Trinité et Tobago

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 63.4%

Hindous : 24.3%

Musulmans : 6.4%

Agnostiques : 2.3%

Spirites : 1.4%

Bahaïs : 1.2%

Autres : 1%

Superficie : 5127 m2

Population : 1365000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Dans son préambule, la Constitution1 dispose que la République de Trinité-et-Tobago est fondée sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu, la dignité et les droits de la personne humaine. Elle souligne que ces droits ont été conférés par le Créateur.

L’article 4 de la Constitution reconnaît également le droit à la liberté, à l’égalité devant la loi, à la protection de la loi, le droit des parents de choisir l’éducation de leurs enfants, la liberté de conscience et de culte, la liberté de pensée et d’expression, la liberté d’association et l’interdiction de toute discrimination fondée sur la race, l’origine, la couleur de peau, la religion ou le sexe.

L’article 29 de la loi sur l’éducation2 dispose que nul ne peut être refusé dans une école publique pour motif religieux. L’instruction religieuse est autorisée dans les écoles publiques. Si des parents demandent que leurs enfants suivent un cours d’instruction religieuse, une tranche horaire aux heures d’école devra être accordée à un groupe confessionnel pour assurer cet enseignement. La participation est strictement volontaire.

Le mariage et le divorce musulmans sont régis par la loi.3

Les serments judiciaires peuvent être prêtés sur le Nouveau Testament pour les chrétiens, et l’Ancien Testament pour les juifs. Pour ceux qui n’appartiennent pas à ces religions, le serment peut être prêté par d’autres moyens.4

La loi interdit les actes favorisant l’hostilité religieuse à l’encontre de quelque groupe que ce soit.5

Les groupes religieux doivent être inscrits auprès du gouvernement et doivent démontrer qu’ils sont actifs. Ces groupes doivent s’inscrire en tant qu’organismes de bienfaisance afin d’être exonérés d’impôts et d’être autorisés à enregistrer les mariages civils. Les missionnaires des groupes religieux enregistrés sont autorisés à entrer dans le pays.6

Le gouvernement finance les activités menées par l’Organisation interreligieuse, laquelle représente la plupart des groupes religieux. Les écoles publiques non confessionnelles et les écoles publiques confessionnellement reçoivent des subventions gouvernementales.7

Incidents

En 2017, deux lieux de culte chrétiens, dont une église catholique, ont été cambriolés à Sangre Grande.8

En février 2018, le Premier ministre Keith Rowley a déclaré que les personnes accusées d’actes criminels ne devraient pas prétendre qu’elles font l’objet d’une discrimination religieuse de la part des autorités, en soulignant que « personne dans ce pays n’est au-dessus de la loi ». Il a fait remarquer que « si les services de sécurité ont des renseignements » sur « l’intention criminelle ou […] un comportement criminel », ils doivent « protéger le reste du pays indépendamment » de la religion.9

La police a été accusée d’avoir provoqué les membres de la communauté musulmane lors d’un rassemblement qui a eu lieu le 11 mars 2018 dans un stade de Marabella. Les musulmans s’étaient rassemblés pour protester contre les implications d’un projet de loi antiterroriste. Des agents de police ont été accusés d’avoir effectué des recherches excessives sur les véhicules, et d’avoir effectué une fouille corporelle sur un agent de sécurité. Les officiers en civil qui ont effectué la fouille n’ont pas montré de carte d’identité. Lors de la manifestation, les amendements proposés à l’actuelle loi antiterroriste ont été critiqués au motif qu’ils auraient une incidence sur les droits constitutionnels. Fiaz Ali, qui a pris la parole lors de l’événement, a lancé des accusations d’incitation intentionnelle à l’islamophobie.10

Perspectives pour la liberté religieuse

La période faisant l’objet du présent rapport (2016-2018) n’a pas vu de signes d’intolérance suggérant que la liberté religieuse soit menacée.

 


  1. Tous les articles cités proviennent de Trinidad and Tobago’s Constitution of 1976 with Amendments through 2007, constituteproject.org, https://www.constituteproject.org/constitution/Trinidad_and_Tobago_2007.pdf?lang=en
  2. Education Act (Chapter 39:01’), Laws of Trinidad and Tobago, http://laws.gov.tt/ttdll-web/revision/list?offset=150&q=&currentid=986#email-content
  3. Muslims Marriage and Divorce Act (Chapter 45:02), Laws of Trinidad and Tobago, http://laws.gov.tt/ttdll-web/revision/list?offset=300&q=&currentid=1050#email-content
  4. Oaths Act (Chapter 7:01), Laws of Trinidad and Tobago, http://laws.gov.tt/ttdll-web/revision/list?offset=320&q=&currentid=386#email-content
  5. Bureau of Democracy, Human Rights and Labor, International Religious Freedom Report for 2016, US State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/religiousfreedom/index.htm#wrapper
  6. Ibid.
  7. Ibid., International Religious Freedom Report for 2014, US State Department, https://www.state.gov/j/drl/rls/irf/2014religiousfreedom/index.htm#wrapper
  8. CNC3, mars 2017, http://www.cnc3.co.tt/news/church-robbed-again’Catholic church robbed’, CNC3, 7 août 2017, http://www.cnc3.co.tt/news/catholic-church-robbed
  9. The Trinidad and Tobago Guardian, 24 février 2018, http://www.guardian.co.tt/news/2018-02-23/religion-politics-bad-mix—rowley
  10. Rhondor Dowlat, The Trinidad and Tobago Guardian, 12 mars 2018, http://www.guardian.co.tt/news/2018-03-11/muslims-claim-police-provocation-sando-rally