Ghana

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 64.5%

Musulmans : 19.9%

Animistes : 15.1%

Autres : 0.5%

Superficie : 238537 m2

Population : 28033000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La République du Ghana est l’un des pays les plus stables d’Afrique sur les plans politique et économique. Bien que la croissance économique ait chuté, passant de 4,2% en 2014 à 3,5% en 2016 – niveau le plus bas de ces 26 dernières années –, les perspectives à moyen terme restent favorables, comme en témoignent les récentes prévisions de croissance du FMI.1

La stabilité de la situation économique et politique contribue à l’exemplarité, à bien des égards, des relations entre les différentes religions et autres communautés confessionnelles. Les tensions sociales tendent à être moins aiguës dans les régions où la pauvreté est moins prégnante. En décembre 2016, le Ghana a vécu ses septièmes élections démocratiques depuis les premières élections multipartites de 1992. Comme en l’an 2000 et en 2008, la transition du pouvoir a été pacifique lors de la victoire de Nana Akufo-Addo sur le président sortant John Dramani Mahama (élu en 2012).2

Ancienne colonie britannique, le Ghana a accédé à l’indépendance en 1957, devenant ainsi le premier pays d’Afrique subsaharienne à le faire. Sa diversité religieuse est particulièrement notable3. La population est chrétienne environ aux deux tiers et la proportion de musulmans est plus faible. Les pentecôtistes et les membres du mouvement charismatique prédominent parmi les chrétiens, suivis par les protestants puis par les catholiques4. La plupart des musulmans du pays sont sunnites. L’extrémisme islamique est rare au Ghana.

Au sein de la Conférence ghanéenne sur la Religion et la Paix, dont fait partie la Conférence épiscopale catholique du Ghana, les chrétiens et les musulmans travaillent de manière constructive à un objectif commun de coexistence pacifique5. Le fondement de la coexistence pacifique des religions se trouve à l’article 21 de la Constitution du pays, qui établit le droit à la liberté religieuse6. Bien que toutes les communautés religieuses soient légalement tenues de s’inscrire auprès des autorités, cette obligation n’est en réalité pas respectée par bon nombre des communautés africaines traditionnelles. À ce jour, cependant, aucune mesure n’a été prise à l’encontre de ceux qui n’ont pas respecté cette obligation7.

En règle générale, les activités à but non lucratif et à motivation religieuse, comme le travail caritatif ou l’éducation, sont exonérées d’impôt. Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018), les différentes communautés confessionnelles n’ont manifesté aucune difficulté en ce qui concerne leur coexistence8.

Cette liberté permet à l’Église catholique du Ghana de jouer un rôle important dans le façonnement de la société. En plus de son travail pastoral, l’Église est également impliquée de différentes façons dans des activités sociales. Elle est en outre très appréciée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Un exemple en est l’appel lancé à l’échelle mondiale par le cardinal ghanéen Peter Turkson, Président du Conseil Pontifical « Justice et Paix », invitant à prendre au sérieux et à mettre en pratique l’encyclique du Saint Père « Laudato Sì ». Pour lui, cette encyclique contient un message non seulement écologique, mais aussi social9.

Un problème qui touche non seulement le Ghana, mais aussi de nombreux autres pays d’Afrique de l’ouest, est l’exode massif des jeunes. Beaucoup d’entre eux tentent de rejoindre l’Europe en traversant la Méditerranée occidentale ou centrale10. Les évêques du pays ont souvent demandé aux citoyens de ne pas émigrer en Europe considérant que l’Europe n’est pas une garantie de prospérité. Une déclaration publiée en juin 2016, signée par le Conseil chrétien du Ghana, indique que : « Nous, [les évêques], sommes attristés par le fait que de nombreux migrants africains périssent dans les déserts d’Afrique du Nord et en mer Méditerranée, et nous appelons les États et gouvernements africains à prendre des mesures proactives pour freiner cette tragédie. »11 Ils ont également critiqué une nouvelle tendance à l’émigration vers l’Amérique du Sud, ce qui est en train de devenir « un danger émergent ». Pour les évêques, « [les Africains] ne doivent pas supposer que l’Europe et d’autres endroits en dehors de l’Afrique garantissent automatiquement le confort et le plaisir ».Knights and Ladies of Marshall, 20 mai 2016, 12 Les chefs religieux ont également abordé le danger du fanatisme religieux dans lequel « de soi-disant hommes et femmes de Dieu affichent de façon éhontée leurs prouesses religieuses et font croire aux personnes crédules qu’ils ont des réponses à tous leurs problèmes ».13

