Iran

Chiffres clés

Légende :

Musulmans : 98.8%

Autres : 1.2%

Superficie : 1628750 m2

Population : 80043000 habitants

Le cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

La République iranienne est fondée sur une Constitution théocratique adoptée après la révolution islamique et le renversement du shah en 1979. Selon l’article 12 de la Constitution, la religion officielle du pays est celle de l’école islamique du chiisme jafarite. Les chrétiens, juifs et zoroastriens sont reconnus à l’article 13 comme des minorités religieuses protégées ayant le droit de pratiquer librement leur culte et de former des sociétés religieuses.1 Au Parlement iranien (Majlis), deux sièges sont réservés aux chrétiens arméniens – la plus grande minorité chrétienne du pays (300 000), de même qu’un siège aux chrétiens assyriens, aux juifs et aux zoroastriens.2

L’État est placé sous l’autorité du clergé chiite, qui gouverne à travers le Rahbar, guide religieux nommé à vie par l’Assemblée des experts – 86 théologiens élus par le peuple pour un mandat de huit ans.3 Le Rahbar préside le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe de 12 membres (six nommés par le Guide et six par le pouvoir judiciaire).4 Le Conseil exerce son contrôle sur les lois et les organes de direction de l’État, y compris la présidence de la République, dont le titulaire est élu au suffrage direct pour un mandat de quatre ans, renouvelable une seule fois.5

La primauté de l’islam touchant tous les secteurs de la société, les non-musulmans sont exclus des postes politiques et militaires de haut niveau. Ils ne peuvent pas exercer de fonctions dans la magistrature, les services de sécurité, ni être directeurs d’une école publique. En Iran, l’un des principaux obstacles à la pleine liberté religieuse est « l’apostasie ». Même si se convertir de l’islam à une autre religion n’est pas interdit dans la Constitution, cela reste difficile en raison des puissantes traditions islamiques du pays et du système juridique fondé sur la loi islamique. Pour toutes les questions non explicitement traitées dans la Constitution, les juges ont la faculté, conformément à l’article 167, de se référer aux « sources islamiques faisant autorité ou aux fatwas authentiques ». En cas d’apostasie, les sentences sont fondées sur la charia et les fatwas, et peuvent aller jusqu’à la peine de mort.6

Le gouvernement applique la ségrégation entre les sexes dans tout le pays. Les femmes de toutes confessions religieuses sont censées respecter le code vestimentaire islamique en public, dont celui de se couvrir les cheveux.7

Incidents

La communauté bahaïe, la plus grande minorité religieuse non-musulmane en Iran et la plus persécutée, est considérée comme une secte hérétique et « déviante », dont les membres sont de facto des apostats. Non reconnus par l’État, ils sont privés de droits politiques, économiques, culturels et religieux.

Lors de la campagne pour les élections de 2013, le président Rohani avait promis de mettre un terme à la discrimination religieuse, cependant le niveau de la propagande anti-bahaïe dans les médias d’État a augmenté. On estime que depuis 2014, environ 26 000 articles anti-bahaïs ont été diffusés sur les chaînes des médias officiels ou semi-officiels.8 En avril 2017, le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a déclaré que l’emprisonnement de 24 bahaïs iraniens l’année précédente, en raison de leurs croyances religieuses (« propagande en faveur de la foi bahaïe et contre la République islamique, par l’adhésion à une organisation illégale »), constituait une « violation de leurs droits en tant que minorité religieuse ».9

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance du fondateur de la foi bahaïe, en octobre 2017, près de 20 personnes ont été arrêtés et la police a effectué des descentes dans 25 foyers bahaïs.10 Selon certains rapports, plus de 90 bahaïs sont encore détenus en prison en raison de leurs croyances religieuses, dont l’un des sept dirigeants bahaïs, lesquels sont collectivement connus sous le nom des « amis de l’Iran » ou Yaran, qui supervisent la communauté du pays.8 Trois d’entre eux – Mahvash Sabet, Fariba Kamalabadi et Behrouz Tavakkoli – ont été libérés, respectivement en septembre, octobre et décembre 2017, après avoir purgé leur peine de 10 ans de prison suite à des condamnations reposant sur de fausses accusations d’espionnage et de propagande.11 Condamnés à 20 ans de prison, leurs peines ont été réduites lors de l’entrée en vigueur du nouveau code pénal islamique en novembre 2015. Trois autres ont été libérés au début de 2018. En février, Saeid Rezaie a été remis en liberté, suivi par le plus jeune et le plus âgé des dirigeants bahaïs, en l’espace de quelques jours en mars : Vahid Tizfahm (44 ans), et Jamaloddin Khanjani (85 ans). Il ne restait plus qu’Afif Naeimi en prison à la fin de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018).12

