupe rebelle en conflit avec le gouvernement pendant la guerre civile de 1997 à 2003. Le gouvernement affirme que le pasteur Ntumi et d’anciennes milices étaient à l’origine des attaques du 4 avril 2017 contre l’armée, la police et les bureaux du gouvernement local à Brazzaville. Six semaines plus tard, le Ministre de l’Intérieur interdit les activités du pasteur Ntumi, affirmant qu’il hébergeait des milices armées et constituait une menace majeure pour la sécurité.3 Le 22 décembre 2017, les adeptes du pasteur Ntumi ont signé un accord de paix avec le gouvernement national.

Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018), il n’a pas été relaté d’incidents à motivation religieuse ou d’actions dirigées contre une communauté en raison de son identité religieuse. En règle générale, les groupes religieux étaient libres d’accomplir leurs actes de culte et d’organiser d’autres activités, sans aucune entrave. Partout dans le pays, les personnes de différentes confessions coexistent pacifiquement.((Entretien avec un prêtre de République du Congo, le 20 février 2018.

Perspectives pour la liberté religieuse

Il semble que la République du Congo continuera à respecter le droit à la liberté religieuse au cours des prochaines années. Bien que des tensions entre les chrétiens et une minorité musulmane en pleine croissance soient parfois signalées, notamment à Pointe-Noire, jusqu’à ces frictions peuvent être gérées sans incident grave. La liberté religieuse, y compris celle des minorités religieuses devraient continuer d’être respectée.

 


  1. Congo-Brazzaville, Constitution 2015, Digithèque MJP, https://www.ilo.org/dyn/natlex/docs/ELECTRONIC/100814/121082/F1693068911/COG-100814.pdf
  2. Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Congo, Republic of the’, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper
  3. RFI Afrique, 24 décembre 2017. http://www.rfi.fr/afrique/20171223-congo-brazzaville-accord-paix-pool-pasteur-ntumi-questions