Guinée Conakry

Chiffres clés

Légende :

Musulmans : 87.2%

Animistes : 9%

Chrétiens : 3.5%

Autres : 0.3%

Superficie : 245857 m2

Population : 12947000 habitants

Le cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La Guinée Conakry se caractérise par une grande diversité ethnique et religieuse. Les lois du pays prévoient une pleine liberté religieuse, y compris le droit de choisir sa religion et de se convertir à une autre religion((Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Guinea’, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper)). Dans la pratique, ces droits sont en général respectés, bien que le gouvernement ait des tendances autoritaires. Après plus de 50 ans de domination des présidents autocratiques Sekou Touré (1958-84) et Lansana Conté (1984-2008) et un certain nombre de régimes transitoires éphémères, le pays a tenu ses premières élections présidentielles libres en 2010. En octobre 2015, le président Alpha Condé a atteint près de 58 % des suffrages et a été réélu pour un deuxième et dernier mandat de cinq ans.

Les musulmans sont majoritaires dans toutes les régions du pays. Les communautés chrétiennes sont situées surtout dans les grandes villes ainsi que dans le sud et l’est du pays. Le pays abrite aussi de petits groupes de bahaïs, d’hindous et de bouddhistes.

La coexistence religieuse est traditionnellement bonne. À ce jour, le fondamentalisme islamique a reçu peu d’appui en Guinée((‘Munzinger Länder: Guinea’, Munzinger Archiv 2018, https://www.munzinger.de/search/start.jsp)). L’attitude des musulmans locaux à l’égard des autres religions a traditionnellement été relativement modérée. Un Conseil interconfessionnel travaille en étroite collaboration avec le gouvernement sur les affaires religieuses((Ibid)).

Les communautés religieuses doivent se faire enregistrer auprès du Secrétariat général des affaires religieuses (SAR). Chaque groupe confessionnel enregistré doit rendre compte de ses activités tous les six mois. Ils bénéficient d’exemptions fiscales et de subventions énergétiques. Il n’a pas été relaté de difficultés majeures à cet égard au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018)((Ibid)).

Les communautés religieuses n’ont pas le droit de posséder de stations de radio ou de chaînes de télévision, mais elles peuvent diffuser des émissions religieuses sur les chaînes de télévision publiques((Ibid)). Cela inclut la radiodiffusion des prières musulmanes du vendredi, de l’instruction religieuse islamique et des différents offices chrétiens du dimanche.

Le SAR a des inspecteurs dans tout le pays qui surveillent le culte religieux, y compris les homélies. Les sujets des sermons hebdomadaires sont préétablis et leur contenu surveillé((Ibid)).

Dans le domaine de l’éducation, il existe une séparation stricte entre l’État et la religion. Il n’y a pas de programme officiel pour l’instruction religieuse. Les écoles privées sont nombreuses dans le pays, dirigées par des communautés religieuses musulmanes et chrétiennes, et beaucoup d’entre elles reçoivent également le soutien des autorités locales.

Incidents

Le SAR fournit une assistance aux pèlerins. Cependant, au cours de l’épidémie d’Ébola de 2014-2015, dix mille pèlerins musulmans qui avaient bénéficié d’une aide n’ont pas pu se rendre à la Mecque, car ils se sont vu refuser l’entrée en Arabie Saoudite. Depuis lors, les pèlerins de Guinée sont à nouveau autorisés à se rendre à la Mecque((Ibid)). Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport, l’État a versé quelque 3,4 millions de dollars américains à 6 000 Guinéens pour financer le coût de leur pèlerinage((Ibid)).

Désormais, le gouvernement subventionne aussi les chrétiens pour qu’ils se rendent en pèlerinage en Europe et en Terre Sainte. Environ 217 000 dollars américains ont été versés pour les frais de voyage en 2016, à comparer aux 325 000 dollars payés en 2015. Il est maintenant prévu d’accorder des subventions aux différentes confessions chrétiennes à tour de rôle((Cf. Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Guinea’, International Religious Freedom Report for 2014, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/2014religiousfreedom/index.htm#wrapper)).

Les relations entre les différentes communautés religieuses du pays sont bonnes.

Comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, la propagation de l’islamisme djihadiste est également une source de préoccupation pour de nombreuses personnes en Guinée. Le gouvernement a fermé une mosquée près de l’aéroport international de Conakry, déclarant qu’il s’agissait d’une mesure préventive à la suite d’attaques terroristes djihadistes dans les pays voisins((Bureau of Democracy, Human Rights and Labor (2016), op. cit.)).

Pendant ce temps, la Guinée se remet de l’épidémie d’Ebola qui avait éclaté au printemps de 2014, paralysant le pays((Munzinger Archiv 2018.)). Les épidémies ont causé beaucoup de tort à certaines communautés religieuses. Des familles ont été détruites et des communautés villageoises déchirées.

Le niveau de criminalité et de corruption est élevé dans le pays qui est devenu une plaque tournante pour le trafic de drogue en Afrique de l’Ouest((Tobias Zick, Süddeutsche Zeitung, 31 juillet 2016, http://www.sueddeutsche.de/politik/guinea-am-drogen-highway-nummer-1.3101914)).

Perspectives pour la liberté religieuse

Les conséquences, pour la Guinée, de la propagation du djihadisme en Afrique de l’Ouest restent à voir. Jusqu’à présent, le pays – qui a une longue tradition de coexistence pacifique entre les religions – a réussi à se défendre contre cette menace. Un signe encourageant de stabilité est que le pouvoir judiciaire est sensible aux plaintes pour intolérance.