Les deux instructeurs de l’Institut bahaï d’enseignement supérieur qui ont été emprisonnés 25 ans pour leur travail, ont été libérés de prison en 2017. Cinq autres instructeurs sont encore en prison. En novembre et décembre 2017, deux autres ont commencé leurs peines de prison.13

La pression économique a considérablement augmenté sur les bahaïs iraniens. Plus de 600 de leurs magasins ont été fermés depuis 2014 sous raison d’avoir ostensiblement fermé leurs échoppes afin de respecter une fête religieuse bahaïe.14 Entre avril et octobre 2017, les autorités iraniennes ont fermé des douzaines d’entreprises pour observer les fêtes religieuses. Tandis que certaines fermetures étaient temporaires, de nombreux commerces restent fermés malgré les recours en justice. L’assistant spécial du Président pour les droits des citoyens, Shahindokht Molaverdi, a déclaré en novembre 2017 que l’administration Rohani « suivrait la procédure légale » pour rectifier la question des fermetures.13

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, malgré les déclarations publiques du gouvernement iranien selon lesquelles les universités sont ouvertes aux bahaïs, sa politique est de facto de les empêcher d’intégrer l’enseignement supérieur.[x] Malgré de bons résultats académiques, plus de 50 étudiants bahaïs auraient été exclus depuis 2013. En novembre 2017, trois étudiants bahaïs qui s’étaient plaints auprès du gouvernement parce qu’ils n’avaient pas été autorisés à s’inscrire à l’université ont été reconnus coupables d’appartenir « à la secte bahaïe anti-État » et condamnés à cinq ans de prison.15 Fin décembre 2017, le bureau de la sécurité de l’université Kashan a demandé à l’étudiante en informatique Neda Eshraghi de confirmer sa foi bahaïe par écrit. Sa carte d’étudiante lui a alors été confisquée, l’accès aux services en ligne de l’université lui a été refusé et elle a été exclue de la résidence universitaire. Les responsables de l’université lui ont dit par la suite qu’elle avait été expulsée à cause de sa foi bahaïe.16

Soha Izadi a été expulsée de l’université Zanjan en mars 2018. Pendant les examens, elle a été convoquée par le service de formation de l’université qui lui a dit que la division d’éthique de l’organisation d’évaluation de l’éducation avait envoyé une lettre pour l’exclure des cours. Les responsables de l’université lui ont indiqué qu’elle ne pouvait poursuivre ses études que si elle renonçait à sa foi bahaïe.17

En septembre 2016, deux frères ont poignardé à mort Farhang Amiri parce qu’il était bahaï et, selon eux, un apostat.18 Ils ont ensuite avoué qu’ils pensaient que le fait de le tuer leur garantirait une place au paradis.8 En juillet 2017, le frère aîné a été condamné à 11 ans de prison et à deux ans d’assignation à résidence pour meurtre. Le cadet a été condamné à cinq ans et demi de prison. Selon le code pénal iranien, le meurtre d’un musulman est sanctionné de la peine capitale, tandis que l’assassinat d’un bahaï ou de membres d’une religion non reconnue est sanctionné de peines beaucoup plus légères.15

Selon un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, les chrétiens iraniens d’origine musulmane doivent faire face à du harcèlement, des poursuites pour apostasie, des arrestations et détentions arbitraires. Ils sont fréquemment accusés d’avoir agi ou fait de la propagande contre l’État.8 Le rapport annuel de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) mentionne de nombreux cas de fonctionnaires iraniens ayant fait des descentes lors de services religieux chrétiens ou ayant menacé, arrêté et emprisonné les membres d’une Église, en particulier des convertis au christianisme évangélique.

Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport, les médias gouvernementaux et pro-gouvernementaux ont continué à diffuser des messages anti-chrétiens, tandis que du contenu anti-chrétien proliférait en ligne et en version imprimée. Bien que cela fasse des décennies que les autorités iraniennes fassent des descentes dans les églises domestiques et arrêtent les fidèles par centaines et les responsables ecclésiaux, la sévérité de la répression a augmenté ces dernières années.15

Entre mai et août 2016, près de 80 chrétiens ont été arrêtés. Bien que la majorité d’entre eux aient seulement été interrogés et libérés quelques jours plus tard, certains ont été détenus sans inculpation pendant des mois, et plusieurs restent en détention ou sont en attente de jugement en raison de leurs croyances et de leurs activités religieuses.19

En mai 2016, quatre convertis20 au christianisme ont été arrêtés, en raison de leur implication dans le mouvement de l’Église domestique. Ils ont été accusés d’avoir agi contre la sécurité nationale.21 L’un d’eux, le pasteur Youssef Nadarkhani, a déjà purgé plusieurs années de prison à la suite d’une condamnation pour apostasie.22 Les trois autres, tous des hommes, ont été accusés d’avoir bu de l’alcool. Ils ont fait appel de la sentence de 80 coups de fouet chacun. En mai 2018, leur appel a été rejeté.

En décembre 2016, Maryam Naghash Zargaran, une chrétienne convertie de l’islam, a été condamnée à au moins six semaines supplémentaires de prison, en plus de sa peine de quatre ans, en raison du temps qu’elle avait passé en dehors de la prison pour un traitement médical. Elle a fait deux fois une grève de la faim pour protester contre le fait qu’on lui ait refusé un traitement médical pour ses problèmes de santé chroniques.23 En août 2017, elle a été libérée après avoir terminé sa peine de quatre ans de prison.24 Toutefois, elle a dû payer 50 millions de toman (un peu plus de 1000 euros), parce qu’elle aurait prétendument insulté le personnel de l’hôpital de la prison. Elle aurait également été condamnée à une interdiction de voyager de six mois.8 En décembre 2017, deux membres de l’Église d’Iran, arrêtés en 2012 lors d’une descente dans une assemblée de prière, ont été condamnés à huit ans de prison chacun.25

En 2017, plusieurs autres incidents contre des chrétiens ont été signalés.23 Quatre chrétiens évangéliques, dont trois citoyens azerbaïdjanais, ont été condamnés en mai 2017 à 10 ans de prison pour des activités d’église domestique et de l’évangélisation. En juillet 2017, le pasteur Victor Bet Tamraz, de l’Église pentecôtiste assyrienne, et trois membres de sa communauté ont été condamnés à des peines de 10 à 15 ans de prison.26

Les arrestations se sont poursuivies tout au long de l’année 2018. En janvier, la femme du pasteur Tamraz a été condamnée à dix ans de prison. Shamiram Isavi Khabizeh a été accusée d’avoir « agi contre la sécurité nationale et contre le régime en organisant de petits groupes, en assistant à un séminaire à l’étranger et en formant des responsables ecclésiaux et des pasteurs pour agir comme espions ». Elle était déjà en détention provisoire depuis juin 2017 et n’a été libérée qu’après avoir payé l’équivalent de 30 000 dollars américains en caution. Le fils du couple, Ramil, a également été inculpé. En mars 2018, Aziz Majidzadeh, un Iranien de 54 ans converti au christianisme, a été arrêté avec 20 autres convertis lors de la prise d’assaut de leur atelier près de Karaj. Les autorités ont confisqué les effets personnels, dont les téléphones mobiles et les ordinateurs portables. La famille d’Aziz Majidzadeh n’a pu entrer en contact avec lui que 45 jours après son arretsation. Retenu à la prison d’Evin, à Téhéran, il n’avait pas encore été officiellement inculpé et l’interrogatoire pratiqué par les autorités se concentrait sur sa foi chrétienne.27

Les membres de la minorité musulmane sunnite, vivant principalement dans des zones sous-développées, ont tendance à faire l’objet de discriminations sur leur lieu de travail et à être sous-représentés politiquement. Environ 120 sunnites sont emprisonnés pour leurs croyances et leurs activités religieuses. En août 2016, 22 sunnites, dont le religieux Shahram Ahmadi, ont été exécutés pour « inimitié envers Dieu ».28

Une fausse confession a été extorquée à Ahmadi, arrêté en 2009 et inculpé sans preuve d’atteintes à la sécurité. L’accusation « d’inimitié envers Dieu » a été utilisée contre d’autres musulmans sunnites qui ont également été condamnés à mort après des procès inéquitables.23

Selon les groupes de défense des droits de l’homme, la détention et le harcèlement des sunnites se sont intensifiés à la suite des attentats de juin 2017 commis à Téhéran par l’État islamique (Daech). En outre, malgré des demandes répétées d’autorisation de construction d’une mosquée officielle à Téhéran, les autorités iraniennes ont opposé un refus, forçant ainsi les sunnites à prier dans de plus petites salles de prière.13

L’éminent chef sunnite Molavi Abdul Hamid et le chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ont publiquement échangé des lettres en août et septembre 2017 à propos de la discrimination anti-sunnite au travail et dans la construction des mosquées.29 L’ayatollah Khamenei a écrit qu’ « aucune forme de discrimination ou d’inégalité, de la part des institutions de la République islamique, n’est permise sur une base raciale, ethnique ou religieuse ».30 Cependant, cela est loin d’être ce que vivent les communautés sunnites.

