Syrie

Chiffres clés

Légende :

Musulmans : 93.3%

Chrétiens : 4.6%

Agnostiques : 2%

Autres : 0.1%

Superficie : 185180 m2

Population : 18654000 habitants

Situation juridique

En mars 2011, à la suite de manifestations anti-gouvernementales en Syrie, manifestants et forces du gouvernement du président Bachar El-Assad se sont affrontés. Lorsque l’opposition a commencé à devenir militaire, la violence s’est transformée en guerre civile totale dès l’été 211. Avec l’intervention de puissances régionales – notamment l’Iran et l’Arabie Saoudite – et internationales – les États-Unis et la Russie – le conflit est devenu, selon de nombreux observateurs, une guerre par procuration. Les chiffres exacts sont très difficiles à obtenir en raison de l’inaccessibilité de nombreuses zones et des statistiques contradictoires données par les différentes parties. Néanmoins, un rapport de 2016 de l’ONU estimait le nombre de morts à environ 400 000.1

Suite aux combats, la plupart des infrastructures du pays ont été détruites, et la moitié de la population a dû fuir. Selon le Centre de surveillance des déplacements internes2, la crise des réfugiés en Syrie est la plus importante au monde, avec 2,9 millions de personnes déplacées rien qu’en 2017. En juin 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé que la Syrie avait enregistré fin 2015 un record de 4,9 millions de réfugiés, soit 2 millions de plus que l’Afghanistan, qui est à la deuxième place.

La plupart des Syriens sont musulmans sunnites. Les alaouites, les chrétiens et les druzes font partie de la mosaïque religieuse traditionnelle du pays. Les kurdes, pour la plupart de confession musulmane sunnite, constituent le groupe ethnique non-arabe le plus important. Depuis 2011, la situation de la liberté religieuse s’est fortement détériorée. Avant la guerre, les chrétiens constituaient une partie importante de la population, soit environ 10 %. La plupart d’entre eux appartiennent à des Églises orientales telles que l’Église grecque-catholique melkite et l’Église orthodoxe syriaque. Les responsables des Églises saluaient l’atmosphère de tolérance qui existait avant la guerre. Comme les chrétiens étaient concentrés dans des zones stratégiques touchées par la guerre, ils ont fui en grand nombre. Beaucoup sont devenus des déplacés ou des réfugiés.

Le président Assad est un alaouite, une des ramifications de l’islam qui est méprisée par bon nombre des principaux groupes musulmans : « beaucoup de sunnites considèrent les alaouites comme des hérétiques ».3 Cependant, à l’époque du président Hafez El-Assad, une fatwa du dignitaire chiite Musa al-Sadr de 1974 a reconnu la communauté alaouite comme une branche de l’islam chiite.

Selon l’article 3 de la Constitution syrienne4, approuvée par référendum en 2012 (en vigueur uniquement dans les zones tenues par le gouvernement), « la religion du Président de la République est l’islam, la jurisprudence islamique est une source majeure de la législation, l’État respecte toutes les religions et assure la liberté d’accomplir tous les rites qui ne nuisent pas à l’ordre public. Le statut personnel des communautés religieuses doit être protégé et respecté ». L’article 8 interdit « d’exercer une activité politique ou de former des partis ou des groupes politiques sur le fondement d’une religion, secte, tribu, région, classe sociale, profession, ou sur une discrimination liée au sexe, à l’origine, à la race ou à la couleur de peau ». L’article 33 dispose  « les citoyens sont égaux en droits et devoirs, sans discrimination sur la base du sexe, de l’origine, de la langue, de la religion ou des croyances ». Aux termes de l’article 42, « la liberté de croyance est protégée conformément à la loi ».

