Zimbabwe

Chiffres clés

Légende :

Chrétiens : 82.9%

Animistes : 14.7%

Agnostiques : 1%

Musulmans : 0.7%

Autres : 0.7%

Superficie : 390759 m2

Population : 15967000 habitants

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

Dans son préambule, la Constitution du Zimbabwe de 2013((Zimbabwe’s Constitution of 2013, constituteproject.org, https://www.constituteproject.org/constitution/Zimbabwe_2013.pdf)) reconnaît « la suprématie du Dieu tout-puissant, dans les mains de qui notre avenir se trouve », et implore son « conseil ». Elle reconnaît « les diverses valeurs culturelles, religieuses et traditionnelles de la nation » (chapitre 1, article 3). Elle garantit, à l’article 60, « la liberté de conscience, qui comprend la liberté de pensée, d’opinion, de religion ou de croyance ; et la liberté de pratiquer, propager et d’exprimer sa pensée, ses opinions, sa religion ou ses croyances, que ce soit en public ou en privé, seul ou en communauté ». Le même article énonce également : « Nul ne peut être contraint de prêter un serment contraire ou d’une manière contraire à sa religion ou à ses croyances ».

L’article 60 poursuit : « Les parents et tuteurs d’enfants mineurs ont le droit de déterminer, conformément à leurs croyances, l’éducation morale et religieuse de leurs enfants, à condition de ne pas nuire à leurs droits, y compris le droit à l’éducation, à la santé, à la sécurité et au bien-être ». Il reconnaît également le droit des communautés religieuses « de fonder des établissements où l’instruction religieuse pour être assurée, même si l’établissement reçoit une subvention ou une autre aide financière de l’État ».

La Loi de 2002 sur l’ordre public et la sécurité (POSA)((‘Public Order and Security Act’, International Labour Organization, http://www.ilo.org/dyn/natlex/natlex4.detail?p_lang=en&p_isn=85399)) limite la liberté de réunion et d’association en soumettant les réunions et manifestations publiques à l’autorisation de la police. Elle donne à la police le pouvoir d’imposer des couvre-feux arbitraires, et interdit de critiquer le Président. Bien que la POSA exempte les activités et événements de nature religieuse, dans la pratique les autorités qualifient systématiquement de « politique » tout type de rassemblement – y compris religieux – qui est interprété comme une critique du ZANU-PF, le parti au pouvoir. La POSA a été invoquée à différentes reprises pour justifier le fait que la police perturbe des rassemblements religieux, au motif que les organisateurs n’avaient pas demandé l’autorisation des autorités.

Il n’existe pas de loi exigeant que les groupes religieux s’enregistrent. Toutefois, ceux tiennent des écoles ou des établissements de santé doivent s’inscrire auprès du ministère compétent. Tous les groupes religieux peuvent demander à être statutairement exemptés d’impôts et des taxes à l’importation ; de telles demandes sont généralement accordées sans beaucoup de complications.

Le gouvernement célèbre Pâques et Noël comme jours fériés nationaux.

Incidents

Le 25 septembre 2017, Evan Mawarine, un pasteur évangélique, a été poursuivi en justice pour avoir tenté de renverser le gouvernement, suite à des manifestations en 2016 contre la gestion économique du président Robert Mugabe. Le pasteur a été arrêté à l’aéroport de Harare le 1er février 2017. À travers son mouvement #ThisFlag, il a demandé à ses concitoyens de rester à la maison et les a exhortés à dénoncer les problèmes économiques et les retards de paiement des salaires. Il a finalement été acquitté le 29 novembre. La décision de la Haute Cour a été rendue une semaine après l’éviction du président Mugabe, qui avait régné pendant près de 40 ans, par les forces armées du Zimbabwe. La juge de la Haute Cour, Priscilla Chigumba, a déclaré dans sa décision : « Il n’y a aucune preuve qu’Ewan Mawarine ait incité à renverser le gouvernement dans la violence ».((AFP, 29 novembre 2017, https://www.news24.com/Africa/Zimbabwe/zimbabwe-acquits-pastor-of-trying-to-overthrow-mugabe-20171129)) Le procès du pasteur Mawarine semble avoir été motivé par son activisme social plutôt que par son statut de chef religieux.

L’Église catholique représente une minorité d’environ 10 % de la population, mais a toujours été considérée comme très influente au Zimbabwe. Faisant l’objet du présent rapport (2016-2018), elle aurait bénéficié d’une large liberté dans ses activités évangélisatrices et sa sensibilisation sociale. Bien que le gouvernement de Robert Mugabe ait, à certains moments, considéré avec suspicion les activités des commissions diocésaines Justice et Paix, il n’a, en général, pas entravé leurs programmes et a évité une confrontation ouverte((Entretien du 30 novembre 2017 avec un prêtre catholique ayant travaillé pendant 40 ans au Zimbabwe.)) avec les groupes religieux ayant critiqué le régime politique. Les nouvelles autorités ont jusqu’à présent maintenu la même ligne en ce qui concerne la tolérance religieuse.

Perspectives pour la liberté religieuse

Compte tenu de l’absence d’incidents graves à l’encontre de la liberté religieuse, et du fait que les groupes religieux peuvent librement pratiquer leur culte et mener leurs activités caritatives, il est possible de conclure sans risque qu’il existe un degré raisonnable de liberté religieuse dans le pays.