Les adeptes des congrégations soufies ont été accusées de « suivre une secte déviante »31, dans la mesure où leurs croyances et leurs pratiques étaient considérées comme non-conformes à l’interprétation officielle de l’islam par l’État.32 Les membres de la plus grande congrégation soufie d’Iran, la Nematollahi Gonabadi, ont fait l’objet d’un harcèlement généralisé. Ils ont été arrêtés, agressés physiquement et expulsés d’établissements éducatifs et culturels. Leurs maisons et centres de prière ont été attaqués et il a été interdit à leurs responsables de voyager. La télévision publique iranienne les dépeint régulièrement sous un jour négatif.8

En novembre 2016, cinq soufis ont été inculpés de diverses infractions, notamment d’avoir « insulté le sacré » et « insulté des hauts fonctionnaires ».23 En 2017, des dizaines de soufis ont été envoyés en prison, condamnés à des amendes et fouettés.8 Plusieurs administrateurs d’un site Internet soufi populaire ont été emprisonnés pour « appartenance à une secte mettant en danger la sécurité nationale ».13 Fin décembre 2017, cinq soufis « Gonabadi », qui ont rendu visite à l’un des administrateurs du site Internet à l’hôpital, ont eux aussi été arrêtés.13

Ces dernières années, les autorités iraniennes ont inculpé de nombreux réformateurs chiites d’avoir « insulté l’islam »33, critiqué la République islamique, et publié des documents jugés déviants par rapport aux règles islamiques. Un religieux chiite dissident, l’ayatollah Mohammad Kazemeini Boroujerdi, a passé plus d’une décennie en prison après son arrestation en 2006 sur des accusations non précisées, et a été libéré en janvier 2017 pour raison médicale. Au cours de son emprisonnement, il aurait été torturé et aurait été privé de traitement pour les problèmes de santé qu’il avait développés à la suite des sévices physiques et mentaux subis.8 Depuis sa libération, l’ayatollah Boroujerdi a été assigné à résidence.

Les autorités iraniennes, d’éminents religieux, des programmes télévisés par l’État continuent de répandre des opinions antisémites et de cibler les membres de la communauté juive du pays pour des « liens avec Israël », réels ou imaginaires.23 En mai 2016, le gouvernement iranien a parrainé un concours de dessins animés sur le thème de l’Holocauste.13 En décembre 2017, deux synagogues de Shiraz ont été attaquées, saccagées et leurs textes sacrés profanés.8 Les juifs iraniens (15 000 à 20 000) sont tenus de vivre dans un environnement hostile dans lequel la discrimination et les discours de haine sont omniprésents.13

Ces dernières années et notamment en octobre 2017, les zoroastriens, qui sont entre 30 000 à 35 000, ont fait face à une oppression et une discrimination croissantes. L’ayatollah Ahmad Jannati, président du Conseil des gardiens s’est opposé à ce que des non-musulmans puissent occuper des postes officiels dans les régions à majorité musulmane.8 Un zoroastrien, élu au gouvernement local, a en payé les conséquences et a été suspendu de ses fonctions en raison de sa religion.34

Approuvée par le Parlement iranien en décembre 2017, le Conseil des gardiens a également rejeté un amendement à la loi nationale sur les conseils locaux qui permettait aux membres des minorités religieuses reconnues d’occuper des postes officiels. De ce fait, 28 des 30 candidats aux élections de mai 2017 de la communauté yârsânie pour la ville de Hashtgerd, ont été disqualifiés.8 En mai 2017, les chefs yârsânis ont écrit, sans avoir de réponse, une lettre ouverte au président Rohani, demandant une clarification du statut constitutionnel de leur religion.13