Le gouvernement limite le prosélytisme et les conversions. Il interdit la conversion des musulmans à d’autres religions jugées contraires à la charia. Alors que les conversions de l’islam au christianisme ne sont pas autorisées, le gouvernement reconnaît les conversions du christianisme à l’islam. Le code pénal interdit de « causer des tensions entre les communautés confessionnelles ».5 L’article 462 de ce code prévoit que quiconque diffame publiquement des pratiques religieuses est passible d’une peine d’emprisonnement de deux ans.6

Les questions portant sur le statut personnel, telles que le mariage et l’héritage, sont régies conformément aux règles de chaque communauté. Les musulmans sont soumis à la charia. Les chrétiens et les autres minorités religieuses relèvent de leurs lois respectives. Le mariage civil n’existe pas. Les musulmanes ne peuvent pas épouser d’homme non-musulman, mais un homme musulman peut épouser une femme d’une autre confession.

Incidents

La Commission d’enquête sur les droits de l’homme, créée par les Nations Unies, a constaté que les musulmans sunnites représentaient la plupart des victimes civiles et des détenus, et que le gouvernement syrien utilisait comme arme de guerre le blocus des régions majoritairement peuplées d’opposants sunnites.7 En raison du recrutement de combattants chiites étrangers dans des pays comme l’Afghanistan et le Pakistan, les communautés sunnites ont lancé des attaques contre les communautés chiites dans ces pays, ce qui indique que le conflit syrien exacerbe les tensions entre ces deux communautés. La région traditionnellement sunnite de Damas, Homs et la province de Deir-Ez-Zor (est de la Syrie) auraient été colonisées par des combattants chiites iraniens, irakiens et libanais et leurs familles. Selon certains rapports, les chrétiens des régions de Damas, y compris Bab Tuma et Bab Sharqi, auraient été forcés de vendre leurs terres à des Iraniens.8

Les ismaéliens et les druzes ont été des cibles faciles pour les groupes armés en raison de leur concentration dans certaines zones. Les deux groupes se sont également plaints de la pression exercée par le gouvernement pour qu’ils servent dans l’armée. Le régime s’est emparé des hommes ismaéliens et druzes âgés de 18 à 42 ans qui résistaient à la conscription, conduisant la plupart d’entre eux hors du pays.9

La présence de groupes islamistes parmi les nombreuses milices d’opposition a causé des problèmes majeurs aux communautés minoritaires du pays. Par exemple, le Front Al-Nosra – rebaptisé par la suite Front Fateh Al-Sham, qui a fusionné avec d’autres groupes pour devenir Hay’at Tahrir al-Sham début 2017 – a été impliqué dans de nombreuses atrocités contre les chrétiens, y compris dans les villes de Maaloula et Sadad. Ces relations complexes entre les groupes rebelles ont eu pour conséquence de faire participer des milices d’opposition modérées à des attaques contre les chrétiens. Par exemple, pour empêcher Sadad d’être reprise en 2013, l’Armée Syrienne Libre (ASL) a combattu aux côtés des miliciens d’Al-Nosra, alors que ces derniers commettaient des crimes de guerre contre les habitants chrétiens de la ville. Pour autant, au fur et à mesure que la guerre progressait, certains groupes, dont l’ASL, ont tenté de se distancier d’Al-Nosra et de l’État islamique (Daech).10

De nombreux membres de groupes minoritaires religieux détenus par l’État islamique sont toujours portés disparus, dont 25 chrétiens. La libération des territoires détenus par l’État islamique en 2017 a mis en lumière la disparition de plusieurs responsables chrétiens, les plus éminents de Syrie, comme le père Paolo Dall’Oglio, un prêtre jésuite italien, Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, archevêque orthodoxe syriaque d’Alep, Mgr Paul Yazigi, archevêque grec orthodoxe d’Alep, le père Michel Kayyal, un prêtre catholique arménien, et le père Maher Mahfouz, un prêtre orthodoxe grec.11

En octobre 2017, l’État islamique s’est emparé à Hama, sur le chemin de Damas à Idlib, d’un bus rempli de druzes. Il a d’abord pris en otage les 50 personnes, puis les a toutes libérées à l’exception de deux d’entre elles, dont on présume qu’elles ont été tuées.12

