Oman

Chiffres clés

Légende :

Musulmans : 88.4%

Hindous : 5.4%

Chrétiens : 4.3%

Autres : 1.9%

Superficie : 309500 m2

Population : 4654000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Oman est un sultanat situé dans le golfe d’Oman et l’océan Indien. Les trois quarts de sa population, dont la dynastie régnante, sont musulmans ibadites.1 Ni sunnites ni chiites, les ibadites sont des descendants d’une ancienne école de l’islam. Oman est le seul pays au monde à majorité ibadite. Le reste de la population est composé de sunnites et, dans une moindre mesure, de chiites. Quelques familles chrétiennes et hindoues ont été naturalisées. Des hindous vivent à Oman depuis des siècles ; ils s’étant initialement établis à Mascate.

Les résidents non-citoyens, pour la plupart des travailleurs étrangers, représentent environ 45 % de la population.2 Parmi eux, on trouve des hindous, des bouddhistes et des sikhs. Il y a trois temples hindous et deux gurdwaras pour le culte sikh.

Environ 180 000 chrétiens de différentes confessions vivent à Oman. Plus de 60 groupes chrétiens sont enregistrés auprès du gouvernement. Les communautés protestantes et catholiques sont reconnues par le Ministère des Affaires religieuses.

Les quatre paroisses catholiques (deux à Mascate, une à Sohar et une à Salalah) relèvent de la compétence du vicariat apostolique d’Arabie méridionale. Selon des sources ecclésiales, la population catholique s’élève à environ 80 000 fidèles.

La Constitution de 1996, telle que modifiée en 20113, dispose à l’article 1 : « Le Sultanat d’Oman est un État arabe indépendant, islamique, pleinement souverain ». L’article 2 dispose : « La religion de l’État est l’islam et la charia islamique est la base de toute législation ». L’article 28 indique : « La liberté de pratiquer les rites religieux selon les usages reconnus est garantie, à condition que ces pratiques ne menacent en aucune manière l’ordre public ou ne soient contraires aux bonnes mœurs du pays ».

Oman n’a aucune loi qui criminalise l’apostasie de l’islam. En revanche, un père qui se convertit en quittant l’islam perd ses droits sur ses enfants.

Conformément à l’article 209 du code pénal, toute personnes qui « blasphème publiquement contre Dieu ou le prophète Mohamet, insulte les religions et confessions par écrit ou par oral, ou perturbe la tranquillité d’un rassemblement religieux légitime » est puni d’un  emprisonnement de 10 jours à trois ans, ou d’une amende de 5 à 500 rials omanais (environ 13 à 1300 dollars US).4 La charia s’applique également en matière d’héritage et en cas de mariage avec un non-musulman (loi 32 de 1997 sur le statut personnel).5

« L’utilisation de l’Internet d’une manière qui pourrait nuire à l’ordre public ou aux valeurs religieuses est passible d’une peine maximale d’un an de prison et d’une amende d’au moins 1000 riyals ».6

Les imams doivent disposer d’une licence et prêcher les sermons délivrés par les autorités.5

Le gouvernement ne permet pas aux groupes religieux de faire du prosélytisme en public, mais ils peuvent le faire en privé, dans des lieux de culte.5

Les non-musulmans peuvent pratiquer leur religion selon leurs valeurs, coutumes et traditions sans ingérence, mais uniquement à des emplacements « spécifiquement concédés par le sultan dans le but du culte collectif ».5 Les rassemblements religieux ne sont autorisés qu’à l’intérieur des lieux de culte approuvés par le gouvernement.

Incidents

Au cours de la période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018), il n’a été signalé aucune atteinte à la liberté religieuse par le gouvernement ou au sein de la société. Le manque d’espaces pour le culte des communautés non-musulmanes et les obstacles à leur agrandissement restent un problème à Oman.

Perspectives pour la liberté religieuse

Bien que le sultanat d’Oman ait lui-même été confronté à des tensions régionales, en particulier les conflits entre sunnites et chiites, il a réussi à maintenir une position relativement neutre. Il est bien connu qu’Oman entretient de bonnes relations avec l’Iran, qu’il a tenté de conserver malgré les pressions régionales. C’est de ces pressions que les problèmes pourraient venir pour une liberté de religion déjà limitée.

 


  1. Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, ‘Oman’, International Religious Freedom Report for 2016, U.S. State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper
  2. Gulf Labour Markets and Migration, octobre 2014, http://gulfmigration.eu/bahrain-population-by-nationality-omani-non-omani-sex-and-age-group-mid-2014/
  3. Oman’s Constitution of 1996 with Amendments through 2011, constituteproject.org,  https://www.constituteproject.org/constitution/Oman_2011.pdf?lang=en En français, voir la digithèque de matériaux juridiques et politiques de l’Université de Perpignan, http://mjp.univ-perp.fr/constit/om1996.htm
  4. Global Legal Research Directorate and Hanibal Goitom, ‘Oman’, Laws Criminalizing Apostasy, Library of Congress, http://www.loc.gov/law/help/apostasy/index.php#oman
  5. Ibid
  6. ‘Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, ‘Oman’, International Religious Freedom Report for 2016, op. cit.