En droit iranien, toutes les femmes iraniennes doivent se couvrir de la tête aux pieds en public, sous peine de payer une amende et de faire de la prison.13 Les groupes de défense des droits de l’homme ont noté qu’à Téhéran, cette règle bien que toujours existante n’était plus appliquée à la lettre. En décembre 2017, la police de Téhéran a annoncé qu’elle cesserait de mettre les femmes en détention pour avoir violé cette règle. Toutefois, les contrevenantes seront tenues d’assister à des cours d’éducation islamique organisés par l’État. En dehors de la capitale, le code vestimentaire est toujours appliqué.13

Perspectives pour la liberté religieuse

La victoire d’Hassan Rohani aux élections présidentielles de juin 2013 a légèrement amélioré la situation des droits civiques. Le rang de l’Iran au classement mondial de la liberté de la presse a marqué une amélioration entre 2013 et 2018, passant de la 174ème à la 164ème place sur 180.35 Mais dans l’ensemble, Hassan Rohani a omis de tenir sa promesse d’améliorer la liberté religieuse, en particulier pour les minorités.

Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport, l’état de la liberté religieuse a continué de se détériorer, en particulier pour les bahaïs, les convertis au christianisme et les musulmans sunnites. Depuis 2013, le nombre de membres de minorités religieuses emprisonnés a augmenté. Malgré certains amendements positifs en 2013, le code pénal islamique continue de justifier de graves violations des droits de l’homme. Étant donné le caractère théocratique de l’État et les liens entre la religion et la politique, on ne peut s’attendre à de profondes améliorations tant que le système actuel sera en place.

En juin 2018, à l’initiative de l’ancien archevêque de Canterbury, Lord Rowan Williams, de nombreux chefs de l’Église britannique et américaine ont signé une pétition condamnant le régime iranien pour ses violations des droits de l’homme et les mauvais traitements infligés aux minorités religieuses. « Aujourd’hui, nous annonçons l’initiative de Lord Rowan Williams, qui est soutenue par plus de 50 évêques du Royaume-Uni ainsi que 78 chefs de l’Église américaine et qui met en lumière la situation critique du peuple iranien et des minorités religieuses en Iran, en particulier des chrétiens. Cette initiative appelle la communauté internationale à agir pour défendre leurs droits face au harcèlement et à la persécution effectués par le gouvernement », a déclaré l’un des signataires, le révérend John Pritchard, ancien évêque d’Oxford. « Dans notre déclaration, nous demandons à tous les pays de prendre en considération la situation déplorable des droits de l’homme en Iran, en particulier la situation douloureuse des minorités religieuses, dans le cadre de la coordination des relations avec l’Iran. Nous les exhortons à fonder toute amélioration des relations avec l’Iran sur la cessation de l’oppression des minorités et sur l’arrêt des exécutions en Iran », a-t-il ajouté.36

En février 2018, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies qu’ « aucune amélioration n’a été observée en ce qui concerne la situation des minorités religieuses et ethniques. Elles restent soumises à des restrictions. Je reste préoccupé par les signalements de violations persistantes des droits de l’homme et de discriminations à l’encontre des minorités ethniques et religieuses ».37

 


 

 