Le 1er octobre 2017, des militants de l’État islamique ont pris Al-Qaryatayn, une ville fortement chrétienne de la province de Homs. Avant d’être libérée par les forces du régime syrien, la ville a été entre les mains des extrémistes pendant trois semaines. Durant cette période, les islamistes ont exécuté 116 personnes.13 Lorsque l’État islamique a pris le contrôle d’Al-Qaryatayn en août 2015, les chrétiens n’étaient plus que quelques centaines, alors qu’auparavant, ils étaient plus de 2000 chrétiens : beaucoup d’entre eux s’étaient enfuis en prévision de l’arrivée du groupe terroriste. A leur arrivée, ses miliciens ont pris 200 chrétiens en otage jusqu’à ce qu’ils acceptent de payer la jizya, impôt perçu sur les non-musulmans. Ce paiement était censé leur permettre de rester dans la ville, d’après les déclarations de l’État islamique.14

En mai 2017, des combattants de l’État islamique ont lancé des attaques contre Aqarib Al-Safiyah et Al-Manboujah, deux villages de la province de Hama, habités principalement par des ismaéliens, un groupe musulman chiite minoritaire. Ils ont tué 52 personnes.9

En 2017, le gouvernement syrien, ainsi que ses alliés russe et iranien, ont repris une grande partie du territoire auparavant sous le contrôle des groupes d’opposition. Depuis ces dernières années, il a été noté moins de violations de la liberté religieuse dans les zones occupées par l’opposition armée.

Dans l’ensemble, tous les groupes armés ont violé les droits de l’homme dans les zones qu’ils ont contrôlées pendant le conflit. Par exemple, en 2015, Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, a contraint la petite communauté druze d’une zone auparavant contrôlée par l’État islamique à se convertir à l’islam sunnite. En 2017, les druzes n’étaient pas autorisés à pratiquer librement leur religion et leurs traditions.15

Dans un rapport de janvier 2017 d’une coalition d’œuvres de bienfaisance chrétiennes, basées au Royaume-Uni et opérant en Irak et en Syrie, il est affirmé qu’il est « vital de soutenir les préoccupations des chrétiens et des autres populations minoritaires afin qu’ils se sentent rassurés pour revenir […], reconstruire leurs communautés et entreprendre un processus de réconciliation ».16 Dans un entretien accordé en janvier 2017 à l’Agence de presse BosNewsLife, le patriarche de l’Eglise syriaque catholique, Ignace Ephrem Joseph III Younan, a exhorté l’Occident et l’ONU à mettre fin sans délai aux sanctions contre son pays et à arrêter de soutenir les rebelles. Il a déclaré : « J’espère toujours que les pays occidentaux, c’est-à-dire les hommes politiques occidentaux, accepteront d’arrêter de financer et d’armer de soi-disant rebelles, parce que sinon, il n’y aura pas de fin à cette guerre interreligieuse ».17

En mars 2017, Hay’at Tahrir Al-Sham (Front Al-Nosra) a effectué une double attaque à la bombe dans le parking du cimetière de Bab Al-Saghir, lieu de pèlerinage chiite bien connu, tuant 44 personnes et en blessant 120, principalement des pèlerins chiites.12

Des groupes armés ont procédé à des enlèvements pour obtenir une rançon ou effectuer des échanges de prisonniers avec le gouvernement ou d’autres groupes armés. En septembre 2017, jusqu’à 100 hommes d’Adra Al-Omaliyah, une banlieue de Damas, appartenant à des groupes religieux minoritaires, étaient toujours détenus en otages.9