L’appel public des évêques catholiques a obtenu une réponse positive, notamment dans le monde politique. Lors du premier synode de l’Église catholique au Ghana, consacré au thème de la jeunesse et de la vocation, le président du Parlement ghanéen, Joseph Osei-Owusu, a déclaré : « Dans notre pays aujourd’hui, l’accent est de plus en plus mis sur la prospérité, surtout parmi les jeunes. Au fond, le message de la société est : plus vous êtes riche, mieux vous vous portez. C’est vrai si vous vivez selon les standards d’une société laïque ».14

Le synode sur le thème « 125 ans de la mission catholique à Accra : renouveler notre engagement à l’évangélisation » a eu lieu avant la 15ème assemblée générale ordinaire des évêques, qui se tiendra au Vatican, en octobre 2018, sur le thème « les jeunes, la foi, et le discernement de la vocation ».

Incidents

Il n’y a pas eu de violations importantes de la liberté religieuse pendant la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018). Comme indiqué ci-dessus, la raison en est le climat de tolérance religieuse traditionnellement observé au Ghana. Le phénomène de la montée du djihadisme islamique en Afrique de l’Ouest ne s’est pas encore manifesté au Ghana sous la forme d’attaques violentes.

Perspectives pour la liberté religieuse

En raison de la stabilité politique du pays, il est fort probable que la sécurité des communautés religieuses présentes au Ghana se maintiendra. Même si l’amélioration du développement économique est susceptible d’apporter un soulagement, le problème des vagues importantes d’émigration vers les pays non africains devrait persister.


  1. https://www.auswaertiges-amt.de/de/aussenpolitik/laender/ghana-node/wirtschaft/203374
  2. Munzinger Archiv 2018, www.munziger.de/search/login
  3. For the share of different religious communities in the total population, cf. Grim, Brian et. al. (eds.): Yearbook of International Religious Demography 2017, Brill: Leiden/Boston, 2017
  4. Munzinger Archiv 2018
  5. Ibid
  6. Ghana’s Constitution of 1992 with Amendments through 1996, constituteproject.org, https://www.constituteproject.org/constitution/Ghana_1996.pdf?lang=en
  7. Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, “Ghana”, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper
  8. Ibid.
  9. Radio Vatikan, 23 septembre 2015, http://de.radiovaticana.va/news/2015/09/25/%C3%B6sterreich_turkson
  10. Deutsche Welle, 12 décembre 2017, http://www.dw.com/de/steinmeier-will-ghanaer-zum-bleiben-bewegen/a-41751303
  11. St. Thomas Aquinas Parish University of Ghana Legon, 7 mai 2015, http://www.staplegon.org/index.php/news-and-announcements/general-announcements/91-press-statement-by-the-christian-council-of-ghana-and-the-ghana-catholic-bishops-conference
  12. http://marshallan.org/press-statement-by-the-christian-council-of-ghana-and-the-ghana-catholic-bishops-conference-issued-in-accra-may-18-2016/
  13. Fides, 12 mai 2015, http://www.fides.org/en/news/37796-AFRICA_GHANA_Appeal_from_Christian_leaders_Young_people_stay
  14. Fides, 26 septembre 2017, http://www.fides.org/en/news/62968-AFRICA_GHANA_President_of_Parliament_at_the_Synod_on_youth_Seek_Christian_values_and_do_not_be_seduced_by_secularism