Iles Tonga

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 95.8%

Bahaïs : 3.6%

Autres : 0.6%

Superficie : 747 m2

Population : 107000 habitants

Le cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Selon la Constitution, chacun est « libre de pratiquer sa religion et d’adorer Dieu comme il l’estime juste, selon les préceptes de sa conscience religieuse, et de se réunir pour des offices religieux dans les lieux prévus à cet effet »((Tonga’s Constitution of 1875 with Amendments through 1988, constituteproject.org, https://www.constituteproject.org/constitution/Tonga_1988.pdf?lang=en)). La Constitution précise toutefois qu’il est illégal d’utiliser cette liberté « pour commettre des actes maléfiques et licencieux ou, sous le nom de culte, faire ce qui est contraire à la loi et à la paix du pays ». La Constitution dispose que « le sabbat devra être sanctifié aux Tonga » et qu’aucune transaction commerciale n’est permise ce jour-là, sauf celles autorisées par la loi. Les accords juridiques conclus le jour du sabbat sont nuls en droit.

Le pays est majoritairement chrétien. Les Églises les plus importantes sont l’Église Wesleyenne libre (37,3 %), l’Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours (Mormons) (16,8 %), l’Église libre des Tonga (11,4 %), et l’Église catholique romaine (15,6 %)((‘Tonga’, The World Factbook, Central Intelligence Agency, https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/tn.html)). Il existe un certain nombre de plus petites communautés chrétiennes, dont l’Église des Tonga (7,2 %), l’Église chrétienne Tokaikolo (2,6 %), l’Assemblée de Dieu (2,3 %), et les adventistes du septième jour (2,2 %). On dénombre aussi des membres d’autres religions, dont des musulmans, des hindous et des bahaïs.

Il n’est pas nécessaire que les groupes religieux s’inscrivent auprès de l’État. Toutefois, l’enregistrement est indispensable pour pouvoir célébrer des mariages ayant valeur légale, et pour obtenir d’autres avantages, tels que des exemptions d’impôts.

Les communautés religieuses sont autorisées à tenir des centres d’éducation et à proposer une instruction religieuse d’une heure par semaine((Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Tonga’, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. Department of State, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper)). Les doivent assister aux cours de leur religion mais ne sont pas tenus de participer aux cours portant sur une autre religion.

Les dispositions constitutionnelles relatives à la liberté religieuse sont généralement respectées par les autorités. Les missionnaires sont autorisés à entrer dans le pays et à y faire du prosélytisme. Toutefois, en mai 2016, l’imam Ilyas, un chef religieux musulman, a déclaré craindre que le gouvernement n’ait pas approuvé la demande d’enregistrement de la communauté musulmane((‘Muslim Leader in Tonga Concerned over Delays in Registration Application’, Loop, 9 mai 2016.)).

La Commission publique de diffusion de Tonga (TBC) a émis des lignes directrices exigeant que les sermons prêchés sur Tonga TV et radio Tonga reflètent le christianisme dominant. Il n’a pas été signalé de rejet d’une demande de diffusion par la TBC.

Incidents

Le 3 juillet 2016, des mesures ont été prises pour empêcher les boulangeries d’ouvrir un dimanche, afin de se conformer aux dispositions constitutionnelles concernant le sabbat((Premier, 7 juillet 2016, https://www.premier.org.uk/News/UK/Tongan-bakeries-fight-Sunday-trading-ban)). L’application de ces dispositions avait été assouplie dans les années 1980 à la suite d’un cyclone, et n’avaient plus cours depuis lors. Certains Tongiens ont publiquement exprimé leur désaccord avec l’application de la Constitution, même si leurs objections semblent découler de considérations commerciales plutôt que de principe religieux((‘Tonga Bakers Protest Against Sunday Sales Ban’, BBC, 5 juillet 2016, http://www.bbc.co.uk/news/blogs-news-from-elsewhere-36703496)). Les hôtels et les restaurants fonctionnent toujours le dimanche pour servir les touristes. Aux Tonga, les adventistes du Septième Jour observent le sabbat le dimanche, même si ailleurs ils l’observent du vendredi soir au samedi soir. Rien n’indique qu’ils estiment que cet ajustement viole leur liberté religieuse. La raison en est que, bien que ces îles se situent géographiquement dans l’hémisphère occidental, leur heure officielle est celle de l’est, donc quand c’est encore samedi dans le premier, c’est déjà dimanche pour l’hémisphère oriental((G. Burnside, Ministry Magazine, janvier 1966, https://www.ministrymagazine.org/archive/1966/01/why-seventh-day-adventists-keep-sunday-in-tonga)).

En février 2017, un adolescent tongien converti à l’islam a été inculpé dans un tribunal australien pour la planification d’une attaque terroriste((Matangi Tonga Online, 13 février 2017, http://matangitonga.to/2017/02/13/alo-bridget-namoa-faces-life-prison)).

Perspectives pour la liberté religieuse

La liberté religieuse est généralement assurée par l’État. Rien n’indique que la situation actuelle change dans un proche avenir.