Dans les zones sous contrôle kurde, des groupes minoritaires se sont plaints des violations des droits de l’homme commises par les groupes kurdes qui administrent de facto environ 30% du nord-est de la Syrie. Selon l’Observatoire assyrien des droits de l’homme, les communautés non-kurdes de la région ont signalé des changements démographiques, notamment l’éviction de chrétiens arméniens et assyriens et d’arabes musulmans sunnites au profit de kurdes, et l’imposition de la langue et de la culture kurde dans certaines régions. L’Observatoire a également noté une pression croissante sur les écoles chrétiennes privées de la province d’Al-Hasakeh pour qu’elles changent leurs programmes scolaires. A défaut, elles sont menacées de fermeture. Les changements comprennent l’enseignement du kurde, l’embauche d’enseignants kurdes et l’apprentissage des idées d’Abdallah Ocalan, le chef emprisonné du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), que les États-Unis ont désigné comme une organisation terroriste.9

En septembre 2016, l’Unité de protection des kurdes a été accusée d’avoir perpétré des actes de violence et d’intimidation envers les chrétiens d’Al-Hasakeh. Dressant la liste des incidents, Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque syro-catholique d’Al-Hasakeh-Nisibi, a déclaré à Fides que les kurdes prévoyaient d’expulser les chrétiens. Selon lui : « L’épicentre de leurs raids et des actes violents est toujours la zone des six églises, où vivent la plupart des chrétiens. Dans de nombreux cas, ils ont expulsé les chrétiens de leurs foyers sous la menace de kalachnikovs. Et ils ont tout pillé là où ils sont entrés ».18

Les responsables des communautés chrétiennes se sont également plaints que les autorités kurdes avaient confisqué des maisons abandonnées pendant les combats. Fin 2017, en vertu d’un nouveau règlement, les foyers chrétiens abandonnés de la ville de Tabqa, dans la province de Raqqa, devaient être offerts aux familles kurdes si leurs propriétaires n’étaient pas encore rentrés. Les chrétiens et les musulmans sunnites ont également accusé les Forces de défense syriennes, en grande partie kurdes, de travailler avec les autorités kurdes pour écarter, discriminer et parfois même attaquer les populations non kurdes.12

En décembre 2017, l’agence de presse World Watch Monitor a publié un article sur les familles chrétiennes revenant dans la ville syrienne de Homs, cinq ans après l’avoir fuie. Malgré la « faible incitation » au retour, certains d’entre eux ont été en mesure de reconstruire leurs habitations19 mais pour eux, « le Proche-Orient n’est plus une maison ».20 Ils ont insisté sur la nécessité d’un « mécanisme national de responsabilisation » pour traiter les cas de persécutions et de discriminations religieuses et ethniques en Irak et en Syrie. Cela permettrait de « rétablir la confiance dans un système garantissant que les membres de toutes les communautés religieuses et ethniques soient traités en citoyens égaux et dignes de protection, tout en dissuadant les personnes nuisibles de prendre des mesures défavorables à ces communautés ».21

Une nouvelle loi, introduite en avril 2018 par le président Bachar El-Assad, invitant les Syriens à enregistrer leurs propriétés privées auprès du ministère de l’Administration locale dans un délai de 30 jours, pourrait permettre au gouvernement de saisir les propriétés des déplacés. Cette loi pourrait être considérée comme faisant partie d’un plan visant à modifier la démographie de la Syrie, en installant des chiites de Syrie, du Liban et d’Irak dans les zones précédemment sunnites. Elle pourrait également être analysée comme un moyen, pour le gouvernement et ses alliés, de servir leurs intérêts stratégiques en créant des zones chiites sous leur contrôle direct.22

