Guinée Equatoriale

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 88.5%

Musulmans : 4%

Agnostiques : 3.3%

Athées : 1.9%

Autres : 0.6%

Superficie : 28052 m2

Population : 870000 habitants

Le cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

L’article 13 (section 1, f) de la Constitution (adoptée en 1995 et modifiée plus récemment au moyen d’un référendum en 2011) garantit la liberté de religion et de culte, tandis que l’article 15 dispose que « tous les actes discriminatoires commis sur le fondement de l’appartenance tribale, du sexe ou de la religion sont punis par la loi ». L’article 23 ajoute : « L’État garantit à toute personne, organisation privée ou communauté religieuse le droit de fonder des écoles », à condition de respecter le programme pédagogique officiel. Cet article accorde également la liberté de choisir les programmes d’instruction religieuse « sur la base de la liberté de conscience »1. Conformément à cette disposition, tout individu est libre de se consacrer à l’étude de sa religion et nul n’est censé être contraint de suivre une autre religion contre sa volonté.

Dans les écoles publiques, l’étude de la religion est facultative et peut être remplacée par un cours d’éducation civile ou sociale.

L’article 9 de la Constitution dispose clairement que les partis politiques ne peuvent pas reposer sur un fondement religieux.

Une loi de 1991, qui a été incorporée à un décret présidentiel l’année suivante, énonce les règles applicables à l’enregistrement des groupes religieux. Cette loi a également sanctionné officiellement le traitement préférentiel réservé à l’Église catholique et à l’Église réformée de Guinée équatoriale, dont aucune n’est soumise à l’obligation d’enregistrement officiel. En octobre 2013, le Gouvernement de Guinée Équatoriale et le Saint-Siège ont signé un concordat. Dans la pratique, ce traitement préférentiel se traduit par l’inclusion d’une messe catholique dans toutes les cérémonies officielles, en particulier lors des célébrations de l’anniversaire du coup d’État de 1979, du jour de l’indépendance et de l’anniversaire du Président.

D’autres groupes religieux sont tenus de se faire enregistrer en faisant une demande écrite au Ministère de la Justice, des Affaires religieuses et des Prisons. L’appréciation de cette demande est confiée au directeur général du Ministère. Certains groupes religieux, y compris les musulmans ou les bahaïs, n’ont besoin de se faire enregistrer qu’une seule fois. Les nouvelles confessions peuvent être tenues de renouveler périodiquement leur inscription. Les groupes non enregistrés peuvent être condamnés à une amende ou être dissous. Les groupes religieux qui manquent à leur obligation de se faire enregistrer sont passibles d’amendes. Dans la pratique, le processus d’enregistrement est extrêmement lent – dans certains cas, il peut prendre des années. Toutefois, cela semble davantage lié à la bureaucratie qu’à des préjugés politiques explicites à l’encontre d’un groupe religieux particulier.

Le 4 avril 2015, le Ministère de la Justice, des Affaires religieuses et des Prisons a publié un décret sur les activités religieuses. Il précise que toutes les activités religieuses qui se déroulent en dehors d’un créneau horaire allant de 6 heures à 21 heures et celles qui se déroulent dans des lieux de culte non enregistrés nécessitent une autorisation ministérielle. Le décret interdit les activités religieuses ou les prédications dans des résidences privées et exige que les responsables ou dirigeants religieux étrangers obtiennent l’autorisation préalable du Ministère pour participer à des activités religieuses2.

Incidents

L’Église catholique continue de bénéficier d’un traitement préférentiel de la part du gouvernement. Un certificat de baptême est souvent accepté comme document d’identité officiel par les fonctionnaires publics. Les messes catholiques continuent d’être un trait commun à toutes les grandes cérémonies, telles que la fête nationale le 12 octobre et l’anniversaire du Président le 5 juin. Les cérémonies religieuses catholiques et les édifices catholiques3

sont souvent financés par le Président. Par exemple, le 20 mai 2017, trois nouveaux évêques catholiques ont été consacrés à Mongomo lors d’une cérémonie payée avec des fonds publics4. Le 28 mai 2017, le Président Teodoro Obiang Nguema a inauguré une église catholique financée par l’État, Notre-Dame de Bisila, située sur le mont Pico Basilé, une montagne qui surplombe la capitale, Malabo5.

Les agents publics non catholiques continuent de signaler qu’ils subissent des pressions pour participer à des activités religieuses, y compris à des messes catholiques6.

Perspectives pour la liberté religieuse

Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018), la liberté de religion ne s’est ni améliorée ni aggravée. La situation est restée stable, une tendance qui va vraisemblablement se poursuivre.


  1. Ley fundamental de Guinea Ecuatorial, Guinea Ecuatorial, http://www.guineaecuatorialpress.com/imgdb/2012/LEYFUNDAMENTALREFORMADA.pdf
  2. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labour, ‘Equatorial Guinea’, Report on International Religious Freedom for 2014, U.S. Department of State, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/2014religiousfreedom/index.htm#wrapper
  3. Entretien du 12 janvier 2018 avec un prêtre expatrié travaillant en Guinée Équatoriale.
  4. Asodegue – 2° Etapa, 17  mai 2017, http://www.asodeguesegundaetapa.org/el-cardenal-filoni-en-guinea-ecuatorial-para-ordenar-a-tres-obispos-agencia-fides/
  5. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labour, ‘Equatorial Guinea’, Report on International Religious Freedom for 2016, U.S. Department of State, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper
  6. Bureau of Democracy, Human Rights and Labour, 2016, ibid