Équateur

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 95.4%

Agnostiques : 3.2%

Autres : 1%

Superficie : 257217 m2

Population : 16384999 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Le préambule de la Constitution dispose : « Nous, le peuple souverain de l’Équateur, reconnaissant nos racines séculaires […], célébrant la nature, la Pacha Mama [terre mère] […], invoquant le nom de Dieu et reconnaissant nos diverses formes de religiosité et de spiritualité… ».((Constitution de 2008 de l’Équateur (en espagnol) : http://www.wipo.int/edocs/lexdocs/laws/es/ec/ec030es.pdf)) En vertu de l’article premier, le pays est décrit comme un « État interculturel, multiethnique et laïc ». L’État, conformément à l’article 3, paragraphe 4, garantit « l’éthique laïque comme base de la fonction publique et du système juridique ». Conformément à l’article 11, paragraphe 2, « nul ne peut faire l’objet de discrimination pour des raisons d’identité culturelle, […] de religion [ou] d’idéologie ».

Conformément à l’article 66, paragraphe 8, l’État reconnaît et garantit « les droits des personnes […] de pratiquer, conserver, changer, professer en public ou en privé, sa religion ou ses croyances, et de les diffuser individuellement ou collectivement, dans les limites imposées par le respect des droits d’autrui ». Au même article, l’État protège également « la pratique religieuse volontaire ainsi que l’expression de ceux qui ne professent aucune religion ». En vertu de l’article 19, « il est interdit de diffuser des publicités qui incitent […] à l’intolérance religieuse ou politique ».

L’article 57 dispose que les communautés autochtones ont « les droits collectifs […] de maintenir, protéger et développer leurs connaissances collectives, leurs sciences, leurs technologies et leur sagesse ancestrale […], le droit de récupérer, de promouvoir et de protéger les lieux rituels et sacrés » et « que la dignité et la diversité de leurs cultures [et] traditions se reflètent dans l’éducation publique et dans les médias ».

L’article 66, paragraphe 11, prévoit « le droit à la confidentialité de ses convictions [y compris] ses croyances religieuses ». Nul n’est obligé de « déclarer ses convictions ».

Conformément à l’article 28, « l’éducation publique est universelle et laïque ». L’article 29 dispose que les parents ou tuteurs sont libres de choisir l’éducation de leurs enfants, conformément à leurs croyances. En vertu de l’article 61 du code de l’enfance et de l’adolescence, l’État garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion aux enfants et aux adolescents. L’article 34 garantit le droit de chacun à préserver et développer son identité et ses valeurs spirituelles, culturelles et religieuses. Le code, à l’article 52, interdit également l’utilisation d’enfants et d’adolescents à des fins de prosélytisme politique ou religieux.((Código de la Niñez y Adolescencia, Ecuador, articles 34, 52 et 61, https://www.registrocivil.gob.ec/wp-content/uploads/downloads/2014/01/este-es-06-C%C3%93DIGO-DE-LA-NI%C3%91EZ-Y-ADOLESCENCIA-Leyes-conexas.pdf))

En 1937, le gouvernement équatorien a conclu un accord avec le Saint-Siège dans lequel il est garanti à l’Église catholique la liberté d’exercer son ministère et d’assurer l’éducation. Les diocèses catholiques et autres institutions bénéficient d’une reconnaissance juridique.((https://procuraduria.utpl.edu.ec/sitios/documentos/NormativasPublicas/GENERALES/01Modus%20Vivendi%20que%20Restablece%20Relaciones%20entre%20Ecuador%20y%20la%20Santa%20Sede.pdf))

Incidents

En juin 2017, l’Église adventiste a organisé une série de réunions pour renforcer la pratique de la liberté religieuse.((Noticias Adventistas, 20 juin 2017, https://noticias.adventistas.org/es/noticia/liberdad-religiosa/iglesia-adventista-ecuador-fortalece-la-libertad-religiosa/))

En novembre 2017, le premier Festival interreligieux de musique a eu lieu à Guayaquil. Le directeur de l’Orchestre symphonique de Guayaquil l’a décrit comme un dialogue impliquant les chœurs des nombreuses Églises et confessions de la ville.((El Telégrafo, 1er novembre 2017,https://www.eltelegrafo.com.ec/noticias/cultura/7/festival-de-musica-interreligiosa-empieza-hoy-en-la-urbe-portena))

En décembre 2017, une réunion interconfessionnelle a eu lieu sous les auspices du Ministère des Affaires étrangères. Des experts de diverses institutions ont affirmé que le dialogue interconfessionnel était une force pour la tolérance dans la société.((Agencia EFE, 16 décembre 2017,https://www.efe.com/efe/america/sociedad/proponen-en-quito-el-dialogo-interreligioso-como-formula-de-convivencia/20000013-3468942#

En décembre 2017, un concours de la meilleure crèche de Noël a eu lieu à Portoviejo. Chaque crèche affichait les traits distinctifs de chaque groupe ethnique participant. Dans les zones urbaines, des crèches vivantes ont également été réalisées avec des participants portant des vêtements indigènes, métis et afro-équatoriens.((A. García, M.V. Espinosa y W. Benalcazar, El Comercio, 19 décembre 2017, http://www.elcomercio.com/actualidad/etnias-ecuador-pesebres-navidad-nacimientos.html))

En février 2018, le président Moreno a rencontré la Conférence épiscopale catholique de l’Équateur pour discuter de questions d’intérêt national. Compte tenu de la nature laïque de l’État, la rencontre a laissé supposer que les deux parties s’engageaient à dialoguer.((El Comercio, 21 février 2018, http://www.elcomercio.com/actualidad/leninmoreno-reunion-cupula-iglesia-catolica.html))

En janvier 2018, le théâtre Pop-Up Café Samborondón a été fermé suite à des plaintes de groupes catholiques au sujet d’une pièce intitulée « le prépuce », qu’ils considéraient comme blasphématoire et comme se moquant de la religion. Dans une déclaration, le théâtre a expliqué qu’il n’avait jamais eu l’intention d’offenser les sensibilités religieuses.((‘Pop Up Café Samborondón fue clausurado: una obra causó polémica’, El Comercio, 12 janvier 2018, http://www.elcomercio.com/tendencias/clausura-teatro-guayaquil-obra-teatro.html))

Perspectives pour la liberté religieuse

Peu d’incidents significatifs d’une intolérance à l’égard des opinions religieuses ont été signalés au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018). Les différents groupes confessionnels jouissent de la liberté d’exprimer leur point de vue. La situation de la liberté religieuse est bonne et les perspectives pour l’avenir sont positives.