De janvier à mars 2018, des bombes tirées de la Ghouta orientale par des rebelles ont frappé les quartiers chrétiens de Damas. Des sources chrétiennes en Syrie ont estimé que ces attaques étaient ciblées, comme on l’avait vu lors des bombardements répétés du quartier chrétien d’Alep. L’archevêque maronite de Damas, Mgr Samir Nassar, a failli être tué lorsqu’une bombe a atterri dans sa chambre, située dans les bâtiments autour de la cathédrale maronite. Il n’a survécu que parce qu’il s’était levé pour aller dans la salle de bain peu avant l’explosion. À Bab Touma, la cathédrale et le patriarcat melkite, situés sur la « route droite» mentionnée dans les Actes des Apôtres, ont été frappés. Le couvent Marie et Jésus, tout proche de la vieille ville de Damas aux portes de Bab Touma, a été frappé deux fois.23 Les chrétiens ont reproché à certains médias occidentaux et à d’autres organisations d’en avoir minimisé les raisons, imputables, selon eux, aux deux parties. Le 2 mars 2018, à propos du bombardement de Damas, le patriarche de l’Eglise syriaque orthodoxe, Ignatius Ephrem II, a écrit au Conseil Œcuménique des Églises (COE) : « Vous mentionnez 550 victimes tuées dans la Ghouta orientale. Toutefois, vous négligez de mentionner les centaines de civils, dont de nombreux enfants, tués par les obus et les missiles lancés de la Ghouta orientale, en particulier lorsque la plupart de ces obus ont ciblé les zones peuplées de chrétiens appartenant aux Églises membres du COE. Votre déclaration montre clairement une position partiale concernant ce qui se passe en Syrie en général, et à Damas en particulier ».

Perspectives pour la liberté religieuse

Dans un conflit inter-religieux, les atteintes à la liberté religieuse ne sont généralement pas motivées par des facteurs religieux. En Syrie, les divisions ethno-religieuses existent depuis des siècles. Les facteurs politiques peuvent être aussi importants que les facteurs religieux. Le plus souvent, ils vont de pair, étant donné la concordance entre la religion et l’affiliation politique.

Deux groupes principaux ont violé la liberté religieuse en Syrie. Le premier d’entre eux comprend le gouvernement d’Assad et ses milices alliées telles, que le Hezbollah, milice chiite libanaise, et les volontaires chiites d’Irak et d’Iran. Ils luttent ensemble contre ce qu’ils considèrent comme une menace terroriste et une insurrection djihadiste sunnite. Selon certains, ils auraient intentionnellement ciblé les zones sunnites.

Le deuxième groupe principal est constitué d’acteurs non-étatiques qui ont de facto établi un contrôle quasi-étatique sur certaines zones. Ils se subdivisent en deux sous-groupes.

Un de ces sous-groupes comprend des groupes djihadistes sunnites parmi les milices islamistes, comme l’État islamique ou le Front Al-Nosra. Les milices de l’opposition dite « modérées » sont, dans de nombreux cas, animées par l’idéologie sunnite, et ont une conception religieuse de l’avenir du pays – généralement moins extrémistes que celles de l’État islamique ou du Front Al-Nosra. Ils ont souvent collaboré tactiquement avec les groupes djihadistes, au risque de soutenir tacitement des actes de génocide commis contre des minorités religieuses.24 L’État islamique et le Front al-Nosra ont perpétré des actes graves contre la liberté religieuse des chrétiens, des druzes et des musulmans sunnites dans les zones sous leur contrôle. Ils ont également attaqué des musulmans chiites et alaouites lors d’attentats terroristes. Dans de nombreuses parties de la Syrie, la lutte réussie, contre ces extrémistes, a mis fin aux violations de la liberté religieuse. Ces groupes hyper-extrémistes ont assurément commis un génocide contre des communautés confessionnelles minoritaires.

L’autre sous-groupe est principalement formé des milices kurdes dans le nord de la Syrie. Elles contrôlent des zones dans la région de la rivière Khâbûr, qui compte de nombreux villages chrétiens bien établis.

Le conflit étant déjà entré dans sa huitième année sans qu’aucune solution politique ne soit en vue, la crise humanitaire en cours et la situation de la liberté religieuse ne s’amélioreront pas de sitôt. Au regard des atrocités commises par toutes les parties, il paraît difficile d’espérer que les belligérants se réconcilient un jour pour vivre côte à côte, une fois que les combats auront cessé.