  1. Iran (Islamic Republic of)’s Constitution of 1979 with Amendments through 1989, constituteproject.org, https://www.constituteproject.org/constitution/Iran_1989.pdf?lang=en
  2. “Iran”, 2018 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, http://www.uscirf.gov/sites/default/files/2018USCIRFAR.pdf
  3. “Guide: How Iran is ruled”, BBC News, 9 juin 2009, http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/8051750.stm
  4. Britannica, https://www.britannica.com/topic/Council-of-Guardians
  5. Iran (Islamic Republic of)’s Constitution of 1979, op. cit.
  6. “Iran”, Laws Criminalizing Apostasy, Library of Congress, https://www.loc.gov/law/help/apostasy/index.php#iran
  7. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, “Iran”, International Religious Freedom Report for 2017, US Department of State, http://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm?year=2017&dlid=280982
  8. “Iran”, 2018 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, op. cit.
  9. Ibid. Voir aussi “Two Dozen Iranian Baha’is Sentenced to Six to Eleven Years for Practicing Their Faith”, Center for Human Rights in Iran, 2 février 2016, https://www.iranhumanrights.org/2016/02/24-bahais-in-golestan-long-prison-sentences/
  10. “Attacks in Yemen and Iran coincide with bicentenary period”, Bahá’í World, 23 octobre 2017, http://news.bahai.org/story/1215/
  11. “Testimony of Father Thomas J. Reese, S.J. Chair U.S Commission on International Religious Freedom before the Tom Lantos Human Rights Commission on Freedom of Belief: Countering Religious Violence”, United Sates Commission on International Religious Freedom, 24 mai 2017, https://humanrightscommission.house.gov/sites/humanrightscommission.house.gov/files/documents/Rev%20Reese%20May%2024_0.pdf
  12. “Fourth member of Yaran released”, Baha’i World News Service, 16 février 2018, http://news.bahai.org/story/1238/; “Youngest member of Yaran completes ten year imprisonment”, Baha’i World News Service, 20 mars 2018, http://news.bahai.org/story/1245/; “Oldest Member of Yaran Completes Decade-Long Imprisonment”, Baha’i World News Service, 17 mars 2018, http://news.bahai.org/story/1244/
  13. Ibid
  14. Iran Press Watch, 27 avril 2016, http://iranpresswatch.org/post/14431/closure-of-eighteen-bahai-shops/
  15. Ibid.
  16. Iran Press Watch, 24 janvier 2018, http://iranpresswatch.org/post/18704/neda-eshraghi-expelled-kashan-national-university-due-bahai-faith/
  17. Human Rights in Iran, 14 juin 2018, https://www.iranhumanrights.org/2018/06/bahai-student-expelled-from-iranian-university-one-year-before-graduation/
  18. “Report of the Special Rapporteur on the situation of human rights in the Islamic Republic of Iran”, Human Rights Council – UN General Assembly, 17 mars 2017, https://www.ecoi.net/en/file/local/1416736/1930_1510070608_g1706926.pdf
  19. “Iran”, 2017 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, http://www.uscirf.gov/sites/default/files/2017.USCIRFAnnualReport.pdf
  20. Yousef Nadarkhani, Yaser Mosibzadeh, Saheb Fadayee et Mohammed Reza Omidi.
  21. “Country Policy and Information Note Iran: Christians and Christian converts”, Home Office, mars 2018, https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/686067/iran-christians-cpin.pdf
  22. Ruth Gledhill, Christian Today, 11 octobre 2016, http://www.christiantoday.com/article/christian.converts.in.iran.appeal.80.lash.sentence.for.taking.holy.communion/97664.htm
  23. “Iran”, 2017 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, op. cit.
  24. James Algeo, Open Doors, 3 août 2017, https://www.opendoors.org.au/persecuted-christians/blog/iranian-christian-released-after-four-years-in-prison/
  25. Church in Chains, 10 janvier 2018, https://www.churchinchains.ie/news-by-country/middle-east/iran/iran-two-christians-given-eight-year-prison-sentences/
  26. “Christian Converts Receive Long Sentences in Iran”, Radio Farda, 8 juillet 2018, https://en.radiofarda.com/a/28603051.html
  27. World Watch Monitor, 12 janvier 2018 https://www.worldwatchmonitor.org/coe/iran-pastors-wife-joins-husband-jail/ ; World Watch Monitor, 16 avril 2018 www.worldwatchmonitor.org/2018/04/iranian-christian-arresteIranian Christian arrested 45 days ago tells family: ‘I’m in Evin Prison’ Share April 16, 2018d-45-days-ago-tells-family-im-in-evin-prison/
  28. Country of Origin Information Portal – Ministry of Internally Displaced Persons from the Occupied Territories, Accommodation and Refugees of Georgia, 7 February février, http://coi-mra.gov.ge/en/2018/02/07/islamic-republic-of-iran-treatment-of-sunni-converts-february-2018/
  29. Reza Haghighat Nejad, Track Persia – Rebuilding Empire, 12 septembre 2017, http://www.trackpersia.com/khamenei-calls-unity-end-discrimination-sincere/
  30. Centre for Religious Pluralism in the Middle East, 9 septembre 2017, http://www.crpme.gr/news/iranian-sunni-leader-voices-concerns-to-khamenei
  31. Iran”, 2018 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, op. cit.
  32. Minority Rights Group International, mars 2018, http://minorityrights.org/wp-content/uploads/2018/03/Rights-Denied-Violations-against-ethnic-and-religious-minorities-in-Iran.pdf
  33. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, op. cit.
  34. Il s’agit d’un organe gouvernemental de juristes qui évalue le respect des valeurs islamiques par la législation.
  35. “Iran – One of the most oppressive countries”, Reporters Without Borders, 2018, https://rsf.org/en/iran
  36. Church of England Newspaper, 22 juin 2018, http://www.churchnewspaper.com/51570/archives
  37. Mohabat, 27 juin 2018, http://mohabatnews.com/en/?p=4027