En juin 2018, un article de World Watch Monitor intitulé « 70 000 Arméniens syriens ont fui pendant la guerre, et peu reviendront », reflète la réalité à laquelle font face de nombreuses minorités religieuses qui vivaient auparavant dans le pays.25


 

  1. Al Jazeera, 23 avril 2016, https://www.aljazeera.com/news/2016/04/staffan-de-mistura-400000-killed-syria-civil-war-160423055735629.html
  2. http://internal-displacement.org/countries/syria ; ​WorldOMeters​, http://www.worldometers.info/world-population/syria-population/
  3. Reuters, 31 janvier 2012, https://www.reuters.com/article/us-syria-alawites-sect/syrias-alawites-a-secretive-and-persecuted-sect-idUSTRE80U1HK20120131
  4. https://www.constituteproject.org/constitution/Syria_2012.pdf?lang=en
  5. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, Report on International Religious Freedom for 2017, U.S. Department of State, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/2017/nea/281006.htm
  6. https://iedja.org/ressources/par-pays/syrie/
  7. Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, op. cit.
  8. 2018 Annual Report, United States Commission on International Religious Freedom, http://www.uscirf.gov/sites/default/files/2018USCIRFAR.pdf
  9. Ibid
  10. Daily Star, 8 septembre 2014, http://www.dailystar.com.lb/News/Lebanon-News/2014/Sep-08/269883-frustration-drives-arsals-fsa-into-isis-ranks.ashx
  11. Crux Now, 30 juillet 2017, https://cruxnow.com/global-church/2017/07/30/four-years-later-family-reports-silence-kidnapped-priest-syria/
  12. 2018 Annual Report, op. cit.
  13. World Watch Monitor, 6 octobre 2017, https://www.worldwatchmonitor.org/2017/10/syria-islamic-state-retakes-christian-enclave/ ;  “Syria”, 2018 Annual Report, op. cit.
  14. “Syria”, 2018 Annual Report, op. cit.
  15. http://web.stanford.edu/group/mappingmilitants/cgi-bin/groups/view/493?highlight=Al+Nusrah+front ; 25 novembre 2015, Research Directorate, Immigration and Refugee Board of Canada, https://irb-cisr.gc.ca/en/country-information/rir/Pages/index.aspx?doc=456249
  16. World Watch Monitor, 27 janvier 2017, https://www.worldwatchmonitor.org/2017/01/christians-excluded-from-iraqs-reconstruction-plans/
  17. Stefan J. Bos, Bos News Life, 13 janvier 2017, http://www.bosnewslife.com/37393-syrias-catholic-leader-urges-end-to-western-sanctions
  18. Fides, 20 septembre 2016, www.fides.org/en/news/60791
  19. World Watch Monitor, 5 décembre 2017, https://www.worldwatchmonitor.org/2017/12/syria-homs-christians-return-rebuild-homes-lives/
  20. World Watch Monitor, 4 juillet 2017, https://www.worldwatchmonitor.org/2017/07/security-not-concern-syrians-returning-home/
  21. World Watch Monitor – Policy Paper, juin 2017, https://www.worldwatchmonitor.org/wp-content/uploads/2017/06/National-Accountability-Mechanism-for-Iraq-and-Syria-Position-Paper-EU-Parliament.-FINAL.pdf
  22. Martin Chulov, The Guardian, 14 janvier 2017, https://www.theguardian.com/world/2017/jan/13/irans-syria-project-pushing-population-shifts-to-increase-influence
  23. John Newton, ACN News, 12 janvier 2018 https://acnuk.org/news/syria-bishop-miraculously-avoids-death-as-bomb-lands-in-his-bedroom/ ; John Pontifex, ACN News, 21 février 2018, https://acnuk.org/news/syria-when-the-sky-turned-black-with-bombs/
  24. Aid to the Church in Need, Persecuted and Forgotten? 2015-17 edition, https://acnuk.org/pfsyria/
  25. Zara Sarvarian, World Watch Monitor, 27 juin 2018, https://www.worldwatchmonitor.org/2018/06/70000-syrian-armenians-have-fled-during-the-war-and-few-will-return/